Réflexion prospective à mener en matière de Haut Débit
Commencée en 2007, l’étude menée par le cabinet SAGATEL, pour le compte de la Caisse des Dépôts, en partenariat avec le Ministère de l’Education Nationale, porte sur la nécessité d’anticiper les modes de connexions dans les établissements du secondaire équipés d’un ENT. Elle s’est déroulée en trois temps et a distingué une phase d’évaluation théorique en partant de l’existant, un ajustement à partir d’une enquête terrain, avec notamment une typologie des usages, avant de se livrer à une analyse prospective à 5 et 10 ans.
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Un travail de modélisation réalisé à partir des usages TICE de 80 établissements de la région Provence Alpes Côtes d’Azur a permis de définir les usages et les débits nécessaires sur une journée type. L’ensemble des données collectées a été réparti par discipline et exprimé en débit sur le déroulement de la journée (par niveau de classes, par nombre de classes occupées, par matière et par type d’usages). L’étude a également pris en compte le taux d’équipement des salles de classe en Tableaux Blancs Interactifs (TBI) et le déploiement de l’ENT. Le cabinet SAGATEL a posé l’hypothèse que à 5 ans toutes les salles seraient équipées de TBI et qu’une salle sur trois sera équipée d’ordinateurs individuels pour les élèves ; à 10 ans, toutes les salles seraient équipées avec un ordinateur par élève.
L’introduction des TICE à l’école modifie les méthodes d’enseignement et d’apprentissage. Il existe 3 types d’usagers : les administratifs (peu dimensionnant), les enseignants (en cours dirigés ou à titre individuel) et les élèves. Pour ces deux derniers, le cabinet SAGATEL a dégagé 5 types d’usages génériques : les cours, les exercices, la navigation web, la vidéo mais aussi la visioconférence et a distingué les usages en groupes des usages individuels.
Ces modélisations de projections virtuelles en termes d’équipements et d’usages ont permis d’évaluer des débits lissés sur la durée d’une séance de cours et au-delà sur l’ensemble de la journée. Pour les usages collectifs en classe, les heures critiques d’utilisation correspondent au milieu de l’après-midi autour de 15 heures, alors que pour les usages individuels, les phases de saturation arrivent un peu plus tard (16 heures – 17 heures).
Au pic de la journée, les débits ont été estimés pour les usages individuels, à :
| Collège | Lycée | |
| A 5 ans | 3,5 Mbit/s | 13 Mbit/s |
| A 10 ans | 6 Mbit/s | 20 Mbit/s |
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Au total, les besoins en débits pour les collèges et les lycées sont évalués comme suit :
A 5 ans, en heure de pointe on atteint des débits de :
42 Mbit/s dans les lycées 18 Mbit/s dans les collègesA 10 ans, les chiffres atteignent respectivement 60 Mbit/s et 27 Mbit/s !
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Le cabinet SAGATEL conclut qu’à 10 ans, dans les collèges et dans les lycées on aura besoin de plus de 10 Mbit/s de débit, là où la technologie des réseaux en cuivre ne permet pas aujourd’hui de dépasser ce seuil. Le passage à la fibre optique est donc à anticiper, même si les usages des TICE connaissent des variables importantes d’un utilisateur à l’autre, et d’un établissement à l’autre.
Educatice-Educatec : ENT et confiance numérique
Quelle confiance les enseignants, les élèves, les parents, les personnels des différentes administrations concernées peuvent-ils avoir dans ces gigantesques systèmes d’information numérique ? Qu’est-ce que la confiance dans les services numérique ? Pourquoi s’en préoccuper ? Que doit-on garantir ? Comment la construire ? Qui en est responsable ?
La confiance numérique ou comment organiser notre société à l’ère du numérique
Adjointe chef de service « Services et usages numériques » au Département du Développement Numérique des Territoires à la Caisse des Dépôts (CDC), Maud Franca définit la confiance numérique comme la condition sine qua non au développement des usages dans le numérique. « Créer les environnements de confiance numérique doit permettre aux citoyens de pouvoir agir en toute sécurité et liberté sur Internet, en étant garantis que leurs droits fondamentaux soient respectés à l’ère du numérique : respect de la vie privé, protection des données personnelles…. Or, le Baromètre de confiance des français dans le numérique établi par la CDC et l’ACSEL, révèle que, si les risques encourus sont perçus par les internautes quand ils exposent leurs données personnelles sur internet la valeur d’usages des services proposés et leur praticitée l’emportent souvent au détriment de la sécurité. Les internautes attendent que ces garanties de sécurité et l’exercice de leurs droits fondamentaux soient assurés par l’Etat, les services publics puis par les opérateurs et producteurs des services qu’ils utilisent. Les Français font confiance aux services publics dans le numérique et aux moyens qu’ils vont mettre en œuvre pour sécuriser les usages numériques ».
Aussi, les ENT contribuent-ils à développer un cadre de confiance pour l’utilisation des services numériques. Encore faut-il prendre en compte et anticiper les risques qui peuvent subsister : la forte présence de mineurs parmi les utilisateurs, la disponibilité des services liée à la stabilité des solutions techniques, la pérennité des structures qui les portent et les font évoluer. Portés par des projets et des partenariats associant l’Etat et les collectivités locales, les ENT n’en demeurent pas moins un outil et un levier de la confiance numérique !
Juriste au service juridique de la CNIL, Elise Wolton rappelle que cette autorité administrative indépendante intervient dès qu’il est question de traitements de données à caractère personnel - soit de la création de tout fichier informatique au sein duquel sont organisées des informations qui permettent directement ou indirectement la reconnaissance d’une personne et qui est donc soumis à la Loi Informatique et Liberté. La création d’un ENT répond à cinq grands principes :
- La finalité du fichier doit être explicite, déterminée et légitime
- La collecte des données doit respecter le principe de proportionnalité
- La durée de conservation est limitée et précise
- La sécurité garantit la validité juridique de l’ensemble
- Le droit d’accès, de modification et de correction des données incombe au chef d’établissement, responsable de traitement sur l’ENT .
La CNIL a initié un travail d’accompagnement auprès de la communauté éducative sur les risques d’Internet et doit publier à cet effet un Guide de l’informatique et des libertés qui sera adressé courant décembre aux chefs d’établissement pour répondre aux questions qu’Internet pose au quotidien, dans et hors ENT, aux enseignants, aux élèves comme aux parents.
Il existe déjà un formulaire de déclaration simplifié à la CNIL pour les établissements qui généralisent l’ENT.
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La confiance numérique et les ENT : la pratique sur le terrain
Les conditions et les pré-requis au déploiement d’un ENT apportent des réponses au traitement de la confiance numérique
E-lyco en Pays de Loire…
Comme le rappelle Yves Nivelle, chargé de mission ENT à la Région Pays de Loire, « la confiance c’est d’abord une confiance mutuelle entre les acteurs publics et une adhésion des utilisateurs aux services proposés par l’ENT ». Une confiance mutuelle gravée dans le marbre avec la signature d’un accord cadre de partenariat, entre des acteurs d’origine très diverse mais aussi avec une convention de groupement de commande pour le choix de la Solution. La multiplicité des acteurs pose la question de la sécurisation et de la simplicité d’accessibilité. C’est pourquoi, comme le souligne Yves Nivelle, « la question de l’authentification a fait l’objet d’une attention particulière dans le respect des politiques de sécurité des différentes institutions. Un guichet d’authentification a été mis en place au niveau de chaque système d’information de l’institution dont l’utilisateur qui se connecte dépend. La fédération d’identité sur E-Lyco permet à chaque usager de se reconnaître en se retrouvant dans son environnement. » De la même manière, les parents créent leur compte sans passer par un système non sécurisé d’envoi de codes par la poste…, pire par mails !
Conseiller TICE à l’académie de Nantes, Patrick Ducler rappelle que la confiance numérique reste à construire comme l’illustre l’exemple des élèves et des enseignants qui font toute confiance à Facebook, espace par nature non sécurisé, mais hésitent à investir les espaces totalement sécurisés qui leur sont dédiés sur les ENT. C’est pourquoi, « la confiance ne naît pas seulement de la connaissance des garanties institutionnelles et juridiques, mais également d’une relation partenariale forte qui se construit entre pairs et d’une éducation ». A cette fin, l’ENT E-Lyco permet de « développer des réseaux de professeurs, de documentalistes, des réseaux de chefs d’établissement, afin que chacun puisse réfléchir et contribuer librement à la manière de construire cet espace de confiance. »
… et Agora06 dans les Alpes-Maritimes
Comme le martèle Dominique Maissa, principal du collège Raoul Dufy à Nice, lors des formations de ses pairs qui accompagnent le déploiement d’Agora06 : « tout chef d’établissement doit garder la main sur l’ENT. » Mais dans cette communauté de plus de 3.000 personnes en place depuis septembre 2009, si les usages se développent de manière satisfaisante, les utilisateurs se montrent encore trop désinvoltes aux questions de sécurité ! La gestion des mots de passe est par exemple un chantier de sensibilisation qui peut passer par l’information aux différentes communautés (voir Dossier consacré à Agora06). Par exemple en classe de cinquième, une heure de cours est désormais consacrée aux TICE et aborder cette question. Comme le rappelle André Marcant, conseiller TICE auprès du recteur de l’académie de Nice, la confiance numérique repose sur trois grands principes : la certification de la Solution, les conventions signées entre les parties prenantes et la formation. Le suivi de l’ensemble de ces actions permet de consolider cette confiance.
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La confiance passe par la contractualisation
Chef produit chez AFNOR Certification, Philippe Bourdalé précise que la certification répond à la nécessité de garantir les caractéristiques des services fournis à des utilisateurs. Le processus de certification de la conception des ENT s’est appuyé sur le SDET et sur un large panel d’experts et acteurs de la généralisation. Il s’agit pour chaque éditeur d’obtenir la certification AFAQ Engagement de Service au regard d’un certain nombre de critères techniques et d’organisation, afin de démontrer qu’il est non seulement capable de répondre à l’offre et d’en assurer le maintien et l’évolution. Un cycle de certification est établi sur trois ans et chaque année l’entreprise certifiée doit démontrer qu’elle respecte les exigences du référentiel. La certification est un outil qui vient compléter ceux déjà en place dans l’environnement des ENT et qui agit à la fois sur les dimensions qualité et sécurité du produit mais également, pérennité de la structure qui le porte.
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La liberté, clé de voûte de la confiance !
« Poser la question de la confiance numérique à l’École, conclut Paul Mathias, Inspecteur général de l’Education Nationale, ce n’est privilégier ni le contrôle des accès, ni la régulation des contenus. C’est plutôt interroger le rapport de l’élève aux savoirs et du professeur à leur diffusion. Car la confiance germe là où les règles acceptent de faire silence. Parier sur la confiance numérique, c’est parier sur la créativité des élèves et sur la capacité qu’ont les équipes pédagogiques de leur faire prendre la mesure des opportunités intellectuelles que leur ouvrent l’outil informatique et les réseaux. De nouvelles manières d’apprendre et de nouvelles écritures surgissent au cœur des espaces numériques. La maîtrise n’en a rien d’évident. La confiance que l’Institution doit à ses représentants comme à ses bénéficiaires – les élèves et leur famille – doit principalement s’exprimer dans l’aménagement de leur liberté de créer, de s’exprimer et de faire. Ce n’est que la liberté, qu’il faut leur préserver, de créer le monde et la culture qui seront les leurs. »
Remise des trophées des Technologies Educatives à Educatice
La deuxième édition des Trophées des Technologies Educatives a récompensé lors d’une cérémonie de remise à l’occasion du dernier salon Educatice-Educatec (jeudi 25 novembre 2010), les initiatives les plus innovantes portées par les collectivités territoriales en matière de TICE.
Organisé par la Caisse des Dépôts en partenariat avec le Groupe AEF et le salon Educatice-Educatec, le concours a récompensé :
Dans la catégorie Innovation :
- Le premier prix est remis à l’Association Axelera, pôle de compétitivité pour son projet « Mission à Carbone City »
Ce jeu de rôle pédagogique s’articule autour de cinq thématiques pour sensibiliser les jeunes aux enjeux de la chimie. Cette opération itinérante sillonne les collèges rhônalpins et met en scène une enquête journalistique en ayant recours à toute sorte de technologies innovantes.
- Le deuxième prix est remis au Conseil Général de la Meuse pour son projet « un pas de plus vers le numérique »
Le projet s’est attaché à équiper l’ensemble des élèves de sixième d’un outil baladeur MP3 pour favoriser l’apprentissage des langues vivantes.
- Une mention spéciale est remise à l’Ecole de la deuxième chance de Marseille pour son projet EDA – E2C
EDA-E2C est une plateforme informatique et organisationnelle de formation à distance de type « blended », adaptée à un public de faible niveau, et structurée pour permettre au formateur de suivre en temps réel et à distance les progrès des stagiaires.
Dans la catégorie Politique globale :
- Le premier prix ex-æquo est remis au Groupement d’Intérêt Public pour son projet NetoCentre et au groupement de commande de la région Pays de Loire, les départements du Maine et Loire, de la Mayenne, de la Sarthe, de la Vendée et de l’académie de Nantes pour son projet E-Lyco.
Le projet NetoCentre a permis la mise en place d’un ENT basé sur des logiciels libres à l’ensemble des publics de la formation.
Le projet E-Lyco offrira d’ici quatre ans, à l’ensemble des lycéens et collégiens de la région Pays de Loire, aussi bien publics que privés, ainsi qu’à leurs parents et enseignants, un ENT commun
- Le deuxième prix est remis à la Mairie d’Elancourt pour son projet « Ecole numérique à Elancourt »
Ce projet vise à déployer des technologies de l’information à l’école pour réduire la fracture numérique notamment dans les quartiers sensibles et à moderniser la pédagogie.
- Une mention spéciale est remise au Conseil Général de la Moselle pour son projet d’infrastructure « Client léger » basée sur le très Haut Débit.
Le dispositif « Client léger » permet de raccorder 94 collèges publics au réseau Haut Débit de la Moselle et donc également de sécuriser, fiabiliser et simplifier le fonctionnement et la maintenance des parcs informatiques au niveau de chaque établissement (voir article sur Projets ENT consacré au « Client léger »).
Expérimentations du cahier de textes
« Le cahier de textes en ligne prend une place à part entière dans le fonctionnement pédagogique et didactique des classes,
… place que ne prenait pas le cahier de textes papier. »
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En proposant des exemples d’utilisations du cahier de textes numérique, l’académie de Nantes prolonge concrètement l’impulsion donnée par la circulaire de la DGESCO pour sa généralisation à la rentrée 2011.
L’article abondamment illustré (on trouve aussi en téléchargement un fichier qui rend compte de plusieurs expérimentations pédagogiques du cahier de textes numérique ), montre combien ce nouvel outil est à la fois facile d’accès et comment la diversité de ses usages favorise une nouvelle organisation des échanges pédagogiques, développe l’esprit méthodologique et permet de mettre en ligne un grand nombre de contenus.
ENT dans tous ses états
Le Haut Conseil de l’Education publie un rapport d’une vingtaine de pages sur « Le numérique à l’Ecole ». Etat des usages TICE dont il faut accroître et diversifier les pratiques, état de la situation de l’éducation numérique en France dans le monde, état des expérimentations des ENT sur le territoire et des projets intégrés (programme Ecoles numériques rurales, manuels numériques ou plus localement les expériences à valoriser)… Le rapport s’arrête enfin sur les enjeux et les stratégies de développement induits par le Grand emprunt. L’état, l’état, l’Etat ? C’est nous ! (06-05-2010) - Lire le rapport
Cartable allégé en Haute Marne
Le ministre de l’éducation fait la promotion du cartable numérique dans les écoles françaises : ici à Chaumont rapporté par le Journal de la Haute Marne (04/09/2009) – Voir l’article
Partir de la définition de l’ENT du MEN
Pour définir les ENT, on peut recourir soit à l’image soit au texte : les uns se satisferont du schéma proposé par l’Agence des Usages TICE, les autres liront la définition qu’en donne le Ministère de l’Education Nationale :
Les espaces numériques de travail (E.N.T.) Un espace ou environnement numérique de travail (E.N.T.) est un ensemble de services en ligne mis à la disposition de la communauté éducative. Chaque personne dispose d’un espace personnalisé qui rassemble ce dont elle a besoin pour travailler, apprendre ou accompagner la scolarité de ses enfants. Élèves, professeurs, parents, intervenants de collectivités territoriales peuvent accéder à ces bureaux virtuels depuis n’importe quel ordinateur connecté à Internet. Ils y trouvent des informations sur la vie scolaire, des éléments de cours mis à la disposition par les professeurs, des exercices, leur emploi du temps, etc. Le rôle de chacun est respecté. Les élèves se familiarisent avec des usages des technologies et le fonctionnement des établissements scolaires se modernise. Les E.N.T. favorisent l’équipement des foyers et leur connexion à Internet. Ils contribuent à la réduction de la fracture numérique. Le taux d’équipement des familles ayant des enfants scolarisés est près de deux fois plus élevé que celui des autres familles.
En complément, on peut aussi consulter un dossier très complet dans La Lettre d’Information n° 21 (octobre 2006) consacré aux « Environnements Numériques de Travail en milieu scolaire » !

