Projets ENT

Le site de la génération ENT

Le Conseil général du Puy-de-Dôme et l’ENT

Comme ses trois collègues des Départements auvergnats, Jean-Yves Gouttebel, président du Conseil général du Puy-de-Dôme, s’est plié au jeu des questions qui font la spécificité de son territoire et comment l’ENT et plus largement le numérique constituent un projet structurant.

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Projets-ENT : Quel est le rôle de la collectivité dans le déploiement des ENT dans le Puy-de-Dôme ?

Jean-Yves Gouttebel : Le rôle tenu par les élus du Département est d’abord de donner à tous ses collégiens les meilleurs moyens de construire leur avenir professionnel. Les Technologies de l’Information et de la Communication représentent maintenant une donnée fondamentale sur le plan économique, social et culturel. Il importe donc pour le Conseil général du Puy-de-Dôme que le monde scolaire intègre et maîtrise lui aussi ces nouveaux outils numériques. La collectivité veille par ailleurs à ce que les TICE soient disponibles sur l’ensemble du département, pour garantir une plus grande équité entre les élèves. C’est à ce titre que le Conseil général assure :

  • l’équipement régulier des collèges en réseaux et matériels informatiques,
  • le déploiement de l’ENT dans tous les collèges publics du département par la prise en charge financière des formations et des abonnements.

Projets-ENT : Quelle est la spécificité de votre territoire dans ce dispositif (contexte, enjeux, attentes) ?

Jean-Yves Gouttebel : On pourrait caractériser notre démarche comme concertée, pionnière et volontaire. Aboutissement d’une réflexion et d’une concertation approfondies, le déploiement de l’ENT s’effectue à l’échelle de l’Académie, via un groupement de commandes qui réunit à la fois les quatre Conseils généraux (Allier, Puy-de-Dôme, Haute-Loire, Cantal), le Conseil régional d’Auvergne et le Rectorat. Ce partenariat permet de doter tous les collèges et lycées de la région du même portail de services, dans un souci de continuité éducative et de mobilité interdépartementale. Il a également conduit à des économies d’échelle lors des appels d’offres. Le groupement « ENT-Auvergne » a d’ailleurs été l’un des premiers au niveau national à lancer le dispositif ENT, dès 2006.

Dernière spécificité : la procédure de candidature. L’intégration des collèges du Puy-de-Dôme dans le dispositif ENT s’est faite sur la base du volontariat. Il appartenait en effet aux établissements intéressés de faire acte de candidature, en définissant notamment un projet pédagogique TICE et en mettant en évidence leurs ressources matérielles et humaines. Le Conseil général a ensuite procédé, chaque année, à une sélection d’établissements, en concertation avec le Rectorat et au vu des orientations ci-dessous :

  • des déploiements touchant à la fois le milieu rural et le milieu urbain,
  • une mise à niveau préalable, si besoin, du taux d’équipement de l’établissement porteur du projet.

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Le Conseil général du Cantal et l’ENT

Comme ses trois collègues des Départements auvergnats, Vincent DESCOEUR, président du Conseil général du Cantal, s’est plié au jeu des questions qui font la spécificité de son territoire et comment l’ENT.

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Projets-ENT : Quel est le rôle de la collectivité dans le déploiement des ENT dans le Cantal ?

Vincent DESCOEUR Depuis les dernières lois de décentralisation, le rôle du Conseil Général auprès de la communauté éducative est central. Il s’agit de contribuer à proposer une offre éducative attractive en travaillant sur de nouveaux modes de communications en relation étroite avec les partenaires (Éducation Nationale, parents, …).

Nous avons généralisé les environnements numériques de travail (ENT) sur l’ensemble des collèges publics depuis 2010, dans le cadre d’un groupement de commande regroupant les départements d’Auvergne et la Région, coordonné par le Rectorat. Ce dernier prend en charge, la formation et l’animation, le Département du Cantal finançant quant à lui l’intégralité de la solution pour un coût annuel net pour le Conseil Général de 40 000 €.

Les ENT permettent de proposer à l’ensemble des acteurs de la communauté éducative (enseignants, administrations, parents et élèves) des services en ligne et donc un établissement ouvert 24 heures sur 20 et 7 jours sur 7. Le présent marché est dévolu à Scolastance pour sa solution Infostance qui tient compte de l’expérience de sa première version et qui s’est vu apporter les améliorations nécessaires.

Conscient que tous les élèves ne sont pas équipés de micro-ordinateur à leur domicile, le Département les a dotés de clefs USB permettant d’embarquer les logiciels et les fichiers nécessaires à leurs usages, et ce quelle que soit la machine utilisée (salle CyberCantal, collège, …). Des tableaux blancs interactifs ont été mis à disposition en 2010 dans les collèges. Le câblage réseau de chaque établissement a été revisité afin de pouvoir connecter l’ensemble des classes et des bureaux aux serveurs ENT.

Projets-ENT : Quelle est la spécificité de votre territoire dans ce dispositif (contexte, enjeux, attentes) ?

Vincent DESCOEUR Le Conseil Général du Cantal s’engage fortement dans le développement des TIC et en particulier dans le développement de nouveaux usages autour des nouvelles technologies. C’est tout naturellement que le Département a souhaité donner une dimension supplémentaire à son action en formalisant et en structurant ses offres autour de services destinés aux citoyens, aux entreprises et aux Collectivités Locales. Elles s’articulent autour de deux axes majeurs :

  • Les usages : CyberCantal
  • Les infrastructures : Téléphonie mobile, Haut et très Haut Débit

En 1998, le Conseil Général a initié le plan CYBERCANTAL qui  a permis de déployer dans chaque collège, et dans chacune des 260 communes du Cantal, 200 Espaces Publics Numériques (matériels informatiques et multimédia) ouverts au public avec le soutien d’un animateur. Face à l’évolution des techniques et aux changements des comportements vis-à-vis des Technologies de l’Information et de la Communication, il a été décidé en 2004 de mettre en œuvre une deuxième phase de ce plan accès sur les usages. C’est l’objet du dispositif Cybercantal 2011 qui se décline en trois volets :

  • CyberCantal Télécentres : développement du télétravail et des télécentres.
  • CyberCantal Services : développement de l’e-administration (Maisons de Services Publics, Bornes Web et Visio, Dématérialisation, …).
  • CyberCantal Education : (voir question 1).

Tout ceci est rendu possible grâce à la couverture de notre territoire en haut débit, 99,6% en ADSL et 0,4% par satellite pris en charge intégralement à parité par le Département et la Région (109 foyers équipés à ce jour).  Cette opération d’envergure co-pilotée avec la Région s’inscrit dans le cadre d’un Partenariat Public Privé conclu avec l’opérateur Orange.

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De la CNIL à la CRIL

Avec le déploiement des ENT, l’entrée dans une généralisation massive des usages de l’Internet interroge nécessairement ses utilisateurs sur les questions d’identité numérique et de protection des données personnelles. Depuis 2009, l’académie en a fait sa priorité.

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Gérard Besson, Recteur de l’académie de Clermont-Ferrand, présente les enjeux et les grandes lignes d’un dispositif original abordant les questions du bon usage d’Internet.

Projets-ENT : Pouvez-vous rappeler les objectifs à l’origine du projet ?

Gérard BessonLe déploiement des nouvelles technologies d’information et de communication implique plus que jamais l’école dans une réflexion sur la maîtrise responsable de ses usages, et notamment en termes de protections des données personnelles. C’est pourquoi l’académie de Clermont-Ferrand en a fait un axe pédagogique prioritaire dès l’année scolaire 2009-2010. Nous nous sommes rapprochés de la CNIL avec laquelle nos échanges ont été rapidement très fructueux. Dès la rentrée 2010, nous mettions en place la « Commission Rectorale Informatique et Libertés » ! Placée sous l’autorité du Recteur, la CRIL est chargée du pilotage du projet de formation de tous les élèves de l’académie à l’Internet responsable. Cette démarche s’inscrit parfaitement dans le « Plan de développement des usages du numérique à l’Ecole » présenté par le Ministre de l’Education nationale, le 25 novembre dernier. La formation des élèves à l’usage des technologies numériques, et notamment à un usage responsable des TIC, y apparaît comme une priorité. Cela se trouve d’ores et déjà pris en compte dans le socle commun de connaissances et de compétences qui se met en place dans les collèges et se traduira par la rénovation du B2I. En novembre, l’académie de Clermont-Ferrand a été la première a faire bénéficier ses chefs d’établissement (un par bassin) d’une formation à la CNIL

[Lire aussi l'article consacré au Guide pour l'enseignement du second degré
publié en janvier 2011 par la CNIL].

Projets-ENT : Quels sont les grands enjeux du bon usage d’Internet pour les élèves ?

Gérard Besson : La question de la protection des mineurs dans l’univers de l’Internet a commencé par la mise en place de dispositifs de filtrage des sites accessibles aux élèves dans leurs établissements. Mais aujourd’hui, compte tenu de la multiplicité des lieux d’usage, cette protection n’est pas généralisée à tous les points d’accès des jeunes à Internet. De plus, le développement des blogs et des réseaux sociaux fait des internautes eux-mêmes les premiers responsables de la diffusion d’informations personnelles les concernant. Dès lors, la maîtrise leur échappe tout comme la gestion de la trace de ces informations. De ce fait, l’enjeu principal est bien la formation des élèves. Toutefois, la réussite dans ce domaine passe par la capacité des enseignants à maîtriser les questions qui se posent et à transmettre les comportements aptes à développer le sens des responsabilités des élèves, en un mot, à transmettre de bonnes pratiques.

Il serait maladroit de se focaliser seulement sur la transgression des règles et des lois en restant sur les seules questions de délinquance qui ne concernent qu’une minorité de personnes alors que l’enjeu concerne l’ensemble de la population. Ceci est d’autant plus important qu’il ne s’agit pas de développer des craintes à l’heure où les usages de l’Internet sont incontournables tant dans le champ professionnel que personnel. L’ambition de l’éducation est bien de mettre les TIC au service des apprentissages scientifiques et éducatifs. Les jeunes souhaitent être et seront de plus en plus usagers de l’Internet.

Projets-ENT : Comment le dispositif se met-il en place ?

Gérard Besson : L’étendue de la tâche est considérable puisque dans notre académie la formation à l’Internet responsable concerne plus de 60.000 collégiens et 37.000 lycéens. Avec l’aide de la CNIL, la « commission rectorale Informatique et libertés » a pour mission de piloter l’ensemble des actions engagées sur la protection des données personnelles et de la vie privée à destination des élèves et de tous les personnels de l’académie. Dans chaque bassin de formation, un Correspondant Informatique et Libertés de Bassin (CILB) est désigné. Il est le référent local pour tous les sujets qui concernent la protection des données et l’usage responsable du numérique à l’Ecole. Il assure une veille sur les textes législatifs et a un rôle d’animation, d’information auprès des acteurs de terrain. Chaque bassin devra bâtir un programme d’action destiné à mettre en œuvre les orientations académiques dans les établissements.

 

Projets-ENT : Comment s’organise le déploiement de ce dispositif ?

Gérard Besson : Lors de la première réunion de la CRIL, nous sommes tombés d’accord sur un certain nombre de propositions d’actions. Notre premier engagement est d’abord de faire connaître la CRIL et ses missions auprès des établissements, des parents d’élèves mais aussi des élèves à travers le Conseil académique de la vie lycéenne (CAVL) qui dispose d’une commission « Droits et devoirs des lycéens » qui doit s’emparer du sujet. Un module « Numérique responsable » sera notamment intégré à la formation des délégués. Cela passe aussi par plus de formation à destination des publics cibles (élèves, professeurs, personnels et parents d’élèves) avec le soutien d’instances spécialisées : le CLEMI* (Centre de Liaison de l’Enseignement et des Médias d’Information), l’ESEN (Ecole Supérieure de l’Education Nationale) qui prépare un parcours de formation à distance des cadres, etc. 

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* Le CLEMI est chargé de l’éducation aux médias dans l’ensemble du système éducatif français depuis 1983. Il a pour mission d’apprendre aux élèves une pratique citoyenne des médias. Cet objectif s’appuie sur des partenariats dynamiques entre enseignants et professionnels de l’information. Tous les enseignants, quels que soient leur niveau et leur discipline peuvent avoir recours au CLEMI, tant au plan national que régional, pour se former, obtenir des conseils ou des ressources.

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ENT et acteurs du déploiement : trouver le bon tempo !

Si la réussite des projets territoriaux de généralisation des ENT dépend de multiples facteurs, il est nécessaire, quelle que soit l’échelle sur laquelle ils se déploient (commune, département ou région), que chaque partenaire (le plus souvent, la collectivité, l’éducation nationale et l’industriel) s’imprègne de la culture et des rythmes de chacun. A chaque univers correspond en effet des normes, des contraintes, des objectifs distincts.

…Les faire coïncider nécessite cette familiarisation avec l’autre :

« Il faut du temps pour accorder le temps de l’éducation,
avec celui des collectivités et celui des entreprises
»

Pierre Danel, CTICE auprès du Recteur, académie de Clermont-Ferrand

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L’ENT déployé en Auvergne pose la question de l’organisation d’un projet associant de nombreux partenaires (5 collectivités, 1 académie, collèges et lycées, lycées professionnels et agricoles, établissements publics et privés, un éditeur ENT). Avec l’expérience, la genèse du projet est décennale, il apparaît que sa réussite dépend de la bonne compréhension, et du dialogue qui en découle, des obligations et rythmes calendaires de chacun. Le temps du projet en est une combinaison subtile.

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Le temps de l’éducation

Comme l’agriculture, le temps de l’éducation est saisonnier : quand on démarre l’année scolaire tout doit déjà être prêt. L’exploitation de nouveaux dispositifs ne peut l’être effectivement que l’année qui suit leur mise en route. On est toujours dans la préparation de l’année scolaire suivante ! En termes de temps pédagogique, le temps d’appropriation d’un système complexe comme les ENT est très différent de ce qu’on l’imagine. Il ne peut se résumer à la simple absorption de progrès techniques ou l’introduction d’un traitement informatique de questions administratives ! C’est surtout comment les pratiques changent. On est en face de conduites de changement d’une profession et d’une pratique sociale quand il s’agit de la pratique sociale de l’élève. On réinvente une nouvelle technologie éducative dans un sens élargi à l’ensemble des méthodes d’apprentissage de l’élève.

Pierre Danel
CTICE auprès du Recteur,
académie de Clermont-Ferrand

Le temps de l’éducation est donc à la fois celui de l’année scolaire, qui est contraint, et celui de la conduite du changement inscrit dans la durée.

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Le temps des collectivités

Avec le temps des collectivités, on retrouve cette logique binaire :

  • Il y a le temps en année civile imposé par le rythme budgétaire (de janvier à décembre) en décalage avec le calendrier scolaire (de septembre à juin de l’année suivante).
  • L’engagement de la collectivité a également ses contraintes institutionnelles avec le rythme des sessions des assemblées avec les débats et la décision des élus.

L’anticipation pour toute prise de décision et tout projet de financement c’est faire converger le rythme de l’académie avec celui de la collectivité.

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Le temps des entreprises et des prestataires

En France, sans doute en lien avec la jeunesse du marché et de ses acteurs, les entreprises ne commencent à développer les fonctionnalités de leur solution qu’une fois assurées de l’obtention du marché de déploiement. Elles se trouvent alors face à un double défi temporel :

  • celui de répondre aux attentes du client dans la mise en place de services multiformes et multi cibles dans un contexte complexe
  • celui de réussir à industrialiser sur un grand nombre d’établissements à l’échelle d’un territoire, parfois très étendu (le département, la région, voire les deux comme en Auvergne, dans les Pays de la Loire, en Alsace, etc.).

Il peut exister enfin un décalage entre la logique à long terme du déploiement et l’instabilité technique et économique d’un secteur industriel encore en construction.

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Epouser l’optique et le rythme de l’autre

Une relation idéale entre la collectivité, l’académie et le prestataire nécessite d’avancer au même rythme tout en veillant à chaque étape du projet que chacun explicite ses attentes. Chaque membre du groupement doit pouvoir tenir informé ses partenaires de ses échéances et de ses actions afin que chacun puisse en anticiper les attentes et les besoins.

S’écouter, s’attendre et avancer ensemble dans le déploiement :

  • pour une meilleure communication auprès des utilisateurs cibles de l’ENT (les enseignants pour l’inspection académique, les parents pour la collectivité)
  • pour une plus grande cohérence dans la phase d’équipement nécessairement liée à celle de l’accompagnement sans lequel il ne peut y avoir de déploiement réussi.

[Lire à titre d'exemple les propos de Jean-Paul Dufrègne, président du Conseil général de l'Allier]

Tout projet numérique d’ampleur suppose de créer un écosystème où, progressivement, chacun se retrouve et se sente en sécurité. La compréhension des rythmes et des repères de chacun en est la première étape !

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Le Conseil général de Haute-Loire et l’ENT

Comme ses trois collègues des Départements auvergnats, Gérard ROCHE, président du Conseil général de Haute-Loire, s’est plié au jeu des questions qui font la spécificité de son territoire.

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Quel est le rôle de votre collectivité dans le déploiement des ENT en Haute-Loire ?

Gérard ROCHE : Le Conseil général de la Haute-Loire, en partenariat avec le Rectorat, s’est directement engagé dès 2005 à mettre en place un Environnement Numérique de Travail (ENT) pour chaque collégien. Pour le Département, cet engagement dans de nouveaux outils de travail, de communication, d’acquisition et de partage des connaissances est complémentaire à son action en faveur de l’aménagement numérique des territoires. En effet, le Conseil général estime que la mise en œuvre d’infrastructures pour l’accès à Internet haut débit et l’offre de services numériques vont de paire. Il a organisé le plan de déploiement de l’ENT sur la Haute-Loire en accompagnant de manière cohérente chaque établissement. À ce titre, il a porté une attention toute particulière à la desserte par ADSL de chaque établissement, le câblage des bâtiments, la mise en réseau des postes, la sécurisation du système d’information, apportant une dotation spécifique de 10.000 € à chaque collège démarrant l’ENT (en plus du plan pluriannuel 2008/2010 de financement d’1 poste pour 3, représentant à lui seul 655.000 €). Ce plan d’action très volontariste et d’ensemble s’est très vite traduit par une accélération du rythme des démarrages de l’ENT, et ceci dès 2008. Mi-2010, tous les collèges publics de la Haute-Loire avaient été accompagnés par les équipes de Conseil général et du Rectorat, et l’ENT était complètement opérationnel. Le Conseil général a ainsi créé toutes les conditions favorables à ces services innovants pour tous nos jeunes collégiens.

Quelle est la spécificité de votre territoire dans ce dispositif (contexte, enjeux, attentes) ?

Gérard ROCHE : En 1er lieu, le contexte : la Haute-Loire est un département rural composé d’établissements de taille diverses. 22 collèges publics et 19 collèges privés accueillent environ 11.000 collégiens. Il existe aussi une collaboration remarquable et efficace entre les différents partenaires. L’ENT’Auvergne concrétise une volonté et un travail collaboratif exemplaire entre le Rectorat, la Région et les 3 autres départements auvergnats. Il y a, pour finir, une volonté d’apporter une égalité d’accès à ces usages innovants. Mais aussi :

  • des ouvertures spécifiques auprès de l’enseignement privé afin que celui-ci puisse s’associer au projet ;
  • l’élaboration préalable, par chaque établissement public, d’un projet pédagogique validé par le Rectorat avant l’installation de l’ENT ;
  • la formation des équipes administratives et pédagogiques ;
  • le suivi via un comité de pilotage et un comité technique du projet ENT dans son ensemble.

Ce plan ENT a représenté plus de 165.000 € auxquels s’ajoutent 220.000 € de dotation en matériel. Le coût annuel approche désormais les 60.000 €.

Les enjeux sont grands. La réussite du projet va se voir à l’utilisation croissante de ces nouveaux outils, au potentiel de plus en plus important, par les collégiens (plus de 6.400 comptes),  les professeurs (plus de 720 comptes), la vie scolaire (550 comptes) mais aussi par les familles (plus de 12.000 comptes).

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Le Conseil général de l’Allier et l’ENT

Comme ses trois collègues des Départements auvergnats, Jean-Paul DUFREGNE, président du Conseil général de l’Allier, s’est plié au jeu des questions qui font la spécificité de son territoire.

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Quel est le rôle de votre collectivité dans le déploiement des ENT dans l’Allier ?

Jean-Paul Dufrègne : Le Conseil général de l’Allier a joué un rôle de précurseur en la matière. Le concept d’Environnement numérique de travail a été initié par la Direction des systèmes d’information du Département en 1999 avec l’objectif de faire des ENT un outil collaboratif et transversal pour les différents acteurs  du collège : enseignants, élèves, administration et parents d’élèves. Conforté par les résultats obtenus, le Conseil général de l’Allier veut étendre le concept. Un partenariat est mis en place entre le Rectorat, le Conseil régional et les conseils généraux du Cantal, du Puy-de-Dôme et de la Haute-Loire. Il s’agit de lancer un appel d’offres commun afin d’acquérir un seul et même outil pour tous les établissements auvergnats. Dix ans après, en mars 2009, le Département a été distingué par La Gazette des communes et la GMF pour la mise en place de ce projet dans un des plus anciens collèges de l’Allier, Jean-Jacques-Soulier, à Montluçon. En 2011, les 35 collèges publics du département ont accès à cette technologie.

Quelle est la spécificité de votre territoire dans ce dispositif (contexte, enjeux, attentes) ?

Jean-Paul Dufrègne : L’Allier est un département mi-urbain mi-rural, nous veillons à l’équilibre dans l’accès aux technologies aussi bien dans les trois pôles urbains autour des villes moyennes que sont Moulins, Vichy et Montluçon, que dans les territoires ruraux. Ainsi, les équipes du Conseil général (informatique, enseignement et bâtiment) et celles des collèges, travaillent ensemble pour adapter précisément l’équipement informatique aux nouveaux besoins administratifs et pédagogiques de chaque collège : ordinateurs complémentaires, serveurs de réseaux, tableaux interactifs, vidéo projecteurs… Les mairies et les associations sont intégrées au dispositif pour qu’elles puissent mettre à la disposition des parents d’élèves qui n’ont pas d’équipement les ordinateurs dont elles disposent (écoles, point d’accès Internet ; salle multimédia…). Enfin, dans le cadre du 4e plan technologie, information et communication des collèges nous avons généralisé les tableaux interactifs à chaque fois que des projets pédagogiques le nécessitent et fourni des clés USB à tous les élèves pendant la durée de ce plan.

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L’ENT, facteur de lien et d’égalité en milieu rural

Dans le Cantal, Département fortement rural, le déploiement de l’ENT structure l’offre de services numériques vers les usagers et contribue tant au désenclavement qu’au maintien des populations.

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Le déploiement des ENT vus par les collectivités d’Auvergne

Les cinq présidents des cinq collectivités auvergnates se sont pliés au jeu des questions qui font la spécificité de leur territoire et comment l’ENT et plus largement le numérique constituent un projet structurant.

Kaléidoscope des collectivités

René SOUCHON
Président
Région Auvergne
Jean-Paul DUFREGNE
Président
CG de l’Allier

Vincent DESCOEUR
Président
CG du Cantal
Gérard ROCHE
Président
CG de Haute-Loire

Jean-Yves GOUTTEBEL
Président
CG Puy de Dôme

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Chaque élu a répondu à 2 questions :

  • Quel est le rôle des collectivités interrogées dans le déploiement des ENT sur leur territoire ?
  • Quelle est la spécificité de leur territoire dans ce dispositif (contexte, enjeux, attentes) ?

Pour lire les réponses, cliquer sur leur photo

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La Région Auvergne et les ENT

Comme ses quatre collègues des Départements auvergnats, René Souchon, président du Conseil régional d’Auvergnes’est plié au jeu des questions qui font la spécificité de son territoire et comment l’ENT et plus largement le numérique constituent un projet structurant.

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Projets-ENT : Quel est le rôle de votre collectivité dans le déploiement des ENT en Auvergne ?

René Souchon : L’Auvergne compte parmi les régions pilotes sélectionnées au niveau national dès 2006 pour expérimenter la mise en place des Espaces Numériques de Travail (ENT) dans les lycées et les collèges. Ainsi, grâce aux efforts conjugués du Conseil régional d’Auvergne, du Rectorat, et des Conseils généraux de l’Allier, du Cantal, de la Haute-Loire et du Puy-de-Dôme, le déploiement expérimental de l’ENT a été initié dès janvier 2007. A compter de 2008, nous nous sommes engagés dans un déploiement généralisé qui s’est achevé pour le Conseil régional en décembre 2010 avec l’équipement de l’intégralité des lycées publics.

La première originalité de notre méthode réside donc dans le partenariat créé entre le Conseil régional, les quatre Conseils généraux et le Rectorat. Nous avons pu ainsi mutualiser nos besoins au moment du choix technique, bénéficier de conditions plus avantageuses et nous avons pu tenir compte des attentes des usagers. La seconde originalité de notre démarche tient au fait que l’ensemble des établissements secondaires est concerné : lycées généraux, mais aussi lycées professionnels, lycées agricoles et EREA (établissements régionaux d’enseignement adapté).

Techniquement, le projet s’est inscrit dans le cadre général de l’informatisation des lycées qui comprenait notamment le câblage des établissements, l’achat de serveurs pédagogiques, d’ordinateurs et d’équipements tels que les tableaux blancs interactifs, ainsi que le raccordement au réseau Auverdata.net avec une connexion haut débit. Au total ce sont 40 M€ qui ont été mobilisés par la Région de 2006 à 2010.

Projets-ENT : Quelle est la spécificité de votre territoire dans ce dispositif (contexte, enjeux, attentes) ?

René Souchon : Aujourd’hui les espaces numériques de travail concernent potentiellement 3.767 professeurs ainsi que 38.701 élèves, leurs parents, les personnels administratifs et le personnel de vie solaire. Bien que l’utilisation de l’ENT soit en constante augmentation, seul un cinquième des comptes sont régulièrement activés. Il nous faut donc renforcer ces utilisations et à cette fin, nous avons lancé une étude conjointe avec le Rectorat. A son issue, c’est-à-dire dès la rentrée prochaine, nous serons en capacité d’identifier les opportunités d’évolution sur les volets techniques, organisationnels ainsi que sur les services proposés ; nous pourrons ainsi établir un plan d’action pour renforcer cette pratique.

Chacun peut constater l’immersion croissante des élèves et plus largement de toute la population dans cette communauté numérique. A travers les ENT, nous ne faisons qu’adapter les modes relationnels entre élèves, parents communauté éducative à cette ère numérique. Tous ces chantiers impliquent une forte volonté politique si l’on veut éviter toute fracture numérique (qu’elle soit sociale ou territoriale). Cette volonté, nous l’avons en Auvergne et nous l’avons démontré en assurant la couverture de la région en haut débit et en proposant à tous l’utilisation des espaces numériques. Mais le mouvement ne doit pas s’arrêter. Voilà pourquoi, dans la droite ligne de cette ambition, nous oeuvrons désormais pour apporter le très haut débit dans tous nos territoires avec les partenaires que sont l’Etat, les conseils généraux et les agglomérations (Communiqué de presse du 03/05/2011 : La fracture numérique ne passera pas en Auvergne). Et en ce qui concerne l’éducation, la Région entend franchir une nouvelle étape très prochainement. Nous nous sommes en effet approchés du rectorat pour introduire le livre numérique dans les lycées auvergnats. Des établissement pilotes expérimenteront cette nouvelle pratique dès la rentrée 2011 et nous souhaitons qu’elle puisse s’élargir à l’ensemble de la région très rapidement. A travers la présentation de ces politiques et des exemples qui en découlent, il apparaît que l’échelon régional constitue un niveau d’intervention pertinent, notamment grâce aux dynamiques qu’il est en capacité de créer. Cela nous donne une certaine responsabilité et nous incite à poursuivre les efforts vers ce que nous appelons l’épanouissement numérique.

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L’ENT outil de désenclavement du monde rural

Dans le contexte auvergnat marqué par la ruralité dans un environnement montagneux, l’ENT peut-il constituer un atout dans les politiques de désenclavement local et de maintien de la population. Pierre Danel, CTICE auprès du Recteur de l’Académie de Clermont-Ferrand, répond positivement !

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L’Auvergne, territoire rural, éléments de contexte

Les héritages du temps

Le vieux massif hercynien rehaussé par la poussée des Alpes au Tertiaire provoquant des craquements de la croûte terrestre et l’érection de volcans aujourd’hui éteints, a légué un paysage accidenté et cloisonné. La révolution industrielle au XIX° siècle et un raccordement tardif aux grands axes de communication au XX° siècle, ont contribué à vider le territoire de ses hommes. Si la tendance commence à s’inverser (la construction de l’autoroute et le Viaduc de Millau ont relancé une région qui reste la seule encore non raccordée au réseau  national du TGV), la répartition de la population sur le territoire témoigne de ce passé : une grande ville, Clermont-Ferrand, et quelques villes moyennes qui aspirent l’activité et les hommes, laissant presque vides de vastes étendues.

Une population rurale

Les chiffres de sa population le rappellent sans faux-semblants, l’Auvergne est un territoire fortement rural ! Avec 1.339.247 habitants (INSEE 2010) sur un territoire de 26.013 km2, l’Auvergne est non seulement le pays des faibles densités (51 h/km2, 2 fois moins que la moyenne nationale), mais aussi celle où la croissance démographique reste l’une des plus faibles (tout juste 2,3% en 10 ans). Après Clermont-Ferrand, 21ème ville de France en taille de population, viennent quelques villes moyennes, une petite dizaine, Moulins 5ème ville d’Auvergne ne compte déjà plus que 21.000 habitants, supplantées par le poids du monde rural…

Avec l’agglomération Aurillacoise qui concentre près de 40% de la population du département, le Cantal offre un bon exemple de cette ruralité cloisonnée par les massifs montagneux (voir analyse de la population du Cantal par l’INSEE).

Ce qui apparaît à l’échelle départementale se retrouve plus globalement à l’échelle régionale. D’où la difficulté de raccorder cet espace aux dynamiques nationales, mais la complexité également de dégager une cohérence locale.

René Souchon, Président  de la Région Auvergne, décrit comment les nouvelles fonctionnalités de l’ENT contribuent à limiter les effets de la ruralité et de l’enclavement.

Les fonctionnalités inter établissements sont très importantes dans une académie marquée par la ruralité et où de nombreux enseignants ont des services partagés. Nous avons aussi soigné les fonctions de communication. Par exemple, la liaison entre collèges et lycées est facilitée pour mieux suivre le parcours scolaire des enfants. L’ENT facilite aussi le pilotage pédagogique, permettant aussi bien au Rectorat qu’aux collectivités de diffuser des informations à travers un espace de pilotage adapté. Enfin l’ENT Auvergne permet de gérer les sites web des collèges et des lycées, facilitant en cela l’articulation entre leur communication interne, ciblée et leur communication externe en direction du grand public et de leurs usagers potentiels.

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La généralisation des ENT, réponse à la ruralité

C’est dans ce contexte que le choix du numérique a pu constituer une chance pour tous les acteurs en présence. Tisser du lien, raccorder les auvergnats, assurer la laison avec les zones les plus reculées ou les moins accessibles, les autoroutes de l’information sont venues seconder les autoroutes physiques !

« On a l’impression que le dispositif prend mieux à la campagne qu’à la ville »
(Pierre Danel, CTICE académie Clermont-Ferrand)

ENT'AuvergnePour les établissements ruraux, le numérique est apparu également comme une opportunité pour entrer dans le courant, pour être dans le coup ! La dimension numérique comme élément d’intégration à la modernité n’est d’ailleurs pas limitée à l’éducation. Les entreprises locales sont nettement engagées dans les nouvelles technologies ! La volonté de ne pas être tenus à l’écart des autoroutes de l’information est très forte : la logique territoriale partagée par les collectivités comme par les citoyens est un point de rencontre central sur lequel inscrire des projets numériques d’ampleur. Il y avait donc une vraie appétence pour un projet dans lequel chacun voyait l’occasion d’une revanche sur l’histoire du déploiement des communications. Si dans le domaine des infrastructures de communications l’Auvergne demeure fortement enclavée, il y avait ce désir des différentes parties prenantes locales de n’être pas mis à l’écart sur les technologies ! Si le raccordement par les transports ferroviaires et aériens reste insuffisant, les autoroutes de l’information devaient constituer une vraie chance de sortir de l’enclavement. Cette culture partagée est un puissant stimulant pour tous les acteurs du déploiement des ENT comme pour leurs utilisateurs.

Un élan qui s’est construit dans le temps

La volonté de ne pas être à l’écart remonte au milieu des années 90 lorsque les collectivités ont décidé de connecter Internet dans les établissements du second degré. Cet effort s’est poursuivi avec la mise en œuvre d’un marché pour accéder ensuite à internet dans le supérieur, les lycées et une partie des collèges (marché AUVERDATA), à la suite duquel la Région s’est lancée dans des actions d’accès sur tous les territoires par ADSL avec des accords pour couvrir l’ensemble du  territoire puis la création de divers schémas pour assurer les connexions dans les territoires (régional pour relier les grandes villes, HD pour la région et un programme de Vivre sur l’Agglo clermontoise).

Généraliser les ENT, processus de déploiement de la culture du Web

En Auvergne, la population totale est égale à celle de l’agglomération lyonnaise ! Toutes les personnes concernées par l’éducation dans le second degré, aussi bien dans le public (250.000 comptes) que dans le privé (330.000 à 350.000), ainsi que dans le premier degré qui avec le plan ENR (Ecole Numérique Rural) a connu un rapide décollage, représentent la moitié des Auvergnats – sans parler de la population étudiante.  On voit bien que l’école est un canal important pour la diffusion auprès des familles de la culture numérique et de l’Internet. La généralisation de l’ENT a donc constitué un levier pour une sensibilisation globale aux usages du numérique.

C’était le sens donné au dispositif Cyber Cantal que le Conseil général a promu, avec l’équipement de salles dans les collèges accessibles aussi bien aux élèves qu’aux familles, et au-delà même des citoyens, qui après leur travail, en dehors de la période des cours, venaient s’ouvrir à la culture numérique et Web via l’Internet ! Les enfants tenant le rôle de relai auprès de leurs parents. Dans les territoires à fort déploiement technologique, l’école n’est pas le vecteur de la diffusion d’une culture Internet… Contrairement aux idées reçues, les régions les plus industrialisées et les plus dynamiques en termes de services, avec une population élevée de cadres travaillant dans les technologies de l’information, ne sont pas plus prédisposées que d’autres à voir la généralisation de l’ENT triompher sous prétexte que l’école ne peut pas être en retard par rapport à son environnement ! Sans contredire ce modèle, la situation de l’Auvergne démontre que c’est l’école qui apporte l’Internet et le numérique dans les zones rurales les plus reculées…

C’est aussi, plus récemment, le sens de l’implication du Recteur et des collectivités dans la réflexion sur les bons usages d’Internet avec la mise en place d’un dispositif, le CRIL, qui en assure l’évangélisation.

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