Les ENT ont 10 ans : la vérité des chiffres par Françoise Coutellier
Françoise Coutellier accompagne la Caisse des Dépôts en tant que consultante dans la mise en place et le suivi du dispositif de mesure d’audience des ENT depuis sa création. Son expertise repose tant sur sa vision des chiffres à l’échelle nationale que sur l’analyse qu’elle tire de ses échanges avec les porteurs de projet lorsqu’elle rédige les notes de synthèse.
Françoise Coutellier, qui vient d’achever avec Gilles Richard une synthèse sur les retours d’usage et l’évolution de l’audience des ENT de ces dix dernières années, nous apporte aujourd’hui son témoignage.
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Projets-ENT : Les 10 ans de l’ENT, est-ce un vrai tournant ou simplement un chiffre rond ?
Françoise Coutellier : 10 ans, c’est bien entendu l’anniversaire de l’appel à projets lancé par le Ministère de l’Éducation Nationale et la Caisse des Dépôts, très exactement en mars 2003. Mais il se trouve également que, depuis la rentrée 2011, la fréquentation globale des ENT sur l’ensemble du territoire, est devenue massive : on compte ainsi plus de 10 millions de visites de l’ENT en novembre 2011 et cette fréquentation est passée à 13 millions de visites en janvier 2013. Quant au dispositif de mesure d’audience, il entre lui dans sa neuvième année puisque les premières données datent de janvier 2005.
Projets-ENT : L’évolution a-t-elle été progressive ou par à-coups ? Depuis quand pouvons-nous dire que la démarche est vraiment lancée et pourquoi ?
Françoise Coutellier : L’évolution a été progressive, mais on peut discerner quelques paliers dans cette progression. Ainsi, l’année 2009-2010 a correspondu à une vague de déploiement importante : on passe de quelque 700 établissements déployés à plus de 1200 en fin d’année. L’année suivante, ce sont près de 800 établissements qui sont déployés et rejoignent le dispositif de mesure d’audience. Cette massification des déploiements engendre une massification de la fréquentation avec un à deux ans de décalage : c’est à peu près le temps qu’il faut pour développer des usages importants dans un ENT nouvellement déployé.
Ainsi, a-t-on atteint une masse critique d’établissements déployés dès l’année 2009- 2010 et une fréquentation de l’ENT sur l’ensemble du territoire très significative au cours de l’année 2011-2012.
Pourquoi dites-vous que la fréquentation est désormais « significative » ?
Françoise Coutellier : Le type de métrique utilisé dans le dispositif de mesure d’audience permet de comparer à la fréquentation d’autres sites Web, y compris grand public. Ainsi, selon le classement de l’OJD, avec près de 13 millions de visites en janvier 2013, l’ensemble des ENT intégrés au dispositif se classerait au 17e rang des sites les plus visités de France dans la catégorie des sites d’actualité et d’information, en compagnie de Lesechos.fr et Canal+.fr et au 27e rang des sites Web grand public, juste derrière Paruvendu.fr, Seloger.com et Servicepublic.fr (15.800.000 visites pour ce dernier). Selon le classement de Médiamétrie, les quelque 300 à 320.000 visiteurs uniques par jour de l’ensemble des ENT positionnent le projet dans le registre de fréquentation quotidienne de sites destinés aux professionnels comme VIADEO ou LinkedIn. Et pour faire un clin d’œil aux amis alsaciens, l’ENT du projet ENTEA (région et départements) reçoit mensuellement 25% de visites en plus que le site web des Dernières nouvelles d’Alsace, Dna.fr.
… et donc, quand est-il possible d’affirmer qu’un ENT « marche » ?
Françoise Coutellier : Je crains que cette question ne soit sans réponse ! Des établissements déployés depuis 2004, qui remontent des données depuis 2005, continuent chaque mois d’accroître leur fréquentation par personne… Tout se passe comme s’il n’y avait pas de « plafond » de fréquentation perceptible au bout de neuf années. Pour les curieux et les inquiets, on peut indiquer que les 50 établissements, tous projets, qui connaissent la fréquentation de leur ENT la plus importante en janvier 2013 présentent entre 28 et 54 visites par personne dans le mois.
Quels ont été dans le temps et pour chaque grande étape, les facteurs qui ont véritablement été déclencheurs ?
Françoise Coutellier : Les « styles » de déploiement adoptés par chacun des projets ne paraissent pas étrangers au développement des usages. Un déploiement rapide et massif, comme celui adopté dans les Pays de la Loire, par exemple, sur seulement trois années, et, à l’arrivée, plus de 650 établissements, paraît corrélé avec un développement rapide de la fréquentation de l’ENT. Même démarche dans les Alpes-Maritimes ou dans les Hauts-de-Seine. La fréquentation de l’ENT croît rapidement, non seulement globalement, mais également par établissement, même si certains d’entre eux peuvent rester peu actifs, voire inactifs.
Les établissements « en charge d’expérimentation », maintenus dans ce statut un peu longuement – plus de deux ans – ont davantage un effet « retardant » qu’« accélérant ». On sait l’effet « repoussoir » sur les autres établissements que peut avoir un établissement placé en situation d’expérimentation : le « transfert des innovations » ne peut aucunement être institué comme modèle de développement des usages ; c’est même souvent antinomique. En somme, opérer un déploiement « banalisé » paraît le meilleur garant de développement rapide des usages. Un paradoxe ? Peut être simplement la meilleure manière de placer les usagers dans une situation… d’usage.
Le dernier facteur favorable au développement des utilisations de l’ENT paraît être de déployer l’outil sur des plaques territoriales cohérentes, avec une continuité entre collège et lycée. Des projets comme ENTEA, PLACE, Auvergne, Midi-Pyrénées connaissent à ce titre une fréquentation importante. Les élèves de troisième passent en seconde et retrouvent un ENT familier ; les enseignants qui interviennent au collège et au lycée, les personnels qui travaillent sur plusieurs établissements utilisent la même plate-forme avec un gain notable de temps et d’efficacité ; les parents qui ont des enfants scolarisés dans différents niveaux, ne se perdent pas dans les ergonomies d’outils différents. Dans ces conditions, l’ENT devient rapidement pour les parents, pour les enseignants et pour les élèves, l’outil d’une scolarité enrichie.
Aujourd’hui quels sont les services les plus consultés et par qui ?
Françoise Coutellier : En janvier 2013, les services de vie scolaire représentent 35 % des utilisations de services : ils appellent des visites fréquentes – les notes, les absences,… – et de la part de tous les profils utilisateurs de l’ENT.
C’est ensuite le cahier de textes qui représente plus du quart de la fréquentation. Il faut y voir l’influence du caractère obligatoire de cet outil numérique depuis la rentrée 2011, mais aussi le reflet d’usages infiniment plus complexes et diversifiés que ceux de son ancêtre de papier. Ainsi, un enseignant contacté par téléphone rapportait utiliser le cahier de textes dès la préparation de son cours – il y insère les éléments qui vont être utilisés dans la séquence pédagogique – puis utilisé en cours pour par exemple projeter une vidéo, et enfin redevenu cahier de textes classique pour rendre compte des tâches conduites. Un vrai service plaque tournante ! A ranger, contrairement à ce que l’on fait parfois, parmi les services « pédagogiques » et non de « vie scolaire ».
La généralisation du cahier de textes a d’ailleurs contribué à déplacer l’essentiel du trafic de l’ENT : si le « cœur » des usages de l’ENT fut d’abord le recours aux outils de vie scolaire, puis à la messagerie avec pièces jointes, c’est désormais le cahier de textes qui marque les styles d’usages au sein de l’outil.
Le courrier électronique reste cependant important avec 20 % des utilisations de services. Il est désormais suivi par le travail collaboratif qui représente 8 % des utilisations de services.
Les ENT commencent à se déployer dans le primaire : quelle leçon peut-on tirer de l’expérience capitalisée durant ces dix dernières années ?
Françoise Coutellier : L’enseignement primaire et l’enseignement secondaire présentent des modes d’organisation très différents, qu’il s’agisse de la structuration de l’école elle-même ou du partage des compétences avec la collectivité, voire de l’accès aux ressources financières. Tirer de l’expérience du déploiement des ENT dans le secondaire, des éléments utiles au déploiement dans le primaire n’est donc pas chose simple.
Tout se passe comme si l’ENT était avant tout un outil « social » : il ne peut être intégré, approprié qu’en « collant » à la réalité organisationnelle de son cadre de déploiement. Ainsi le « blog de classe » qui fonctionne bien dans le primaire à davantage de mal à exister dans le collège ; la convergence des parents sur le cahier de textes dans le secondaire, n’a pas tout à fait le même sens dans le primaire, où il est plutôt carnet de leçons. Peu de points comparables donc.
On peut conserver à l’esprit les remarques concernant la stratégie de déploiement – caractère rapide et massif du déploiement, etc. – mais il semble que les similitudes s’arrêtent là.
Et demain, quels enjeux pour les ENT ?
Françoise Coutellier : Le premier objectif me paraît être de couvrir ce qu’on peut appeler les « zones blanches ». Il demeure en effet des territoires qui ne disposent pas d’un déploiement collectif des ENT, sous un mode partenarial ou sous d’autres modes de déploiement. Ceci peut être en train de créer – ou d’entretenir – une inégalité entre territoires qui ne manque pas de pénaliser les élèves qui résident dans ces zones blanches.
Il existe aussi des projets – en petit nombre – qui connaissent une fréquentation médiocre de l’ENT. L’expérience acquise sur la majorité des projets qui présentent désormais une fréquentation intense, doit permettre de comprendre les facteurs à l’origine des difficultés rencontrées ici et là. Curieusement, on entend parfois davantage parler de ces projets qui fonctionnent mal que de ceux qui fonctionnent : on aime bien parler de la pluie plutôt que du beau temps…
Le second enjeu paraît être de mieux partager entre projets actifs et projets en démarrage, les stratégies utiles à un développement rapide des usages. On a déjà noté quelques éléments : déployer rapidement sur deux à quatre ans au maximum ; déployer collectivement, c’est-à-dire dans le cadre des partenariats prévus par l’appel à projets initial : les projets trop spécifiques, trop « intimes », insuffisamment partagés, ont une espérance de vie moindre ; enfin bien présenter l’ENT comme un outil polyvalent à « appropriation variable » : il n’existe pas de « bon usage » de l’ENT, il n’existe pas d’usages « prescrits », ni d’usages « nobles »… Une bonne appropriation de l’outil repose sur la perception de cette polyvalence, de cette pluralité d’usages qu’il permet.
Plus largement, et c’est peut-être le troisième enjeu, il faut se doter d’une connaissance commune de la fréquentation effective de l’ENT – ce qu’on en fait, ce que cela produit,… C’est semble-t-il ce à quoi le ministère en charge de l’éducation nationale s’est attelé à travers le projet EVALuENT. C’est aussi ce à quoi contribue la mise en œuvre du dispositif de mesure d’audience qui met en commun des plans de marquage pour les quelques 9 plateformes en usage, et contribue ainsi à un « langage » unifié et une culture commune de l’ENT. Jusqu’à présent, les données sont restées la « propriété » de chaque projet, au sens où des données plus collectives n’étaient pas mises en commun.
L’état de maturité de la grande majorité des projets est aujourd’hui telle que le moment est peut-être venu de mettre en commun ces informations sur une base de volontariat, au sein, par exemple, d’un dispositif plus collectif de type « open data ».
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ENT et usages pédagogiques, les remontées du terrain
Du 19 au 21 mars dernier, s’est tenue à Enghien-les-Bains la cinquième édition des NetJournées consacrées aux usages sur l’ENT ! L’occasion pour ITOP de présenter les évolutions de sa solution ENT mais davantage encore de donner la parole à ses utilisateurs. Trois journées placées sous le signe des échanges, du partage mais aussi de la fête puisque l’éditeur fêtait sa dixième année d’existence !
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En ouverture des NetJournées, un voyage de presse a permis d’aller à la rencontre des utilisateurs sur le terrain, avant-goût de la journée du mercredi consacrée aux usages à travers les 200 ateliers animés par ceux, membres de la communauté éducative, qui vivent et font l’ENT au quotidien.
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En immersion dans une classe de mathématiques avec des élèves de sixième et leur professeur dans un établissement numérique du Val d’Oise, au collège Lucie Aubrac à Argenteuil
Assister au déroulement du cours de géométrie a illustré combien l’ENT n’est pas seulement un espace d’échanges et de communication mais est également l’intégrateur d’un ensemble d’outils et de services numériques mis à la disposition de la pédagogie.
À tour de rôle, les élèves viennent représenter schématiquement au tableau une figure géométrique validée par l’enseignant qui vérifie ainsi qu’ils ont bien compris la consigne. Ils s’installent ensuite à une table pour dessiner la figure selon les règles de l’art avec les outils ad hoc (crayon, équerre, rapporteur, compas et double décimètres, etc.).
Les constructions sont filmées, ce qui permet aux élèves restés à leur place de voir projeté au tableau la démarche suivie et les gestes effectués pour réaliser une bonne figure. Une petite dizaine d’élèves se succède ainsi et exécute à chaque fois une figure différente. Au terme de la séquence, les petites vidéos de ces figures validées par l’enseignant sont, par un simple glisser-déposer, chargées sur le cahier de textes de l’ENT. Dès lors, les élèves pourront les visionner à tout moment, en rentrant chez eux le soir ou dans quelques semaines, pour préparer un contrôle et se remémorer la nature et la forme des figures géométriques étudiées ce jour-là, avec les bons gestes et l’outil adapté.
L’expérience démontre que l’ENT offre un espace dans lequel, assez rapidement, chacun de ses membres peut trouver sa place et tenir un rôle actif.
Les élèves, premiers utilisateurs !
Les échanges avec la classe qui ont suivi cette présentation ont d’ailleurs permis de constater que l’ENT faisait désormais partie intégrante de l’environnement naturel de l’élève. Les collégiens le présentent eux-mêmes comme un outil facilitant l’organisation de leurs déplacements (emplois du temps, restauration scolaire et gestion des heures de permanence en cas d’absence des professeurs) et de leur travail dans et hors les murs de l’établissement (consulter le cahier de textes en ligne pour prendre connaissance des devoirs ou rattraper les cours en cas d’absence). Ils utilisent aussi les espaces de ressources mis à leur disposition (comme un dictionnaire encyclopédique qu’ils jugent plus fiables que ses avatars sur Internet ou un service de cours et d’exercices pour revoir, réviser ou apprendre sur l’ENT toute notion du programme de chaque discipline – Maxicours).
C’est enfin l’occasion d’échanger avec leur professeur s’ils n’ont pas compris tel ou tel point du programme ou du cours. Néanmoins, à la question, s’ils passent par l’ENT pour échanger entre eux, les élèves répondent en chœur utiliser plutôt les réseaux sociaux… !
De son côté, l’enseignant s’est également approprié l’outil (le dispositif de captation en est le meilleur exemple).
Selon lui, préparer ses cours n’est pas plus long ou plus compliqué avec l’ENT et développe une pratique de partage des ressources et des séquences entre collègues du collège qui est plutôt stimulante. Au collège Lucie Aubrac, une communauté des professeurs de Mathématiques s’est ainsi constituée autour de ses six membres. Dans d’autres disciplines, celles où les enseignants sont moins nombreux, la possibilité offerte par l’ENT de pouvoir échanger avec des collègues d’autres établissements permet d’enrichir sa pratique. Car c’est le constat posé par les différents interlocuteurs rencontrés lors de cette visite : l’ENT facilite les échanges et le partage ! Chacun a d’ailleurs insisté sur le fait que, depuis la mise en place de l’ENT, ils échangent bien plus entre eux !
Enrichir la relation avec les parents
Si la messagerie demeure le service le plus fréquemment utilisé par les parents au collège Lucie Aubrac, facilitant notamment la prise de rendez-vous, l’enseignant ne la perçoit pas comme une intrusion dans son travail (à condition de fixer au départ les règles de relations courtoises) mais plutôt comme une occasion d’expliquer ce qui est fait en classe.
C’est encore plus vrai en maternelle, comme l’a exprimé et illustré un directeur d’établissement lors d’un atelier du mercredi présenté lors des NetJournées autour des usages sur l’ENT. Il est important de « pouvoir mettre des mots et des images sur les activités réalisées en classe », perçues par de nombreux parents comme seulement ludiques ! L’ENT devient un espace vitrine sur lequel l’enseignant peut illustrer concrètement aux parents les compétences pédagogiques attendues (la notion de motricité fine par exemple était présentée sur l’ENT par un film mettant en scène un enfant transvasant, à l’aide d’une pince, de petits objets d’un récipient à un autre). Illustrer les difficultés de l’enfant ou au contraire son aisance dans différents types d’exercices auxquels les parents peuvent avoir accès sur l’ENT, c’est redonner du sens au rôle de l’enseignant. C’est aussi, en montrant les enjeux de chaque apprentissage, responsabiliser les familles !
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Plus d’informations
- Anper95, l’ENT du Val d’Oise
- Site des NetJournées 2013
- Sur les usages de l’ENT découverts lors du voyage de presse, voir aussi le reportage de Ludovia.com, « Continuité du numérique à l’école : une priorité du Val d’Oise »
En primaire, des parcours de remédiation personnalisés et interactifs
Professeur à l’école élémentaire Châteaudun (à Amiens) et maître formateur, Christophe Caron, n’utilise pas uniquement l’ENT comme un espace support de ses cours (avec des ressources, liens, vidéos, fichiers audio, etc.) ou pour échanger avec les parents d’élèves (afin qu’ils puissent suivre les activités et les projets de sa classe, s’informer sur l’orientation ou les usages numériques) !
L’enseignant a surtout développé sur l’ENT un module de personnalisation des parcours des élèves.
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L’ENT permet en effet de faciliter le parcours personnel des élèves dans leurs apprentissages. Sur leur page, les élèves peuvent, individuellement ou collectivement, valider ou ajuster les compétences à acquérir durant l’année. Tout se déroule dans l’ENT, le professeur ayant intégré au préalable les éléments qui constituent le module de remédiation.
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L’ENT tout au long de l’année
En début d’année scolaire, Christophe Caron commence par évaluer ses élèves en français et en mathématiques. Cette phase d’identification des réussites et difficultés de chacun, lui permet de structurer dans l’ENT* le dispositif de suivi et de remédiation qui va accompagner l’élève tout au long de l’année.

Individuellement ou collectivement, en se connectant sur l’ENT, les élèves peuvent travailler sur la ou les compétences à acquérir en suivant des parcours d’apprentissage interactifs. Ils disposent aussi bien d’éléments de cours (rappels de définitions et de règles de base), d’exercices d’application (à travers des situations d’entraînement et des problèmes), que d’outils méthodologiques (comme des didacticiels).
« C’est aussi l’occasion d’enrichir le capital de connaissances des élèves »
Ces ateliers de compétences se concluent par une phase active dans laquelle « l’élève doit prouver à ses camarades l’acquisition d’un nouveau savoir : il produit à cet effet sur l’ENT une preuve numérique (qu’il pourra réaliser grâce à des applications gratuites, chargées préalablement dans l’ENT) qu’il présentera ensuite en classe », précise Christophe Caron, qui voit dans ce processus un double avantage :
D’une part, l’outil lui permet de suivre pas à pas la démarche de l’élève et non pas seulement un travail finalisé : « Cela me permet de l’aider dans sa progression, puisque je peux suivre les stratégies et méthodes utilisées pour résoudre un problème, ce qui permettra ensuite d’intervenir pour l’aider à éventuellement les modifier ou les réajuster afin qu’il acquière les compétences souhaitées. »
D’autre part, l’élève n’est plus exclusivement consommateur des ressources déposées dans l’ENT, « il devient le concepteur et le producteur des contenus validés et réutilisables par l’ensemble de ses pairs avec l’accord de l’enseignant. »
* ENT Somme Numérique/Solution Itop
Notons enfin que, dans ce dispositif, chaque parent d’élève dispose, pour son enfant, d’un espace personnalisé auquel sont également conviés les enseignants, le directeur et les réseaux d’aide. Ils peuvent ainsi suivre au jour le jour la remédiation de leur enfant.
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2 ENT collaborent à un même projet pédagogique
Expérience inédite, depuis quelques jours, des élèves des Départements de la Loire et du Rhône ont commencé, via leur propre ENT, à échanger avec un artiste designer. Ce projet de classe sur un espace commun constitue une première collaboration entre deux ENT.
Une expérience synonyme d’usages pédagogiques innovants !
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Les équipes projets de CyberCollèges42 ont toujours suivi avec beaucoup d’intérêt l’actualité de laclasse.com et en particulier les actions menées autour des résidences d’artistes (voir Dossier Territoire sur Projets-ENT.com).
La phase de généralisation achevée, CyberCollèges42 est désormais prêt à se lancer dans des projets de collaborations pédagogiques sur l’ENT avec son voisin rhodanien !
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Une longue préparation
Dès 2011, Yves-Armel Martin et Christophe Monnet avaient pris contact avec l’équipe projet de l’ENT de la Loire pour les associer au dispositif Résidences d’artistes déployé sur l’ENT laclasse.com. L’objectif, faire vivre avec une dizaine de classes de collèges du Rhône et de la Loire un projet semblable autour du Design. La présence à Saint-Etienne de la Cité du Design constituait une entrée naturelle dans cette aventure.
Très vite, quatre partenaires se sont donc retrouvés pour conduire le projet à son terme :
- les équipes projets de CyberCollèges42 et de Laclasse.com,
- les représentants de la Cité du Design de Saint-Etienne,
- le PREAC-Design (Pôles de Ressources pour l’Education Artistique et Culturelle, un réseau académique abrité par le CDDP de la Loire spécialisé autour du Design).
Entre novembre 2011 et septembre 2012, il a fallu définir et circonscrire le projet. Une fois scénarisé, la Cité du Design a lancé un appel à candidature auprès de son réseau de designers.
Dans un deuxième temps, courant septembre, un jury a sélectionné l’artiste qui doit animer avec les 10 classes le projet tout au long de l’année scolaire : Benedetto Bufalino !
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Lancement du projet
Réunion de tous les acteurs du projet (9 octobre 2012) : une occasion pour les enseignants de découvrir le projet, de rencontrer l’artiste, mais surtout de se familiariser avec la plateforme sur laquelle ils travailleront tout au long de l’année avec Benedetto Bufalino.
Démarrage de l’action (10 octobre 2012) : sur l’espace dédié au projet dans l’ENT, les élèves ont pu découvrir la première consigne publiée par Benedetto Bufalino qui initie le travail de co-construction du projet (pendant 6 semaines, chacune des 10 classes va préparer avec les enseignants les propositions de réponse qui seront soumises à l’artiste sur l’ENT).
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Suivre les expériences en direct
- Sur la page design.laclasse.com (en accès libre)
- Pour y contribuer, les élèves se connectent sur leur ENT (sur CyberCollèges42 dans les 6 collèges de la Loire, sur Laclasse.com sur les 4 collèges du Rhône).
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Pour en savoir plus
- Sur Cybercollèges42
- Sur Laclasse.com : Présentation du projet (format PDF)
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Retour sur JOCAIR-ENT 2012, les usages sont en marche !
Le Symposium consacré aux Espaces Numériques de Travail (ENT), qui s’est tenu à l’université d’Amiens début septembre dans le cadre de JOCAIR 2012, a confirmé l’élan pris par les usages sur les projets déployés.
Il a constitué également un temps d’échanges et de partage entre porteurs de projets et chercheurs autour des ENT.
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Comme l’a rappelé Eric BRUILLARD*, co-organisateur de la quatrième édition du Colloque JOCAIR (Université de Picardie, Jules Verne), consacré cette année à la thématique Autour des activités d’apprentissage « instrumenter un réseau », en introduction du Symposium : « afin d’enrichir la réflexion, la question s’est posée d’intégrer d’autres problématiques et d’autres acteurs ».
La Caisse des Dépôts, qui joue un rôle d’intermédiaire et de coordinateur des actions et projets menés autour des ENT, constituait un référent naturel pour collaborer à la finalisation d’un Symposium plus spécifiquement dédié aux usages numériques sur les espaces numériques de travail.
Eric Bruillard et Joël Boissière, alors en charge de la e-éducation à la Caisse des Dépôts, ont donc voulu créer un événement pour « provoquer ces rencontres« aux cours desquelles chacun partagerait ses réflexions, ses pratiques et ses expériences.
Pour rappel, depuis 2003, la Caisse des Dépôts intervient à la demande du Ministère de l’Education nationale pour suivre l’utilisation des ENT à partir d’un dispositif de mesure d’audience incluant tous les acteurs. Proposant des indicateurs partagés sur l’évolution des usages, ce dispositif fournit aux porteurs de projet des outils d’aide au pilotage des ENT aussi bien sur l’observation de ses utilisations que sur les mesures d’accompagnement à mettre en œuvre. A ce jour, 12 régions et 19 départements bénéficient du dispositif national de mesure d’audience. En complément de ce travail d’analyse et d’études statistiques autour des usages, la Caisse des Dépôts cofinance avec les collectivités sur trois ans des projets de recherche ciblés sur des territoires : la Sarthe, la Lorraine et la Savoie.
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Après un tour d’horizon des usages sur les ENT, la session s’est découpée en trois axes de réflexion et d’échanges :
- Les relations enfants/professeurs/parents : quelles modifications liées à l’ENT ?
- Le cahier de textes numérique sur l’ENT : quelles nouvelles formes d’utilisations ?
- Les nouvelles utilisations et modes d’appropriation par les enseignants de l’ENT
Enfin, une vidéo interroge les enjeux de la recherche sur les ENT !
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* Eric BRUILLARD est Professeur des universités, Directeur du laboratoire STEF (Sciences Techniques Education Formation) – ENS Cachan – IFÉ (Institut Français de l’Éducation)
Cartographie de la rentrée des ENT
Voici la dernière édition de la cartographie du déploiement des solutions industrielles ENT régulièrement mise à jour par la Caisse des Dépôts ! L’occasion de suivre l’avancée des projets, de découvrir de nouveaux acteurs, territoires, académies et éditeurs, toujours plus nombreux à s’impliquer dans la généralisation de ces plateformes virtuelles d’apprentissage.
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A ce jour, 22 projets sont associés au dispositif national de mesure d’audience*, auquel sont inscrits au total :
- 2.491 établissements publics locaux d’enseignement (EPLE)
- 3.400.000 comptes
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Les nouveautés [voir l'édition de novembre 2011]
Plusieurs projets ont rejoint le dispositif national de mesure d’audience
- l’Aquitaine,
- la Bourgogne,
- la Picardie,
- l’Essonne,
- l’Eure,
- le Val d’Oise,
- la Seine-et-Marne.
Du coté des opérateurs privés :
- Scolastance a cédé sa place à itslearning
- L’ENT libre s’appelle désormais Open ENT
- Liberscol équipe les lycées agricoles en Bourgogne.
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La carte interactive des ENT complète cette édition numérique en proposant pour chaque projet territorial des liens vers les sites et des informations associées aux projets.
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* Pour plus de détails sur le dispositif de mesure d’audience de la Caisse des Dépôts, se reporter à la page dédiée sur le site :
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Le cahier de textes numérique sur l’ENT : quelles nouvelles formes d’utilisation ?
Le Symposium ENT (JOCAIR 2012) a donné la parole à trois utilisateurs du cahier de textes sur l’ENT : Emmanuelle VOULGRE, chercheuse à l’Université Paris V, Pascal FAURE, Inspecteur académique dans l’académie de Nancy-Metz et porteur de projet ENT, et Manuel SCHNEEWELE, doctorant qui va soutenir dans les prochaines semaines sa thèse sur les usages des ENT.
En débat, en écho avec les participants présents dans la salle, la définition de l’outil, ses modalités d’utilisation, ses usages et un questionnement autour d’une pratique rendue obligatoire avec la circulaire de rentrée du Ministère de l’Education nationale (septembre 2011) qui conduit à inventer de nouveaux usages…
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Définir l’outil cahier de textes
En le présentant comme « un outil pédagogique, une trace de ce qui se passe durant une année scolaire dans la classe », Pascal FAURE reprend les indications contenues dans la circulaire de 1950 qui en traçait les grandes lignes ! « En conformité avec les programmes, on y retrouve le suivi des cours, le travail donné, les interrogations, les supports, ou encore les types de travaux réalisés avec les élèves. » Le numérique relance un usage qui avec le temps s’était dégradé…
Les enseignants se sont-ils pour autant réappropriés le cahier de textes ? Élèves et parents d’élèves le consultent-ils plus souvent ? Comment la communauté perçoit-elle l’outil rénové ?
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Quels usages et quelles représentations ?
Pour s’être longuement penché sur les représentations et les usages du cahier de textes de l’ENT PLACE, Manuel SCHNEWEELE propose une typologie de la perception de chacun de ses utilisateurs :
« Pour les enseignants, il est utile, pratique mais lent. Pour les parents, facile d’accès mais demande du travail [le chercheur remarque que les mères manifestent bien plus d’intérêt pour l’outil que les pères]. Enfin, pour les élèves, il est pratique pour les devoirs ! »
… Si naturellement le cahier de textes est rempli !

En effet, idée reprise et développée par Emmanuelle VOULGRE, la tenue régulière et complète du cahier de textes est encore laborieuse. Si Manuel SCHNEEWELE souligne la complexité pour les enseignants de s’adapter aux nouvelles pratiques et utilisations de l’outil dans sa version numérique, Emmanuelle VOULGRE insiste davantage sur les résistances des enseignants qui ralentissent ou diffèrent son utilisation : d’un point de vue pédagogique, son usage contredit le principe d’autonomisation des élèves qui sont déresponsabilisés de noter le travail dans leur cahier de textes papier. Elle souligne également la question de la confiance et de la fiabilité de l’outil qui doit être à jour lorsque l’élève le consulte. Sur les règles à adopter pour le remplir, les avis sont d’ailleurs partagés ! Juste après le dernier cours, avant le prochain, mais dans quels délais ? Elle pointe enfin ses ambiguïtés en termes de suivi administratif des pratiques enseignantes.
Ces résistances s’expriment à travers les différentes postures, identifiées par la chercheuse, des enseignants à l’égard du cahier de textes :
- Ceux qui refusent de le remplir
- Ceux qui essaient mais se découragent
- Ceux qui le remplissent succinctement
- Ceux qui le remplissent de manière significative
- Ceux qui utilisaient déjà d’autres outils et qui ne souhaitent pas migrer sur ce nouvel outil
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Enjeux, perspectives et questionnement
Manuel SCHNEEWELE estime qu’il faut « un temps d’adaptation ». Pascal FAURE rappelle ainsi que dans leurs usages, les enseignants « ne s’accordent pas entre eux pour utiliser le cahier de textes ! » Ils utilisent indistinctement les trois outils de communication qu’ils ont à leur disposition sur l’ENT : le cahier de textes, la messagerie, les documents partagés. C’est pourquoi, il estime que l’outil « doit évoluer » en termes de :
- visibilité : »il reste encore plus facile aujourd’hui de tourner une page » ;
- compatibilité avec le carnet de bord : « la bascule sur le cahier de textes devrait permettre une utilisation plus rapide de l’outil notamment sur ses tâches administratives (appel, notes, etc.) ;
- archivage ;
- intégration plus complète dans l’ENT.
Pour Emmanuelle VOULGRE, le manque de pratique de référence constitue un frein à l’appropriation par les enseignants du cahier de textes. Le débat l’a montré, le cahier de textes touche différent champs de réflexions incluant le pédagogique, le social et le politique (comme sur les problématiques d’organisation du travail ou de la place du travail de l’élève hors temps scolaire).
De son côté, Pascal FAURE voit dans le cahier de textes un outil fiable, souple dans ses usages, garantissant en toute transparence une bonne lisibilité : « il facilite le partage d’informations, notamment entre collègues, il donne une vision plus complète sur l’année et il offre un espace support pour tout type de documents multimédias. C’est une plateforme centrale qui permet les échanges entre tous ! » Le cahier de textes permet en effet de faire des liens avec toutes les ressources et tous les services !
C’est d’ailleurs un point sur lequel les personnes présentes ont également réagi ! L’une d’elle s’interroge : « le cahier de textes n’est-il pas en train de devenir un mini ENT ? » ; « dans l’esprit des utilisateurs, il y a d’ailleurs parfois confusion entre le cahier de textes et l’ENT », constate une autre.
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… le débat reste ouvert !
Les nombreux échanges entre les intervenants et la salle soulignent l’importance d’un outil en évolution constante et dont les usages sont encore à inventer, sinon à préciser. La pertinence du terme « cahier de textes » est d’ailleurs interrogée par un participant au Symposium qui propose que soit organisé un concours pour inventer une terminologie intégrant toutes les spécificités numériques de l’outil…
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ENT : tour d’horizon en chiffres des utilisateurs et des usages
Comme le rapporte le dispositif national de mesure d’audience, le nombre d’utilisateurs et d’usages sur les ENT ne cesse de s’amplifier. Françoise COUTELLIER qui suit et analyse ces remontées pour la Caisse des Dépôts en a présenté les grandes tendances à l’ouverture du Symposium ENT qui s’est tenu dans le cadre de la quatrième édition du colloque JOCAIR 2012 organisé à l’Université Jules Verne à Amiens.
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Les usages, des chiffres parlants !
Données sur l’évolution des audiences sur les projets en généralisation selon les critères définis par la Caisse des Dépôts (projets partenariaux entre des collectivités et le Ministère de l’Education nationale) :
De fortes fréquentations
Lors du mois de janvier 2012, dit « mois plein »*, sur les 2.500 collèges et lycées déployés suivis par le dispositif de mesure d’audience, il y a eu 10.500.000 visites !
L’accroissement du nombre d’ENT déployés ne fait pas baisser la moyenne !
Bien que le dispositif intègre toujours plus de projets et de publics, les taux de fréquentation sont toujours plus élevés ! Aux fortes fréquentations sur un faible volume déployé a succédé une forte fréquentation sur des volumes d’établissements déployés conséquents ! L’intensité de fréquentation sur la dernière année scolaire a été en moyenne la meilleure depuis l’origine du déploiement des ENT.
A ce jour, l’Alsace, les Alpes-Maritimes, la Loire, l’Isère, la Savoie, et le Territoire de Belfort ont achevé le déploiement de l’ENT dans leurs établissements. L’Auvergne, le Midi-Pyrénées et la Lorraine ne devraient pas tarder à les rejoindre.
…Naturellement, cette carte est en constante évolution !
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Du côté des utilisateurs
Les parents
Illustration de l’appropriation progressive des parents, entre novembre 2008 et novembre 2011, sur la masse des comptes connectés, la part des parents d’élèves est passée de 8 (sur les 1.100.000 visites) à 17% (des 9 millions de visites en 2011) !
En taux de fréquentation, dans 40% des établissements, chaque parent (la mère et le père, mais c’est à 80% du temps la mère) se rend sur l’ENT entre une fois par mois et plus d’une fois par semaine.
Ces éléments n’intègrent pas que, notamment en collège, les parents utilisent parfois le compte de leur(s) enfant(s) pour se connecter sur l’ENT.
Les élèves
De la même façon, dans 19% des établissements, chaque élève se connecte au moins 2 fois par semaine à l’ENT. Françoise COUTELLIER constate que cette relative faiblesse des connexions élèves est à nuancer, dans la phase de lancement de l’ENT, de nombreux établissements préfèrent commencer par déployer les comptes enseignants, afin qu’ils rodent le dispositif, avant de l’étendre aux autres utilisateurs, élèves puis parents d’élèves.
Enfin, l’utilisation en classe de l’ENT, via le tableau numérique par exemple, masque la réalité des usages pédagogiques des élèves puisque à cet instant seul l’enseignant est connecté sur l’ENT alors que toute la classe bénéficie effectivement de ses services.
Les enseignants
Dans 72% des établissements, les enseignants viennent entre 2 fois par semaine et 5 fois par jour !
Avec les enseignants, le principe selon lequel, il n’existe pas de seuil plafond de connexions sur l’ENT, est encore plus net : par le jeu de l’appropriation et de la multiplication des usages (induite par le métier d’enseignant), la fréquentation est en constant accroissement.
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Du côté des services
Le cahier de textes
Françoise COUTELLIER souligne la dynamique impulsée autour de l’outil a le vent en poupe, conséquence de la mise en application de la circulaire ministérielle et des utilisations toujours plus nombreuses qu’il propose. La fréquentation du cahier de textes est en train de passer devant celle de la messagerie pourtant considérée jusqu’à présent par les utilisateurs comme l’outil à tout faire !
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Se reporter aux autres interventions des participants du Symposium dans la partie qui lui est directement consacrée : « Le cahier de textes numérique sur l’ENT : quelles nouvelles formes d’utilisations ? »
Par ailleurs, le document partagé est un service qui ne cesse d’être utilisé !
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Fréquentation annuelle : « l’ENT ne dort jamais »
- Un pic le lundi
- Le mercredi en retrait
- reprise en fin de semaine (jeudi et vendredi)
- Le Week-End reste une période de connexions soutenues.
Ces taux de fréquentation sont naturellement impactés en périodes de congés, mais il n’en reste pas moins que les visites sur l’ENT sont globalement quotidiennes…
Preuve qu’il existe des usages excessivement vaste au-delà de ceux strictement scolaires !
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Pour cette rentrée 2012, le dispositif national de mesure d’audience a intégré de nouveaux éléments de marquage : désormais, seront pris en compte les données relatives à l’orientation, aux Centres de Documentation et d’Information (CDI), aux services développés par les collectivités, à la visioconférence, etc.
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Voir aussi les dossiers ENT en chiffres préparés par Françoise COUTELLIER :
- Mais qui utilise l’ENT ? (juin 2012)
- Les services dans l’ENT et le décompte de leurs utilisations (mai 2012)
- Visites, visiteurs et visiteurs uniques (avril 2012)
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* Terminologie employée pour désigner les mois pendant lesquels toutes les académies sont ensemble au travail (les mois de janvier ou de novembre par exemple), donc sans « vacances zonées ».
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JOCAIR : les enjeux de la recherche sur l’ENT
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Les échanges qui ont animé le Symposium ENT (JOCAIR 2012) résument une décennie de déploiements des ENT du second degré dans les territoires ! Universitaires, porteurs de projets, enseignants, etc., sont venus enrichir la réflexion qui est menée pour mieux accompagner la communauté éducative dans ses pratiques.
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ENT : nouvelles utilisations et modes d’appropriation par les enseignants
Le Symposium ENT (JOCAIR 2012) s’est conclu par le témoignage de deux enseignants du secondaire sur leurs pratiques pédagogiques dans l’ENT. Ces usages, qui se multiplient et se consolident, sont attentivement suivis par des universitaires qui viennent enrichir la réflexion !
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Enrichir les services pédagogiques à disposition sur l’ENT
Dominique ZAHND (enseignante de SVT dans un lycée alsacien et membre de la mission TICE)
L’académie de Strasbourg est l’un des premiers territoires à avoir généralisé un ENT dans l’Hexagone (depuis 2010, tous les établissements sont déployés). Rapidement, l’ENTEA mettant essentiellement à disposition des outils de vie scolaire, les enseignants, trouvant les fonctions pédagogiques limitées, se sont tournés vers des solutions privées (types blogs, sites, logiciels libres, etc.).
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Dans ce contexte, la Mission TICE a proposé d’intégrer Moodle comme une brique à part entière de l’ENT (voir le détail sur le portail de l’académie de Strasbourg). La solution propose en effet toute une palette de ressources et d’activités favorisant l’interactivité et le travail collaboratif.
« On est passé d’une logique de consultation et d’échanges à une logique interactive et collaborative ! »
Dès février 2011, cette combinaison ENTEA/Moodle était proposée pour une expérimentation dans 15 établissements. L’académie a été submergée de demandes ! En septembre 2012, 41 établissements l’ont adoptée.
Selon Dominique ZAHND, l’intégration est une réussite pour des raisons aussi bien techniques que pédagogiques :
Outre un contexte favorable en termes d’équipements et de débits, et donc d’accessibilité aux services proposés par l’ENT, le succès de cette expérimentation repose sur l’intégration de Moodle au même niveau que les briques déjà existantes sur l’espace numérique de travail. Elle facilite les passages d’un service à un autre en toute transparence et sans contrainte pour l’utilisateur. Dès lors, la richesse apportée par Moodle, avec ses espaces de remise de devoirs, ses outils d’évaluation en ligne (QCM, quiz, etc.), ses ressources (textes, images et vidéos) garantit un accès aussi facile que modulable. L’élève peut accéder à ces nouvelles fonctionnalités sans jamais quitter l’ENT. Par exemple, les documents étant accessibles sur des pages Web, la navigation d’une ressource à une autre est facile et plus naturelle (ce qu’il ne pourrait pas faire sur un PDF). De la même façon, le cahier de textes peut être enrichi et scénarisé : l’élève n’a pas besoin de rechercher la page du jour où le travail a été donné (et donc de devoir se rappeler de la date pour retrouver une ressource en particulier) : il lui suffit de se rendre sur la page Web du cours de son professeur.
Le dispositif apporte une réelle plus-value qui incite les enseignants à utiliser davantage l’ENTEA, d’autant que l’accès est mutualisé à l’échelle de l’établissement et de tous ceux de l’académie.
« Moodle donne un autre souffle à l’ENT ! »
L’interactivité apportée par ce dispositif a rénové les pratiques sur l’ENT.
Les élèves qui éprouvent certaines difficultés apprécient que l’enseignant mette ses documents de cours avant même qu’il n’ait eu lieu, afin de s’y préparer, de se mettre en confiance. D’une manière générale, tous les outils d’échanges interactifs accessibles grâce à Moodle, types chat, forums, etc., sont également très prisés par les élèves ! Un vrai changement pour la relation au travail scolaire tant pour les élèves que pour les enseignants.
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Usages pédagogiques des services de l’ENT
Laurence Langlois (professeur d’anglais en collège sur l’académie de Nancy)
Professeur d’anglais dans un établissement où l’ENT PLACE a été déployé avec succès depuis 3 ans, Laurence Langlois présente les différents usages développés avec ses élèves aujourd’hui très familiers de l’outil.
L’ENT PLACE offre aux élèves plusieurs espaces d’échanges : la messagerie, ou encore le cahier de textes et les groupes de travail. Or, ceux-ci se décomposent en plusieurs sous-espaces qui permettent de diversifier les modes d’apprentissage. C’est pourquoi, dans cette rubrique, l’enseignante peut proposer des travaux scolaires obligatoires ou simplement des activités qui permettent d’enrichir et de stimuler les connaissances de l’élève dans ou hors la classe.
Éveiller la curiosité de l’élève
L’espace information permet de prolonger le travail effectué en cours : j’y propose des énigmes à résoudre, des histoires drôles en anglais, je mets en ligne des photos, je lance des concours, etc. toute action incitant l’élève à s’exercer, entreprendre des recherches, et donc à pratiquer la langue. Le contenu proposé doit être convivial et doit changer régulièrement. Pas trop souvent, de même qu’il faut éviter de submerger l’élève ! Les activités doivent être variées.
L’espace documents permet d’échanger avec les élèves les fichiers enregistrés grâce à la baladodiffusion intégrée sur l’ENT. Les échanges peuvent aussi prendre la forme de « cadavres exquis » réalisés sur la plateforme par les élèves de la classe ou de lettres adressées à des élèves étrangers. C’est encore un espace d’animation des activités scolaires hors établissement, qui peut être ponctuellement ouvert aux parents, avec un forum sur lequel les élèves peuvent accéder via leur smartphone…
Donner du sens !
Consciente de la richesse des possibilités offertes par l’outil, l’enseignante rappelle qu’il ne doit être ni invasif ni intrusif. De même, les possibilités offertes par la mise en ligne de toutes sortes d’informations sur l’ENT ne peuvent en aucun cas dispenser l’enseignant de donner à ses élèves les moyens et les méthodes pour bien les utiliser. A titre d’exemple, Laurence Langlois rappelle que « si l’espace forum permet des échanges, même entre élèves, ses éventuels dérapages constituent à chaque fois une bonne occasion de réfléchir sur la notion d’identité numérique… »

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L’ENT quelles dynamiques d’appropriation ?
Françoise POYET (Université de Lyon) et Sylvain GENEVOIS (Université Cergy)
Entre 2008 et 2010, une recherche a été menée au sein de l’INRP-IFE pour analyser les processus de construction des usages des ENT chez des enseignants du secondaire (collèges et lycées) en Auvergne et en Isère, deux académies qui présentaient des niveaux de déploiement différents. Les données recueillies auprès de 850 enseignants ont montré qu’il n’y avait pas de relation directe entre généralisation du matériel dans les établissements et appropriation des ENT par les enseignants (voir l’étude en téléchargement sur Projets-ENT).
« Sur l’ENT, les usages sont dépendants des pratiques développées antérieurement par ses utilisateurs »
Comme le souligne Françoise POYET et Sylvain GENEVOIS, « s’il y a généralisation de l’outil ENT à travers son déploiement à grande échelle, il n’y a pas de généralisation des pratiques ! » Le Symposium ENT a été l’occasion pour les deux chercheurs de mettre en évidence que le développement des usages ne suit pas une progression linéaire d’un stade à l’autre (Appropriation – Structuration – Diffusion) mais une évolution en « zigzag » puisque, selon les utilisateurs, la voie suivie emprunte ses logiques propres. Toute avancée dépend donc de la complexité technique des outils, de leur utilité et du niveau d’expertise acquise précédemment avec les TIC (Technologies de l’Information et de la Communication).
L’enquête a permis de constater, par rapport au modèle théorique considéré, que les pratiques pédagogiques relevaient d’un niveau d’appropriation supérieur. En effet, les utilisations de l’ENT dépassaient largement les simples fonctionnalités administratives autour des outils de vie scolaire, et proposaient des initiatives plus élaborées (réflexion socio-constructiviste, mutualisation de ressources, etc.). En revanche, en distinguant les pratiques enseignantes en quatre classes, Françoise POYET et Sylvain GENEVOIS ont mis en évidence que la part des enseignants utilisant tous les outils mis à leur disposition sur l’ENT est minoritaire. En terme d’appropriation des usages, Françoise POYET remarque que :
(…) l’appropriation n’est pas liée au degré de maîtrise technique mais plutôt au niveau d’intégration dans des pratiques pédagogiques élaborées : il n’y a pas une appropriation à 100% des TIC uniquement par la fréquence d’usages !
« Ils disposent du même outil, mais ils n’en font pas la même chose ! »
Ces quatre classes d’utilisateurs peuvent être scindées en deux groupes :
- Deux classes d’utilisateurs ont des pratiques diversifiées (ce sont les moins nombreux en chiffres mais les plus avancés) ;
- Deux autres classes sont sur un seul usage (ce sont les plus nombreux en chiffres et les moins avancés).
Comme le souligne Sylvain GENEVOIS, « les questionnaires ont permis d’entrer dans le détail des pratiques enseignantes et de constater qu’en 2009, date de l’enquête, il existait très peu d’exemples de pratiques innovantes » – une situation qui a évolué depuis ! A l’origine, sur les tâches les plus fréquentes, les enseignants répondaient davantage aux injonctions de la machine administrative qu’à l’ambition de développer des outils pédagogiques innovants sur l’ENT !

…Une occasion pour les deux chercheurs de se projeter sur de futurs travaux qui intégreraient la plus grande antériorité des ENT déployés, l’évolution des publics cibles ou encore les évolutions des pratiques pédagogiques sur le temps long.
L’aventure continue !
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