Projets ENT

Le site de la génération ENT

En Seine-et-Marne, les parents trouvent leur place sur l’ENT

Dans un Dossier consacré à la place des parents dans l’école, Les risques du métier, le Magazine de l’autonomie de solidarité laïque, aborde notamment le rôle de l’ENT comme outil d’intermédiation entre les acteurs de la communauté éducative dans le cadre scolaire. Il insiste notamment sur place de la messagerie et du cahier de textes, deux outils dont les parents se sont à la fois saisis et réappropriés sur l’ENT.

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Dans cet article, le chef d’établissement du collège Denecourt à Bois-le-Roi (Seine-et-Marne) analyse les premiers retours de cette relation qui se noue au quotidien entre tous les acteurs et insiste sur le caractère très dynamisant du cahier de textes numérique dans ce dispositif :

Une étude a tout d’abord permis d’identifier les attentes parentales, via un questionnaire, et les attentes des professeurs, par des entretiens, en matière d’usages de l’ENT. Après des formations des différents acteurs, enseignants, parents, élèves, depuis la rentrée 2010 l’ensemble des professeurs utilisent le cahier de textes numérique. L’augmentation du nombre de connexions au cahier de textes numérique des parents et des élèves traduit l’intérêt pour l’outil. « Elles sont passée d’environ 900 connexions mensuelles pour 126 parents et élèves utilisateurs en octobre 2009, au moment du lancement, à 6920 connexions mensuelles pour 745 parents et élèves utilisateurs, en novembre 2011 », précise Véronique Gasté, principale du collège Denecourt à Bois-le-Roi en Seine-et-Marne, qui compte 515 élèves.

Même si, comme le nuance la principale du collège, « les parents des élèves de l’établissement sont majoritairement des cadres », ce qui favorise sans doute une plus forte généralisation de la prise en main de l’outil, l’ENT a le mérite de définir et circonscrire un espace dans lequel l’ensemble des parents se trouvent légitimés et qui correspond à leurs attentes.

Pour les familles, il y a globalement « un retour de confiance des familles par l’accueil qui leur est réservé et la communication facilitée, mais aussi une satisfaction à avoir une visibilité accrue sur le travail de leur enfant et à pouvoir davantage réguler son organisation ».

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Naturellement, l’expérimentation initiée en 2009 vise plus largement à déployer de nouvelles pratiques pédagogiques grâce à l’ENT avec lesquels, enseignants et élèves travaillent au quotidien : on peut lire dans l’article les expériences menées en classe sur l’ENT autour du Podcast, des sites collaboratifs, etc.

La part des parents dans l’ENT

Depuis la mise en place d’un dispositif de mesure d’audience (2008) et parallèlement à la montée en puissance des déploiements des ENT, la part des parents ne cesse de croître. Lors de la Journée Porteurs de projets à EducaTICE 2011, trois chefs d’établissement dans trois situations différentes, en ville, en banlieue et en milieu rural, témoignent des diverses utilisations de l’ENT par les parents.

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(Voir le détail des usages dans les tableaux pages 22 et 25 du Diaporama du déroulé de la matinée)

Les chiffres parlent d’eux-mêmes ! Alors que les d’établissements marqués par le dispositif de la Caisse des dépôts sont toujours plus nombreux, la part des visites des parents est en constante augmentation. Parmi les services les plus fréquentés, celui consacré aux notes demeure le plus visité par les parents. Mais en deux ans, le cahier de textes connaît une nette progression (4,5% en mai 2009, 23% en octobre 2011).

Principaux services visités par les parents

(Voir le détail des usages dans les tableaux pages 26 et 29 du Diaporama du déroulé de la matinée)

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Sur le terrain, trois chefs d’établissements rapportent leur expérience

Sylvain PONCET

  • Collège Le Parc
  • Aulnay- sous-Bois (Seine-Saint-Denis)
  • 1100 élèves
  • Projet Celia (93)
  • Plateforme « ENT libre »
Jean-Louis MENDES

  • Lycée Henri Bergson
  • Angers (Maine-et-Loire)
  • 1200 élèves
  • Projet e-lyco
  • Plateforme Kosmos
Christophe MORGES

  • Collège Willy Mabrut
  • Bourg Lastic (Puy-de-Dôme)
  • 115 élèves
  • Projet Auvergne – Puy-de-Dôme
  • Plateforme Scolastance
Contexte
  • Etablissement de centre-ville réparti sur 3 sites
  • Nov 2007 – sept 2010 expérimentation sur une autre solution
  • Sept 2010 : début de la généralisation
L’établissement et notamment les professeurs n’avaient pas exprimé le besoin du numérique, mais le déploiement de l’ENT a répondu à une volonté de nouer un lien fort entre l’établissement et les familles. Petit collège en milieu rural isolé, avec l’ENT’Auvergne déployé depuis 4 ans
Parents
et l’ENT
38% des parents ont activé leur compte et sur les derniers temps, le taux a nettement augmenté. Au global, les services scolaires ont une part déterminante, mais aussi, le cahier de texte et les agendas. Le lien est créé (75% des familles sont connectées et utilisent le cahier de textes par exemple), mais il reste unilatéral (parents –profs) ; dans l’autre sens, la relation est encore à construire ! Très fort taux de connexions des parents (l’équipement systématique de l’établissement a permis aux utilisateurs de s’approprier rapidement l’outil ouvert à tous)
Verbatim « Avec les familles, nous sommes dans une démarche de production de services à partir de briques applicatives déjà existantes (notes et absences, actualité, etc.) et en développant de nouveaux services : la restauration (depuis qu’on met les photos des plats en ligne il n’y a plus de discussions sur la qualité des repas), mais aussi la communication comme avec les associations sportives, et enfin quelques services ponctuels (inscription aux stages de à l’accompagnement éducatif et des enquêtes satisfaction). Par ailleurs, les parents ont souvent recours à la Hotline. » « Concrétiser l’ouverture vers des populations différentes (ville, campagne, banlieue) : associer les familles au suivi scolaire, afin par exemple de rassembler des outils qui existaient mais qui étaient dispersés et pas toujours aisément accessibles. (…) Derrière ce service, l’éducatif doit toujours être présent. Il ne suffit pas de mettre des notes en ligne, il est tout aussi important de rencontrer les parents. L’ENT doit devenir un instrument permettant de retisser du lien avec les familles. » « Pour les parents, communiquer via ENT’Auvergne, permet d’éviter tout déplacement en voiture dans un territoire où la population et les services sont dispersés et où la grande ville la plus proche est à 65 km. Suivi du travail de l’élève, plus de contacts avec les enseignants (eux-mêmes souvent sur plusieurs établissements à la fois, l’ENT facilite leur travail au quotidien). En milieu rural isolé, les parents sont connectés (plus de 87%). »
Site de l’établissement Site de l’établissement

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Usages du numérique en nuages de mots

Soucieuse d’affiner sa vision des usages du numérique en milieu scolaire, l’académie de Versailles a mené une enquête qualitative originale : donner toutes les conditions favorables pour libérer la parole des utilisateurs des outils numériques en primaire en collège. Un échange en nuage de mots.

Pascal Cotentin* en a présenté le dispositif et les conclusions lors de la Journée Porteurs de projets à EducaTICE.

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Pour analyser directement sur le terrain la réalité des usages des outils numériques des différents utilisateurs cibles (élèves, enseignants, personnels administratifs et parents), le CRDP de l’académie de Versailles a réalisé une enquête en suivant une méthode inédite. Il a demandé à un chercheur non spécialiste de la thématique éducation d’interviewer, sur une période de 15 jours, et d’analyser les réponses de 29 enseignants de la circonscription d’Élancourt. Ces interviews, d’une durée d’une heure, se sont déroulées sur le lieu de travail des enseignants et pendant les heures de cours, chacun ayant été remplacé devant les élèves pendant la durée d’un entretien dont la qualité a été optimisée par cette mesure.

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Les personnes interrogées parlent de leurs « pratiques » plutôt que de leurs « usages »

Leurs réponses ont été enregistrées puis retranscrites et présentées sous forme de nuages de mots dont la taille affichée dépend de la fréquence d’utilisation. Plus un mot est employé, plus il apparaît grossi. Et, pour chaque question, c’est le mot « pratiques » qui ressortait sémantiquement et visuellement !

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Un échange autour de mots qui libèrent la parole !

L’enquête confirme de façon claire la réalité des différences d’approches, de pratiques et d’usages pédagogiques entre les publics (maternelle, élémentaire et collège). Elle souligne aussi des attentes déjà identifiées (formation, accompagnement, ressources) ou des tendances immuables (la mission d’un enseignant reste d’apprendre, de transmettre des connaissances, de donner une méthodologie, etc.). Mais, au-delà, les résultats de cette enquête, immédiatement perceptibles à travers le nuage de mots, invite les acteurs de la communauté éducative à s’interroger.

Du côté des enseignants,

l’enquête met au jour la réalité des nouvelles pratiques et l’évolution des attitudes de l’enseignant dans sa classe et dans son métier (Pascal Cotentin souligne par exemple que « l’entrée de la technologie dans la classe favorise les échanges entre enseignants qui partagent cette expérience nouvelle dans leurs pratiques, permet aussi des échanges de compétences et d’expériences entre jeunes et anciennes générations d’enseignants »)

… des élèves,

l’enquête assoit la pertinence des outils utilisés (il est notamment apparu que l’appareil photo numérique, outil peu utilisé à l’intérieur de la classe, était cependant perçu comme un complément indispensable du TNI).

… et des parents

Il est clair que la vision des parents sur l’école est sensiblement modifiée par les outils numériques synonymes d’ouverture et de modernité. L’enquête montre également le renforcement des échanges, qualifiés positivement de «partenariat », entre parents et enseignants.

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Les résultats de cette enquête ont permis d’ouvrir une réflexion qui « nous a obligé à porter un autre regard sur nos pratiques ! » a conclu Pascal Cotentin au terme de sa présentation.

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* Pascal Cotentin est Conseiller Tice du Recteur.

Premiers pas de la Restauration scolaire sur l’ENT

La place occupée par la restauration scolaire sur les ENT des premiers et seconds degrés demeure souvent marginale. S’il existe des exemples de projets qui renouvellent l’organisation, la gestion et le traitement du repas de midi (à Limoges, dans la Loire ou encore dans le Rhône, pour ne citer que les territoires traités dans ce dossier), d’une manière générale, lorsque l’ENT lui ouvre un espace, elle combine procédure de paiement et communication dans le primaire, et se limite à des missions d’information dans le secondaire.

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Dans le primaire

En l’absence d’un déploiement généralisé de l’ENT dans le primaire, il est difficile d’accéder aux expériences de mise en ligne de services proprement dédiés à la restauration scolaire. A la charge des Communes, elle trouve un traitement numérique sur le site de la collectivité aux côtés des services habituellement proposés (Etat civil, formulaires administratifs divers et inscription aux multiples activités communales). L’onglet renvoie sur des informations relatives aux modalités du déroulement des repas, laisse parfois place à des messages liés à la santé et à l’hygiène alimentaires et peut enfin proposer un service de télépaiement pour le règlement des repas des enfants.

Ces diverses fonctionnalités familiarisent les citoyens avec l’outil informatique, les procédures de télépaiement s’accompagnent par exemple de tutoriels explicatifs (comme sur le site de la Mairie de Vichy ou celui de la Mairie de Mérignac). Le règlement en ligne ne constitue pas une norme encore généralisée mais s’intègre parfaitement à la logique d’espace sécurisé qui caractérise un ENT de l’Education Nationale. A Limoges, par exemple, cette fonctionnalité est désormais intégrée dans son Portail des Ecoles (voir article).

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Dans les établissements du second degré

Dans les collèges et dans les lycées, les services proposés demeurent informatifs : leur activation relève de la décision du chef d’établissement, comme sur l’académie d’Aix-Marseille, à Château-Renard, sur l’ENT du Collège Recoquille, les élèves et les parents peuvent avec leur code et leur identifiant accéder via la vie scolaire aux menus du mois :

Dans d’autres départements, comme dans la Loire, la restauration propose un dispositif complexe qui ne se limite pas aux questions administratives ou à la simple mise en ligne des menus. C’est l’occasion d’aborder les questions qui sensibilisent et dont s’investissent les collectivités :

  • nutrition,
  • hygiène alimentaire,
  • repas issus de l’agriculture biologique,
  • etc.

Depuis peu, la Région Pays de la Loire qui s’est engagée dans une démarche Restauration Durable, recourt à l’ENT pour mutualiser toute information relative à ce dispositif. A la fois espace de communication et d’échanges, le Portail e-lyco propose des outils d’accompagnement et tient le journal des réunions et des conclusions des différents groupes de travail.

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Au-delà des expériences des territoires impliqués, des rencontres avec leurs initiateurs comme leurs utilisateurs, le déploiement de ces usages expriment combien la généralisation des ENT peut soutenir le renouvellement des pratiques, impulser de nouvelles dynamiques, insuffler une nouvelle motivation ! 

Les exemples de Limoges, du Rhône et de la Loire en sont de bonnes illustrations.

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Documentation relative à la restauration scolaire

Recommandations du MEN sur la restauration scolaire en collèges

Indicateurs de performance pour le service public de la restauration scolaire (publication de l’Institut de la Gestion Déléguée en partenariat avec des acteurs publics et privés de la restauration et avec la FCPE et la PEEP, fédérations de parents d’élèves)

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Généralisation de l’ENT en Primaire : l’exemple de la Somme

Depuis 1998, la Somme s’est dotée d’une structure départementale pour conduire l’aménagement numérique de son territoire.

C’est un syndicat mixte, c’est à dire une union de collectivités de natures différentes constituée dans le but de mieux exercer une partie de leurs compétences et de mutualiser certains services communs. Il est dirigé par un comité syndical composé de  représentants élus et présidé par Jean-François VASSEUR, vice président d’Amiens Métropole.

Lire la présentation de Somme numérique dans son intégralité

Voir aussi l’animation de présentation sur son site

Parmi ses missions, Somme numérique assure le déploiement d’un Espace Numérique de Travail dans le premier degré.

ENT primaire Somme Numérique en chiffres
En 2007, 27 écoles sont équipées d’un ENT
Les phases de déploiement : 27 – 48 – 80 – 124
En 2011, 5.800 élèves pour 124 écoles et 257 classes !
Plus d’un million de consultations depuis le lancement de l’ENT

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Lancé en 2007 sur les bases d’une convention de partenariat entre l’éducation nationale et les collectivités représentées au sein du syndicat, le projet de déploiement de l’ENT est désormais entré dans une phase de généralisation.

Son Chef de projet Education & TICE, réduction de la fracture numérique, Jérôme Deprés, revient sur une expérience d’avenir encore marginale dans l’Hexagone.

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Projets-ENT : Pouvez-vous rappeler la genèse du projet de déploiement d’un ENT dans le primaire ?

Jérôme Deprés : En 2007, une expérimentation de l’ENT sur sept écoles a été lancée sur le territoire. Rien n’aurait été possible sans l’existence de Somme numérique, outil technique et juridique de mutualisation, et sans un partenariat entre les différents acteurs. Ce dernier, récemment reconduit (2010-2013), définissait dès l’origine (2007-2010) le rôle de chacun des partenaires ainsi que les différentes phases du déploiement.

Projets-ENT : Quels avantages offre le dispositif Somme Numérique pour le déploiement de l’ENT en primaire ?

Jérôme Deprés : Créé à l’origine pour permettre le déploiement du réseau à l’échelle du Département, Somme Numérique a permis d’offrir un guichet unique tant aux collectivités qu’à l’éducation nationale. 80% des communes du Département sont raccordées au projet par l’intermédiaire des Communautés de Communes membres du Syndicat mixte Somme numérique. Celles qui ne disposent pas déjà de compétences scolaires, des conventions sont établies afin que nous puissions travailler en direct avec leurs Communes membres.

La gestion du projet simplifiée

Au sein de Somme Numérique a été regroupé tout ce qui peut être mutualisé entre collectivités et le syndicat mixte est ainsi coordonnateur d’un seul projet départemental pour la grande majorité des écoles élémentaires. Cette mutualisation est incarnée par la création d’un poste de chef de projet Education et TICE, lutte contre la fracture numérique. Somme Numérique simplifie ainsi les relations avec l’Education nationale, avec les fournisseurs de matériels et logiciels, et le Conseil régional des aides du FEDER.

Des facilités pour lever des fonds

Sans compter que le maire d’une petite commune de 500 habitants peut bénéficier du même service qu’Amiens ! Représentant plus de 80% du territoire, le syndicat peut également solliciter des financements auprès des instances européennes (le Conseil régional, gestionnaire du FEDER a accordé 50% de subvention sur la période 2010-2011) et en faire bénéficier la plus petite commune rattachée au groupement (sachant que plus de 80% des Communes  de la Somme sont peuplées de moins de 2.000 habitants). La mutualisation de la commande publique à travers un groupement de commandes constitué ad hoc et coordonné par Somme numérique, et l’extension du projet aux collèges de la Somme sont permet d’obtenir des prix compétitifs auprès de l’ensemble des fournisseurs.

Projets-ENT : Comment s’est concrètement déroulé le déploiement de l’ENT en primaire ?

Jérôme Deprés : Le déploiement des ENT sur le territoire repose sur la base du volontariat. Avec les acteurs ayant exprimé le désir de s’insérer dans le projet, adhésion matérialisée par l’adoption de la Charte des ENT qui régit le service mutualisé proposé par Somme Numérique, je définis leurs attentes sur l’espace numérique de travail : quels usages et quels outils pour quels objectifs. Ce qui permet en même temps d’évaluer les besoins en matériel dont la collectivité à la charge (ordinateurs, TNI, rétroprojecteurs, etc.). L’équipement est indissociable du déploiement de l’ENT, épine dorsale de l’entrée des écoles dans le numérique !

Un tel dispositif est rassurant pour tous les acteurs :

  • l’enseignant l’intègre à son rythme en fonction de ses besoins ;
  • la collectivité voit le dispositif qu’elle a financé repris dans la durée par les utilisateurs cibles ;
  • l’inspection est assurée de voir la communauté éducative s’approprier progressivement ses nouveaux principes pédagogiques.

Un volontariat au cas par cas

En fonction de ses projets mais aussi de son contexte d’implantation (ENT urbain et ENT rural), chaque école a sa propre problématique. Cette logique du volontariat est appliquée au cas par cas, puisque le déploiement s’effectue par classe et non par école ! Aujourd’hui, dans les 124 écoles équipées, 257 classes sur plus de 300 en sont dotées, soit 5.800 élèves. Ce principe permet de partir avec les enseignants motivés : ils expérimentent l’outil, en enrichissent les fonctionnalités et jouent aussi un rôle important dans le processus de généralisation des bonnes pratiques en termes d’usages numériques pédagogiques.

Des usages personnalisés

Ce qui signifie aussi que chacun a déployé l’ENT dans sa classe en fonction de son projet ! Un Regroupement Pédagogique en milieu rural privilégiera l’outil de communication dans l’ENT (la messagerie), des établissements de Communes plus importantes seront davantage attachés aux contenus, etc. Certaines classes vont très loin dans le développement des usages, d’autres l’utilisent à minima, chacun se les approprient à son rythme.

Des usages avant tout pédagogiques

Au global, ce sont les fonctionnalités groupe de travail (notamment pour l’aide personnalisée aux enfants en difficultés) et les espaces de documents ressources (dictionnaire Robert Junior, le Site.tv, etc.) qui sont les plus utilisés – loin devant les outils de vie scolaire ! En primaire, l’ENT est un élément qui vient favoriser la relation : on ne va pas sur l’ENT pour consulter les notes.

Parents et enfants

Ce sont les élèves qui l’utilisent le plus, puis les enseignants. Il faut signaler que le taux de fréquentation plus faible des comptes parents n’est pas très révélateur. En primaire, beaucoup de parents se connectent avec leurs enfants après la classe et donc sur le compte des élèves pour les accompagner dans leur travail. Les courbes qui s’affolent après 16h45 sont assez révélatrices de cette tendance ! Pour les écoles qui ont effectué cette année leur 4ème rentrée avec l’ENT, l’outil est devenu indispensable : le cahier de texte papier a par exemple totalement disparu !

Projets-ENT : Quelles sont les prochaines échéances ?

Jérôme Deprés : Afin d’assurer la continuité éducative, pouvoir disposer d’un ENT interopérable du primaire au secondaire, nous avons lancé une expérimentation sur 7 collèges avec notre prestataire. Les élèves pourront conserver leur identifiant et leur mot de passe. A ce jour, 20% des écoles sont déployées, le taux sera de 50% dans les trois prochaines années. D’autre part, nous espérons que dans les 18 mois à venir, la quasi-totalité des communautés de communes de la Somme seront membres de Somme Numérique et favoriseront le déploiement de l’ENT sur leur territoire. 

D’après la cartothèque

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Points forts
Le partenariat collectivité inspection permet aujourd’hui de peser sur l’organisation et le déploiement de l’ENT avec les Communes
Une Charte des ENT qui fixe les règles de fonctionnement du service au sein de Somme Numérique
Le territoire commande le projet et l’équipement proposé répond aux attentes pédagogiques des enseignants
Quelque soit la taille de la collectivité, l’effet mutualisant permet de diminuer les coûts d’investissement dans l’équipement grâce à un groupement de commandes constitué ad hoc et coordonné par Somme Numérique

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Dossier ENT’Auvergne

Projets-ent fait étape dans l’académie de Clermont-Ferrand, une des pionniers du déploiement des ENT dans l’Hexagone. L’académie et les 5 collectivités se sont engagées depuis 2005 dans la généralisation de l’ENT. Aujourd’hui, 186 des 196 établissements d’Auvergne ont déjà intégré le dispositif.

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Télécharger la Fiche synthétique du Dossier ENT’Auvergne   

en Basse Définition (2.374 Ko) ou en Haute Définition (6.227 Ko)   

SOMMAIRE  
1- ENT’Auvergne, présentation générale   
2- Ruralité et culture numérique
 3- Du bon usage d’Internet : De la CNIL à la CRIL 

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Pour la réalisation de ce dossier, nous avons rencontré :

  • Gérard Besson, Recteur de l’académie de Clermont-Ferrand
  • René Souchon, Président du Conseil régional d’Auvergne
  • Vincent Descoeur, Président du Conseil général du Cantal
  • Fabien Miedzianowski, Directeur des Systèmes de l’information et de l’Appui aux collectivités, Conseil général du Cantal
  • Jean-Paul Dufrègne, Président du Conseil général de l’Allier
  • Gérard Roche, Président du Conseil général de Haute-Loire
  • Jean-Yves Gouttebel, Président du Conseil général du Puy de Dôme
  • Pierre Danel, CTICE auprès du recteur, Académie de Clermont-Ferrand
  • Jeanine Closset, CTICE adjointe dans l’Académie de Clermont-Ferrand

Mais aussi l’équipe éducative du collège des Portes du Soleil à Maurs  

  • Claudine Vivarez, principale du collège les Portes du Soleil
  •  Sébastien Couderc, professeur de Sciences de la Vie et de la Terre
  • Philippe Martial, professeur de Sciences Physiques
  • Michèle Canet, parent d’élève du collège
  • Jeanne Arthaud et Malik Boussaroque, élèves de 4ème

Qu’ils soient ici tous remerciés pour leur accueil et leur disponibilité.   

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Les NetJournées, échanges et bonnes pratiques sur les ENT

Après les charmes de l’abbatiale de Pont à Mousson, pour leur troisième édition, les NetJournées ont élu domicile sur la Riviera ! L’Académie de Nice, le Conseil général des Alpes-Maritimes et la société ITOP ont en effet invité la communauté éducative à prolonger ses échanges de bonnes pratiques et d’expériences TICE sur l’ENT.

[pour plus de détails, lire le Dossier de presse]

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130 ateliers sur 2 jours

Ce « Forum d’usages », selon l’expression même de ses organisateurs, a rassemblé plus de 500 participants parmi lesquels 17 académies et 35 collectivités étaient représentés. Au-delà du nombre, 130 ateliers proposés sur ces 2 journées (30-31 mars), les premiers retours dessinent déjà quelques tendances :

  • La montée en puissance du primaire

Au regard des deux précédentes éditions, l’effet ENR se fait plus que jamais sentir. Le déploiement des TNI, des classes mobiles et la généralisation des usages TICE à l’école primaire posent plus que jamais la question de leur organisation. Sur sa solution Net’ Ecole, l’éditeur ITOP constate qu’à chaque cycle correspond désormais des usages bien identifiés : en cycle 2, les outils de communication avec les parents (comme le cahier de leçon  qui permet aux parents de palier les difficultés logistiques lors d’une absence de leur enfant) ; en cycle 3, les usages pédagogiques collaboratifs ont rattrapé la fréquence d’utilisation déjà constatée en collège sur Agora06 (voir dossier que Projets-ENT a consacré à l’ENT dans les Alpes-Maritimes). Des expériences originales sont également lancées comme celle pilotée par un directeur d’école dans le Département des Bouches du Rhône qui a créé  un groupe de travail pour faciliter les échanges linguistiques entre sa classe de CM2 et une classe d’Outre-manche !

  • Le module de podcast, une pratique d’usages toujours plus nombreux sur l’ENT

Cet outil facilite grandement la relation entre enseignants et élèves, les premiers pour transmettre des contenus sous la forme de fichiers sons ou vidéos, les seconds pour leur soumettre leurs travaux. La brique est notamment utilisée par les professeurs d’Education Physique et Sportive pour analyser puis améliorer l’exécution de figures demandées aux élèves. Les professeurs de Lettres l’utilisent pour préparer les oraux du bac. Dans les matières scientifiques, des expériences complexes et coûteuses à mettre en œuvre, sont filmées puis partagées dans les différents établissements de l’académie.

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Les nouveautés de l’éditeur pour davantage d’usages sur l’ENT

ITOP éducation a donc profité de ces NetJournées pour présenter quelques innovations qui devraient favoriser l’intensification des usages sur l’ENT :

  • le rachat de la société Bloobyte et de sa brique de vie scolaire Educ-Horus, permet désormais à ITOP de proposer une solution ENT avec une offre de prestation répondant aussi bien aux besoins en usages pédagogiques qu’administratifs.
  • le lancement d’un bouquet numérique permet à ses utilisateurs d’avoir accès à toutes les ressources ITOP en ligne. L’objectif est d’enrichir l’offre éditoriale en agrégeant d’autres éditeurs, « une manière de répondre à l’équation souvent complexe pour les établissements entre l’usage souvent très ponctuel des ressources et leur coût d’achat à l’unité » indique Yannick Joly, directeur commercial/marketing. « C’est une démarche qui doit encore évoluer, tant sur le plan de l’offre en catalogue que sur le plan des stratégies commerciales pour les différents partenaires. »

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D’autres informations concrètes sur le site de Ludovia

Le Conseil général du Puy-de-Dôme et l’ENT

Comme ses trois collègues des Départements auvergnats, Jean-Yves Gouttebel, président du Conseil général du Puy-de-Dôme, s’est plié au jeu des questions qui font la spécificité de son territoire et comment l’ENT et plus largement le numérique constituent un projet structurant.

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Projets-ENT : Quel est le rôle de la collectivité dans le déploiement des ENT dans le Puy-de-Dôme ?

Jean-Yves Gouttebel : Le rôle tenu par les élus du Département est d’abord de donner à tous ses collégiens les meilleurs moyens de construire leur avenir professionnel. Les Technologies de l’Information et de la Communication représentent maintenant une donnée fondamentale sur le plan économique, social et culturel. Il importe donc pour le Conseil général du Puy-de-Dôme que le monde scolaire intègre et maîtrise lui aussi ces nouveaux outils numériques. La collectivité veille par ailleurs à ce que les TICE soient disponibles sur l’ensemble du département, pour garantir une plus grande équité entre les élèves. C’est à ce titre que le Conseil général assure :

  • l’équipement régulier des collèges en réseaux et matériels informatiques,
  • le déploiement de l’ENT dans tous les collèges publics du département par la prise en charge financière des formations et des abonnements.

Projets-ENT : Quelle est la spécificité de votre territoire dans ce dispositif (contexte, enjeux, attentes) ?

Jean-Yves Gouttebel : On pourrait caractériser notre démarche comme concertée, pionnière et volontaire. Aboutissement d’une réflexion et d’une concertation approfondies, le déploiement de l’ENT s’effectue à l’échelle de l’Académie, via un groupement de commandes qui réunit à la fois les quatre Conseils généraux (Allier, Puy-de-Dôme, Haute-Loire, Cantal), le Conseil régional d’Auvergne et le Rectorat. Ce partenariat permet de doter tous les collèges et lycées de la région du même portail de services, dans un souci de continuité éducative et de mobilité interdépartementale. Il a également conduit à des économies d’échelle lors des appels d’offres. Le groupement « ENT-Auvergne » a d’ailleurs été l’un des premiers au niveau national à lancer le dispositif ENT, dès 2006.

Dernière spécificité : la procédure de candidature. L’intégration des collèges du Puy-de-Dôme dans le dispositif ENT s’est faite sur la base du volontariat. Il appartenait en effet aux établissements intéressés de faire acte de candidature, en définissant notamment un projet pédagogique TICE et en mettant en évidence leurs ressources matérielles et humaines. Le Conseil général a ensuite procédé, chaque année, à une sélection d’établissements, en concertation avec le Rectorat et au vu des orientations ci-dessous :

  • des déploiements touchant à la fois le milieu rural et le milieu urbain,
  • une mise à niveau préalable, si besoin, du taux d’équipement de l’établissement porteur du projet.

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Revenir au Kaléidoscope des collectivités

Le Conseil général du Cantal et l’ENT

Comme ses trois collègues des Départements auvergnats, Vincent DESCOEUR, président du Conseil général du Cantal, s’est plié au jeu des questions qui font la spécificité de son territoire et comment l’ENT.

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Projets-ENT : Quel est le rôle de la collectivité dans le déploiement des ENT dans le Cantal ?

Vincent DESCOEUR Depuis les dernières lois de décentralisation, le rôle du Conseil Général auprès de la communauté éducative est central. Il s’agit de contribuer à proposer une offre éducative attractive en travaillant sur de nouveaux modes de communications en relation étroite avec les partenaires (Éducation Nationale, parents, …).

Nous avons généralisé les environnements numériques de travail (ENT) sur l’ensemble des collèges publics depuis 2010, dans le cadre d’un groupement de commande regroupant les départements d’Auvergne et la Région, coordonné par le Rectorat. Ce dernier prend en charge, la formation et l’animation, le Département du Cantal finançant quant à lui l’intégralité de la solution pour un coût annuel net pour le Conseil Général de 40 000 €.

Les ENT permettent de proposer à l’ensemble des acteurs de la communauté éducative (enseignants, administrations, parents et élèves) des services en ligne et donc un établissement ouvert 24 heures sur 20 et 7 jours sur 7. Le présent marché est dévolu à Scolastance pour sa solution Infostance qui tient compte de l’expérience de sa première version et qui s’est vu apporter les améliorations nécessaires.

Conscient que tous les élèves ne sont pas équipés de micro-ordinateur à leur domicile, le Département les a dotés de clefs USB permettant d’embarquer les logiciels et les fichiers nécessaires à leurs usages, et ce quelle que soit la machine utilisée (salle CyberCantal, collège, …). Des tableaux blancs interactifs ont été mis à disposition en 2010 dans les collèges. Le câblage réseau de chaque établissement a été revisité afin de pouvoir connecter l’ensemble des classes et des bureaux aux serveurs ENT.

Projets-ENT : Quelle est la spécificité de votre territoire dans ce dispositif (contexte, enjeux, attentes) ?

Vincent DESCOEUR Le Conseil Général du Cantal s’engage fortement dans le développement des TIC et en particulier dans le développement de nouveaux usages autour des nouvelles technologies. C’est tout naturellement que le Département a souhaité donner une dimension supplémentaire à son action en formalisant et en structurant ses offres autour de services destinés aux citoyens, aux entreprises et aux Collectivités Locales. Elles s’articulent autour de deux axes majeurs :

  • Les usages : CyberCantal
  • Les infrastructures : Téléphonie mobile, Haut et très Haut Débit

En 1998, le Conseil Général a initié le plan CYBERCANTAL qui  a permis de déployer dans chaque collège, et dans chacune des 260 communes du Cantal, 200 Espaces Publics Numériques (matériels informatiques et multimédia) ouverts au public avec le soutien d’un animateur. Face à l’évolution des techniques et aux changements des comportements vis-à-vis des Technologies de l’Information et de la Communication, il a été décidé en 2004 de mettre en œuvre une deuxième phase de ce plan accès sur les usages. C’est l’objet du dispositif Cybercantal 2011 qui se décline en trois volets :

  • CyberCantal Télécentres : développement du télétravail et des télécentres.
  • CyberCantal Services : développement de l’e-administration (Maisons de Services Publics, Bornes Web et Visio, Dématérialisation, …).
  • CyberCantal Education : (voir question 1).

Tout ceci est rendu possible grâce à la couverture de notre territoire en haut débit, 99,6% en ADSL et 0,4% par satellite pris en charge intégralement à parité par le Département et la Région (109 foyers équipés à ce jour).  Cette opération d’envergure co-pilotée avec la Région s’inscrit dans le cadre d’un Partenariat Public Privé conclu avec l’opérateur Orange.

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De la CNIL à la CRIL

Avec le déploiement des ENT, l’entrée dans une généralisation massive des usages de l’Internet interroge nécessairement ses utilisateurs sur les questions d’identité numérique et de protection des données personnelles. Depuis 2009, l’académie en a fait sa priorité.

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Gérard Besson, Recteur de l’académie de Clermont-Ferrand, présente les enjeux et les grandes lignes d’un dispositif original abordant les questions du bon usage d’Internet.

Projets-ENT : Pouvez-vous rappeler les objectifs à l’origine du projet ?

Gérard BessonLe déploiement des nouvelles technologies d’information et de communication implique plus que jamais l’école dans une réflexion sur la maîtrise responsable de ses usages, et notamment en termes de protections des données personnelles. C’est pourquoi l’académie de Clermont-Ferrand en a fait un axe pédagogique prioritaire dès l’année scolaire 2009-2010. Nous nous sommes rapprochés de la CNIL avec laquelle nos échanges ont été rapidement très fructueux. Dès la rentrée 2010, nous mettions en place la « Commission Rectorale Informatique et Libertés » ! Placée sous l’autorité du Recteur, la CRIL est chargée du pilotage du projet de formation de tous les élèves de l’académie à l’Internet responsable. Cette démarche s’inscrit parfaitement dans le « Plan de développement des usages du numérique à l’Ecole » présenté par le Ministre de l’Education nationale, le 25 novembre dernier. La formation des élèves à l’usage des technologies numériques, et notamment à un usage responsable des TIC, y apparaît comme une priorité. Cela se trouve d’ores et déjà pris en compte dans le socle commun de connaissances et de compétences qui se met en place dans les collèges et se traduira par la rénovation du B2I. En novembre, l’académie de Clermont-Ferrand a été la première a faire bénéficier ses chefs d’établissement (un par bassin) d’une formation à la CNIL

[Lire aussi l'article consacré au Guide pour l'enseignement du second degré
publié en janvier 2011 par la CNIL].

Projets-ENT : Quels sont les grands enjeux du bon usage d’Internet pour les élèves ?

Gérard Besson : La question de la protection des mineurs dans l’univers de l’Internet a commencé par la mise en place de dispositifs de filtrage des sites accessibles aux élèves dans leurs établissements. Mais aujourd’hui, compte tenu de la multiplicité des lieux d’usage, cette protection n’est pas généralisée à tous les points d’accès des jeunes à Internet. De plus, le développement des blogs et des réseaux sociaux fait des internautes eux-mêmes les premiers responsables de la diffusion d’informations personnelles les concernant. Dès lors, la maîtrise leur échappe tout comme la gestion de la trace de ces informations. De ce fait, l’enjeu principal est bien la formation des élèves. Toutefois, la réussite dans ce domaine passe par la capacité des enseignants à maîtriser les questions qui se posent et à transmettre les comportements aptes à développer le sens des responsabilités des élèves, en un mot, à transmettre de bonnes pratiques.

Il serait maladroit de se focaliser seulement sur la transgression des règles et des lois en restant sur les seules questions de délinquance qui ne concernent qu’une minorité de personnes alors que l’enjeu concerne l’ensemble de la population. Ceci est d’autant plus important qu’il ne s’agit pas de développer des craintes à l’heure où les usages de l’Internet sont incontournables tant dans le champ professionnel que personnel. L’ambition de l’éducation est bien de mettre les TIC au service des apprentissages scientifiques et éducatifs. Les jeunes souhaitent être et seront de plus en plus usagers de l’Internet.

Projets-ENT : Comment le dispositif se met-il en place ?

Gérard Besson : L’étendue de la tâche est considérable puisque dans notre académie la formation à l’Internet responsable concerne plus de 60.000 collégiens et 37.000 lycéens. Avec l’aide de la CNIL, la « commission rectorale Informatique et libertés » a pour mission de piloter l’ensemble des actions engagées sur la protection des données personnelles et de la vie privée à destination des élèves et de tous les personnels de l’académie. Dans chaque bassin de formation, un Correspondant Informatique et Libertés de Bassin (CILB) est désigné. Il est le référent local pour tous les sujets qui concernent la protection des données et l’usage responsable du numérique à l’Ecole. Il assure une veille sur les textes législatifs et a un rôle d’animation, d’information auprès des acteurs de terrain. Chaque bassin devra bâtir un programme d’action destiné à mettre en œuvre les orientations académiques dans les établissements.

 

Projets-ENT : Comment s’organise le déploiement de ce dispositif ?

Gérard Besson : Lors de la première réunion de la CRIL, nous sommes tombés d’accord sur un certain nombre de propositions d’actions. Notre premier engagement est d’abord de faire connaître la CRIL et ses missions auprès des établissements, des parents d’élèves mais aussi des élèves à travers le Conseil académique de la vie lycéenne (CAVL) qui dispose d’une commission « Droits et devoirs des lycéens » qui doit s’emparer du sujet. Un module « Numérique responsable » sera notamment intégré à la formation des délégués. Cela passe aussi par plus de formation à destination des publics cibles (élèves, professeurs, personnels et parents d’élèves) avec le soutien d’instances spécialisées : le CLEMI* (Centre de Liaison de l’Enseignement et des Médias d’Information), l’ESEN (Ecole Supérieure de l’Education Nationale) qui prépare un parcours de formation à distance des cadres, etc. 

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* Le CLEMI est chargé de l’éducation aux médias dans l’ensemble du système éducatif français depuis 1983. Il a pour mission d’apprendre aux élèves une pratique citoyenne des médias. Cet objectif s’appuie sur des partenariats dynamiques entre enseignants et professionnels de l’information. Tous les enseignants, quels que soient leur niveau et leur discipline peuvent avoir recours au CLEMI, tant au plan national que régional, pour se former, obtenir des conseils ou des ressources.

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