Projets ENT

Le site de la génération ENT

Usages du numérique en nuages de mots

Soucieuse d’affiner sa vision des usages du numérique en milieu scolaire, l’académie de Versailles a mené une enquête qualitative originale : donner toutes les conditions favorables pour libérer la parole des utilisateurs des outils numériques en primaire en collège. Un échange en nuage de mots.

Pascal Cotentin* en a présenté le dispositif et les conclusions lors de la Journée Porteurs de projets à EducaTICE.

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Pour analyser directement sur le terrain la réalité des usages des outils numériques des différents utilisateurs cibles (élèves, enseignants, personnels administratifs et parents), le CRDP de l’académie de Versailles a réalisé une enquête en suivant une méthode inédite. Il a demandé à un chercheur non spécialiste de la thématique éducation d’interviewer, sur une période de 15 jours, et d’analyser les réponses de 29 enseignants de la circonscription d’Élancourt. Ces interviews, d’une durée d’une heure, se sont déroulées sur le lieu de travail des enseignants et pendant les heures de cours, chacun ayant été remplacé devant les élèves pendant la durée d’un entretien dont la qualité a été optimisée par cette mesure.

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Les personnes interrogées parlent de leurs « pratiques » plutôt que de leurs « usages »

Leurs réponses ont été enregistrées puis retranscrites et présentées sous forme de nuages de mots dont la taille affichée dépend de la fréquence d’utilisation. Plus un mot est employé, plus il apparaît grossi. Et, pour chaque question, c’est le mot « pratiques » qui ressortait sémantiquement et visuellement !

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Un échange autour de mots qui libèrent la parole !

L’enquête confirme de façon claire la réalité des différences d’approches, de pratiques et d’usages pédagogiques entre les publics (maternelle, élémentaire et collège). Elle souligne aussi des attentes déjà identifiées (formation, accompagnement, ressources) ou des tendances immuables (la mission d’un enseignant reste d’apprendre, de transmettre des connaissances, de donner une méthodologie, etc.). Mais, au-delà, les résultats de cette enquête, immédiatement perceptibles à travers le nuage de mots, invite les acteurs de la communauté éducative à s’interroger.

Du côté des enseignants,

l’enquête met au jour la réalité des nouvelles pratiques et l’évolution des attitudes de l’enseignant dans sa classe et dans son métier (Pascal Cotentin souligne par exemple que « l’entrée de la technologie dans la classe favorise les échanges entre enseignants qui partagent cette expérience nouvelle dans leurs pratiques, permet aussi des échanges de compétences et d’expériences entre jeunes et anciennes générations d’enseignants »)

… des élèves,

l’enquête assoit la pertinence des outils utilisés (il est notamment apparu que l’appareil photo numérique, outil peu utilisé à l’intérieur de la classe, était cependant perçu comme un complément indispensable du TNI).

… et des parents

Il est clair que la vision des parents sur l’école est sensiblement modifiée par les outils numériques synonymes d’ouverture et de modernité. L’enquête montre également le renforcement des échanges, qualifiés positivement de «partenariat », entre parents et enseignants.

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Les résultats de cette enquête ont permis d’ouvrir une réflexion qui « nous a obligé à porter un autre regard sur nos pratiques ! » a conclu Pascal Cotentin au terme de sa présentation.

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* Pascal Cotentin est Conseiller Tice du Recteur.

ENT : sur les traces de Ludovia 2011

Comme chaque année, rendez-vous est désormais pris à Ax-les-Thermes, lors du dernier week-end d’août, pour une Université d’été consacrée aux nouvelles technologies.

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  • C’est l’été, le côté « tongs et short » favorise la liberté des propos dans un esprit de franche cordialité ;
  • l’université implique séminaires, ExplorCamp (travaux pratiques), conférences dans un grand amphi, BarCamp (discussions jusqu’au bout de la nuit), et comme pour accentuer le côté « on traite de questions sérieuses en s’amusant », un Biathlon numérique (Réalisation d’une ressource numérique et concours de pétanque)….

… Bref, l’esprit studieux et festif, inventif et polémique, joueur et ouvert…

Pour reprendre les propos de son organisateur Eric Fourcaud (voir site de Ludovia 2011), un « évènement non traditionnel » qui a pour objet de bousculer les idées reçues et de débattre pour faire avancer les projets.

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Côté ENT

Outre la présence des industriels éditeurs de Solutions : Axess OMTCampus, Itop EducationKosmos, LibCAst, etc.

…  acteurs publics et territoriaux se sont succédés à la tribune et se sont pliés au jeu des questions et du partage d’expérience.

  • Parmi eux, les participants ont retenu le Team building proposé par l’Académie de Créteil. Invitée d’honneur de Ludovia 2011, la délégation de Créteil a eu l’occasion de démontrer son esprit d’équipe tout au long de l’évènement à travers la présentation de projets innovants (usages sur l’ENT, baladodiffusion, jeux sérieux, etc.) mis en œuvre par ses enseignants (programme des interventions).
  1. Achèvement du déploiement : 500.000 comptes d’ici la fin 2011
  2. Intensification de l’accompagnement animé par l’académie autour des « Pôles d’appui« 
  3. Entrée active dans l’ENT du premier degré dès la rentrée 2011 sous la forme d’une expérimentation dans 59 écoles (soit 240 classes et 5.491 élèves).

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Rendez-vous est pris pour 2012, avec déjà un premier scoop, l’évènement se tiendrait plutôt lors de la première quinzaine de juillet !

Le numérique enjeu du désenclavement dans l’Oise

Pour le Conseil Général de l’Oise, la rentrée est l’occasion de dresser le bilan des actions menées depuis 2008 en vue de généraliser le tout numérique dans les collèges de son territoire (Lire le détail des actions menées sur le Communiqué de presse du 25/08/2011).

Deux acronymes résument l’ampleur de son engagement : Ordi60 et Péo60 !

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Le dispositif Ordi60 dépasse largement la simple dotation d’un ordinateur portable aux collégiens de l’Oise (un plan sur 3 ans destiné aux 81 collèges publics et privés du Département soit plus de 37 000 élèves) :

Un véritable projet de société (…) offrant aux collégiens et à leur famille une véritable bibliothèque des savoirs avec plus de 60 logiciels éducatifs intégrés dans un ordinateur portable remis à l’ensemble des collégiens et des équipes éducatives (encyclopédie, dictionnaires de français et de langue, atlas, supports sur l’orientation, la prévention routière, les gestes de premiers secours etc.).

(Pour en savoir plus, lire la présentation du projet sur le site)

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Lancé en mars 2009, Péo60, acronyme de Portail éducatif de l’Oise, met à disposition de la communauté éducative un espace pédagogique d’échanges et de travail. Le déploiement entre dans sa troisième et dernière phase de généralisation prévue pour fin 2011 (voir calendrier de déploiement).
En partenariat avec l’Education nationale, le Département a inscrit la généralisation du numérique au collège en deux temps :
  • donner accès à l’outil et permettre sa maîtrise individuelle (Ordi60)
  • ouvrir un espace communautaire sur lequel de nouveaux usages sont proposés : Péo60 a ainsi récemment intégré un service de soutien scolaire (Paraschool) auquel tous les élèves sont abonnés.
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Enfin, la stimulation des usages sur l’ENT n’aurait pas de sens si elle ne s’accompagnait d’une montée en puissance des infrastructures réseaux. Le plan Collège « 100% numérique » l’intègre également ! D’ici la fin 2011, la fibre optique équipera tous les collèges publics et privés du Département.

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Voir un exemple de mutualisation et d’activation de l’ENT sur l’ultra-portable, une séquence découverte du tir à l’arc menée en Education Physique et Sportive dans le collège de Noyon.

et Savoir : ITOP Orange, Solution ENT
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Actions TICE, l’heure des bilans dans l’académie de Nice

Qui dit fin d’année scolaire, dit conseils de classes, bulletins et passages dans la classe supérieure ! Les ENT des Alpes Maritimes et du Var, n’y échappent pas… La MATICE de l’Académie de Nice publie le récapitulatif des chiffres et grandes tendances de la généralisation de l’ENT dans les deux Départements.

Un document qui vient compléter le Dossier sur Agora06 consacré par Projets-ENT il y a tout juste un an. Une manière aussi d’apprécier le chemin parcouru depuis !

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Vu sur le Bilan :

450.000 connexions par mois sur les ENT des collèges des Alpes maritimes

On se reportera notamment au Tableau des usages de l’ENT par établissement dont il ressort une appropriation toujours plus forte par les enseignants. La répartition des usages sur l’ensemble des collèges des Alpes Maritimes (86 établissements, publics et privés confondus) démontrent la domination sans partages de l’utilisation des ressources en lignes.

Parmi les grands chantiers d’expérimentation, ce Bilan revient sur les manuels numériques, la baladodiffusion, le cahier de texte numérique ou encore la préparation du lancement en 2011-2012 d’une expérimentation de l’ENT sur 127 écoles de premier degré !

Lire le Bilan des actions TICE 2010-2011 en intégralité

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Dossier ENT’Auvergne

Projets-ent fait étape dans l’académie de Clermont-Ferrand, une des pionniers du déploiement des ENT dans l’Hexagone. L’académie et les 5 collectivités se sont engagées depuis 2005 dans la généralisation de l’ENT. Aujourd’hui, 186 des 196 établissements d’Auvergne ont déjà intégré le dispositif.

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Télécharger la Fiche synthétique du Dossier ENT’Auvergne   

en Basse Définition (2.374 Ko) ou en Haute Définition (6.227 Ko)   

SOMMAIRE  
1- ENT’Auvergne, présentation générale   
2- Ruralité et culture numérique
 3- Du bon usage d’Internet : De la CNIL à la CRIL 

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Pour la réalisation de ce dossier, nous avons rencontré :

  • Gérard Besson, Recteur de l’académie de Clermont-Ferrand
  • René Souchon, Président du Conseil régional d’Auvergne
  • Vincent Descoeur, Président du Conseil général du Cantal
  • Fabien Miedzianowski, Directeur des Systèmes de l’information et de l’Appui aux collectivités, Conseil général du Cantal
  • Jean-Paul Dufrègne, Président du Conseil général de l’Allier
  • Gérard Roche, Président du Conseil général de Haute-Loire
  • Jean-Yves Gouttebel, Président du Conseil général du Puy de Dôme
  • Pierre Danel, CTICE auprès du recteur, Académie de Clermont-Ferrand
  • Jeanine Closset, CTICE adjointe dans l’Académie de Clermont-Ferrand

Mais aussi l’équipe éducative du collège des Portes du Soleil à Maurs  

  • Claudine Vivarez, principale du collège les Portes du Soleil
  •  Sébastien Couderc, professeur de Sciences de la Vie et de la Terre
  • Philippe Martial, professeur de Sciences Physiques
  • Michèle Canet, parent d’élève du collège
  • Jeanne Arthaud et Malik Boussaroque, élèves de 4ème

Qu’ils soient ici tous remerciés pour leur accueil et leur disponibilité.   

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Les NetJournées, échanges et bonnes pratiques sur les ENT

Après les charmes de l’abbatiale de Pont à Mousson, pour leur troisième édition, les NetJournées ont élu domicile sur la Riviera ! L’Académie de Nice, le Conseil général des Alpes-Maritimes et la société ITOP ont en effet invité la communauté éducative à prolonger ses échanges de bonnes pratiques et d’expériences TICE sur l’ENT.

[pour plus de détails, lire le Dossier de presse]

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130 ateliers sur 2 jours

Ce « Forum d’usages », selon l’expression même de ses organisateurs, a rassemblé plus de 500 participants parmi lesquels 17 académies et 35 collectivités étaient représentés. Au-delà du nombre, 130 ateliers proposés sur ces 2 journées (30-31 mars), les premiers retours dessinent déjà quelques tendances :

  • La montée en puissance du primaire

Au regard des deux précédentes éditions, l’effet ENR se fait plus que jamais sentir. Le déploiement des TNI, des classes mobiles et la généralisation des usages TICE à l’école primaire posent plus que jamais la question de leur organisation. Sur sa solution Net’ Ecole, l’éditeur ITOP constate qu’à chaque cycle correspond désormais des usages bien identifiés : en cycle 2, les outils de communication avec les parents (comme le cahier de leçon  qui permet aux parents de palier les difficultés logistiques lors d’une absence de leur enfant) ; en cycle 3, les usages pédagogiques collaboratifs ont rattrapé la fréquence d’utilisation déjà constatée en collège sur Agora06 (voir dossier que Projets-ENT a consacré à l’ENT dans les Alpes-Maritimes). Des expériences originales sont également lancées comme celle pilotée par un directeur d’école dans le Département des Bouches du Rhône qui a créé  un groupe de travail pour faciliter les échanges linguistiques entre sa classe de CM2 et une classe d’Outre-manche !

  • Le module de podcast, une pratique d’usages toujours plus nombreux sur l’ENT

Cet outil facilite grandement la relation entre enseignants et élèves, les premiers pour transmettre des contenus sous la forme de fichiers sons ou vidéos, les seconds pour leur soumettre leurs travaux. La brique est notamment utilisée par les professeurs d’Education Physique et Sportive pour analyser puis améliorer l’exécution de figures demandées aux élèves. Les professeurs de Lettres l’utilisent pour préparer les oraux du bac. Dans les matières scientifiques, des expériences complexes et coûteuses à mettre en œuvre, sont filmées puis partagées dans les différents établissements de l’académie.

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Les nouveautés de l’éditeur pour davantage d’usages sur l’ENT

ITOP éducation a donc profité de ces NetJournées pour présenter quelques innovations qui devraient favoriser l’intensification des usages sur l’ENT :

  • le rachat de la société Bloobyte et de sa brique de vie scolaire Educ-Horus, permet désormais à ITOP de proposer une solution ENT avec une offre de prestation répondant aussi bien aux besoins en usages pédagogiques qu’administratifs.
  • le lancement d’un bouquet numérique permet à ses utilisateurs d’avoir accès à toutes les ressources ITOP en ligne. L’objectif est d’enrichir l’offre éditoriale en agrégeant d’autres éditeurs, « une manière de répondre à l’équation souvent complexe pour les établissements entre l’usage souvent très ponctuel des ressources et leur coût d’achat à l’unité » indique Yannick Joly, directeur commercial/marketing. « C’est une démarche qui doit encore évoluer, tant sur le plan de l’offre en catalogue que sur le plan des stratégies commerciales pour les différents partenaires. »

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D’autres informations concrètes sur le site de Ludovia

Le Conseil général du Puy-de-Dôme et l’ENT

Comme ses trois collègues des Départements auvergnats, Jean-Yves Gouttebel, président du Conseil général du Puy-de-Dôme, s’est plié au jeu des questions qui font la spécificité de son territoire et comment l’ENT et plus largement le numérique constituent un projet structurant.

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Projets-ENT : Quel est le rôle de la collectivité dans le déploiement des ENT dans le Puy-de-Dôme ?

Jean-Yves Gouttebel : Le rôle tenu par les élus du Département est d’abord de donner à tous ses collégiens les meilleurs moyens de construire leur avenir professionnel. Les Technologies de l’Information et de la Communication représentent maintenant une donnée fondamentale sur le plan économique, social et culturel. Il importe donc pour le Conseil général du Puy-de-Dôme que le monde scolaire intègre et maîtrise lui aussi ces nouveaux outils numériques. La collectivité veille par ailleurs à ce que les TICE soient disponibles sur l’ensemble du département, pour garantir une plus grande équité entre les élèves. C’est à ce titre que le Conseil général assure :

  • l’équipement régulier des collèges en réseaux et matériels informatiques,
  • le déploiement de l’ENT dans tous les collèges publics du département par la prise en charge financière des formations et des abonnements.

Projets-ENT : Quelle est la spécificité de votre territoire dans ce dispositif (contexte, enjeux, attentes) ?

Jean-Yves Gouttebel : On pourrait caractériser notre démarche comme concertée, pionnière et volontaire. Aboutissement d’une réflexion et d’une concertation approfondies, le déploiement de l’ENT s’effectue à l’échelle de l’Académie, via un groupement de commandes qui réunit à la fois les quatre Conseils généraux (Allier, Puy-de-Dôme, Haute-Loire, Cantal), le Conseil régional d’Auvergne et le Rectorat. Ce partenariat permet de doter tous les collèges et lycées de la région du même portail de services, dans un souci de continuité éducative et de mobilité interdépartementale. Il a également conduit à des économies d’échelle lors des appels d’offres. Le groupement « ENT-Auvergne » a d’ailleurs été l’un des premiers au niveau national à lancer le dispositif ENT, dès 2006.

Dernière spécificité : la procédure de candidature. L’intégration des collèges du Puy-de-Dôme dans le dispositif ENT s’est faite sur la base du volontariat. Il appartenait en effet aux établissements intéressés de faire acte de candidature, en définissant notamment un projet pédagogique TICE et en mettant en évidence leurs ressources matérielles et humaines. Le Conseil général a ensuite procédé, chaque année, à une sélection d’établissements, en concertation avec le Rectorat et au vu des orientations ci-dessous :

  • des déploiements touchant à la fois le milieu rural et le milieu urbain,
  • une mise à niveau préalable, si besoin, du taux d’équipement de l’établissement porteur du projet.

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Le Conseil général du Cantal et l’ENT

Comme ses trois collègues des Départements auvergnats, Vincent DESCOEUR, président du Conseil général du Cantal, s’est plié au jeu des questions qui font la spécificité de son territoire et comment l’ENT.

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Projets-ENT : Quel est le rôle de la collectivité dans le déploiement des ENT dans le Cantal ?

Vincent DESCOEUR Depuis les dernières lois de décentralisation, le rôle du Conseil Général auprès de la communauté éducative est central. Il s’agit de contribuer à proposer une offre éducative attractive en travaillant sur de nouveaux modes de communications en relation étroite avec les partenaires (Éducation Nationale, parents, …).

Nous avons généralisé les environnements numériques de travail (ENT) sur l’ensemble des collèges publics depuis 2010, dans le cadre d’un groupement de commande regroupant les départements d’Auvergne et la Région, coordonné par le Rectorat. Ce dernier prend en charge, la formation et l’animation, le Département du Cantal finançant quant à lui l’intégralité de la solution pour un coût annuel net pour le Conseil Général de 40 000 €.

Les ENT permettent de proposer à l’ensemble des acteurs de la communauté éducative (enseignants, administrations, parents et élèves) des services en ligne et donc un établissement ouvert 24 heures sur 20 et 7 jours sur 7. Le présent marché est dévolu à Scolastance pour sa solution Infostance qui tient compte de l’expérience de sa première version et qui s’est vu apporter les améliorations nécessaires.

Conscient que tous les élèves ne sont pas équipés de micro-ordinateur à leur domicile, le Département les a dotés de clefs USB permettant d’embarquer les logiciels et les fichiers nécessaires à leurs usages, et ce quelle que soit la machine utilisée (salle CyberCantal, collège, …). Des tableaux blancs interactifs ont été mis à disposition en 2010 dans les collèges. Le câblage réseau de chaque établissement a été revisité afin de pouvoir connecter l’ensemble des classes et des bureaux aux serveurs ENT.

Projets-ENT : Quelle est la spécificité de votre territoire dans ce dispositif (contexte, enjeux, attentes) ?

Vincent DESCOEUR Le Conseil Général du Cantal s’engage fortement dans le développement des TIC et en particulier dans le développement de nouveaux usages autour des nouvelles technologies. C’est tout naturellement que le Département a souhaité donner une dimension supplémentaire à son action en formalisant et en structurant ses offres autour de services destinés aux citoyens, aux entreprises et aux Collectivités Locales. Elles s’articulent autour de deux axes majeurs :

  • Les usages : CyberCantal
  • Les infrastructures : Téléphonie mobile, Haut et très Haut Débit

En 1998, le Conseil Général a initié le plan CYBERCANTAL qui  a permis de déployer dans chaque collège, et dans chacune des 260 communes du Cantal, 200 Espaces Publics Numériques (matériels informatiques et multimédia) ouverts au public avec le soutien d’un animateur. Face à l’évolution des techniques et aux changements des comportements vis-à-vis des Technologies de l’Information et de la Communication, il a été décidé en 2004 de mettre en œuvre une deuxième phase de ce plan accès sur les usages. C’est l’objet du dispositif Cybercantal 2011 qui se décline en trois volets :

  • CyberCantal Télécentres : développement du télétravail et des télécentres.
  • CyberCantal Services : développement de l’e-administration (Maisons de Services Publics, Bornes Web et Visio, Dématérialisation, …).
  • CyberCantal Education : (voir question 1).

Tout ceci est rendu possible grâce à la couverture de notre territoire en haut débit, 99,6% en ADSL et 0,4% par satellite pris en charge intégralement à parité par le Département et la Région (109 foyers équipés à ce jour).  Cette opération d’envergure co-pilotée avec la Région s’inscrit dans le cadre d’un Partenariat Public Privé conclu avec l’opérateur Orange.

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De la CNIL à la CRIL

Avec le déploiement des ENT, l’entrée dans une généralisation massive des usages de l’Internet interroge nécessairement ses utilisateurs sur les questions d’identité numérique et de protection des données personnelles. Depuis 2009, l’académie en a fait sa priorité.

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Gérard Besson, Recteur de l’académie de Clermont-Ferrand, présente les enjeux et les grandes lignes d’un dispositif original abordant les questions du bon usage d’Internet.

Projets-ENT : Pouvez-vous rappeler les objectifs à l’origine du projet ?

Gérard BessonLe déploiement des nouvelles technologies d’information et de communication implique plus que jamais l’école dans une réflexion sur la maîtrise responsable de ses usages, et notamment en termes de protections des données personnelles. C’est pourquoi l’académie de Clermont-Ferrand en a fait un axe pédagogique prioritaire dès l’année scolaire 2009-2010. Nous nous sommes rapprochés de la CNIL avec laquelle nos échanges ont été rapidement très fructueux. Dès la rentrée 2010, nous mettions en place la « Commission Rectorale Informatique et Libertés » ! Placée sous l’autorité du Recteur, la CRIL est chargée du pilotage du projet de formation de tous les élèves de l’académie à l’Internet responsable. Cette démarche s’inscrit parfaitement dans le « Plan de développement des usages du numérique à l’Ecole » présenté par le Ministre de l’Education nationale, le 25 novembre dernier. La formation des élèves à l’usage des technologies numériques, et notamment à un usage responsable des TIC, y apparaît comme une priorité. Cela se trouve d’ores et déjà pris en compte dans le socle commun de connaissances et de compétences qui se met en place dans les collèges et se traduira par la rénovation du B2I. En novembre, l’académie de Clermont-Ferrand a été la première a faire bénéficier ses chefs d’établissement (un par bassin) d’une formation à la CNIL

[Lire aussi l'article consacré au Guide pour l'enseignement du second degré
publié en janvier 2011 par la CNIL].

Projets-ENT : Quels sont les grands enjeux du bon usage d’Internet pour les élèves ?

Gérard Besson : La question de la protection des mineurs dans l’univers de l’Internet a commencé par la mise en place de dispositifs de filtrage des sites accessibles aux élèves dans leurs établissements. Mais aujourd’hui, compte tenu de la multiplicité des lieux d’usage, cette protection n’est pas généralisée à tous les points d’accès des jeunes à Internet. De plus, le développement des blogs et des réseaux sociaux fait des internautes eux-mêmes les premiers responsables de la diffusion d’informations personnelles les concernant. Dès lors, la maîtrise leur échappe tout comme la gestion de la trace de ces informations. De ce fait, l’enjeu principal est bien la formation des élèves. Toutefois, la réussite dans ce domaine passe par la capacité des enseignants à maîtriser les questions qui se posent et à transmettre les comportements aptes à développer le sens des responsabilités des élèves, en un mot, à transmettre de bonnes pratiques.

Il serait maladroit de se focaliser seulement sur la transgression des règles et des lois en restant sur les seules questions de délinquance qui ne concernent qu’une minorité de personnes alors que l’enjeu concerne l’ensemble de la population. Ceci est d’autant plus important qu’il ne s’agit pas de développer des craintes à l’heure où les usages de l’Internet sont incontournables tant dans le champ professionnel que personnel. L’ambition de l’éducation est bien de mettre les TIC au service des apprentissages scientifiques et éducatifs. Les jeunes souhaitent être et seront de plus en plus usagers de l’Internet.

Projets-ENT : Comment le dispositif se met-il en place ?

Gérard Besson : L’étendue de la tâche est considérable puisque dans notre académie la formation à l’Internet responsable concerne plus de 60.000 collégiens et 37.000 lycéens. Avec l’aide de la CNIL, la « commission rectorale Informatique et libertés » a pour mission de piloter l’ensemble des actions engagées sur la protection des données personnelles et de la vie privée à destination des élèves et de tous les personnels de l’académie. Dans chaque bassin de formation, un Correspondant Informatique et Libertés de Bassin (CILB) est désigné. Il est le référent local pour tous les sujets qui concernent la protection des données et l’usage responsable du numérique à l’Ecole. Il assure une veille sur les textes législatifs et a un rôle d’animation, d’information auprès des acteurs de terrain. Chaque bassin devra bâtir un programme d’action destiné à mettre en œuvre les orientations académiques dans les établissements.

 

Projets-ENT : Comment s’organise le déploiement de ce dispositif ?

Gérard Besson : Lors de la première réunion de la CRIL, nous sommes tombés d’accord sur un certain nombre de propositions d’actions. Notre premier engagement est d’abord de faire connaître la CRIL et ses missions auprès des établissements, des parents d’élèves mais aussi des élèves à travers le Conseil académique de la vie lycéenne (CAVL) qui dispose d’une commission « Droits et devoirs des lycéens » qui doit s’emparer du sujet. Un module « Numérique responsable » sera notamment intégré à la formation des délégués. Cela passe aussi par plus de formation à destination des publics cibles (élèves, professeurs, personnels et parents d’élèves) avec le soutien d’instances spécialisées : le CLEMI* (Centre de Liaison de l’Enseignement et des Médias d’Information), l’ESEN (Ecole Supérieure de l’Education Nationale) qui prépare un parcours de formation à distance des cadres, etc. 

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* Le CLEMI est chargé de l’éducation aux médias dans l’ensemble du système éducatif français depuis 1983. Il a pour mission d’apprendre aux élèves une pratique citoyenne des médias. Cet objectif s’appuie sur des partenariats dynamiques entre enseignants et professionnels de l’information. Tous les enseignants, quels que soient leur niveau et leur discipline peuvent avoir recours au CLEMI, tant au plan national que régional, pour se former, obtenir des conseils ou des ressources.

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ENT et acteurs du déploiement : trouver le bon tempo !

Si la réussite des projets territoriaux de généralisation des ENT dépend de multiples facteurs, il est nécessaire, quelle que soit l’échelle sur laquelle ils se déploient (commune, département ou région), que chaque partenaire (le plus souvent, la collectivité, l’éducation nationale et l’industriel) s’imprègne de la culture et des rythmes de chacun. A chaque univers correspond en effet des normes, des contraintes, des objectifs distincts.

…Les faire coïncider nécessite cette familiarisation avec l’autre :

« Il faut du temps pour accorder le temps de l’éducation,
avec celui des collectivités et celui des entreprises
»

Pierre Danel, CTICE auprès du Recteur, académie de Clermont-Ferrand

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L’ENT déployé en Auvergne pose la question de l’organisation d’un projet associant de nombreux partenaires (5 collectivités, 1 académie, collèges et lycées, lycées professionnels et agricoles, établissements publics et privés, un éditeur ENT). Avec l’expérience, la genèse du projet est décennale, il apparaît que sa réussite dépend de la bonne compréhension, et du dialogue qui en découle, des obligations et rythmes calendaires de chacun. Le temps du projet en est une combinaison subtile.

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Le temps de l’éducation

Comme l’agriculture, le temps de l’éducation est saisonnier : quand on démarre l’année scolaire tout doit déjà être prêt. L’exploitation de nouveaux dispositifs ne peut l’être effectivement que l’année qui suit leur mise en route. On est toujours dans la préparation de l’année scolaire suivante ! En termes de temps pédagogique, le temps d’appropriation d’un système complexe comme les ENT est très différent de ce qu’on l’imagine. Il ne peut se résumer à la simple absorption de progrès techniques ou l’introduction d’un traitement informatique de questions administratives ! C’est surtout comment les pratiques changent. On est en face de conduites de changement d’une profession et d’une pratique sociale quand il s’agit de la pratique sociale de l’élève. On réinvente une nouvelle technologie éducative dans un sens élargi à l’ensemble des méthodes d’apprentissage de l’élève.

Pierre Danel
CTICE auprès du Recteur,
académie de Clermont-Ferrand

Le temps de l’éducation est donc à la fois celui de l’année scolaire, qui est contraint, et celui de la conduite du changement inscrit dans la durée.

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Le temps des collectivités

Avec le temps des collectivités, on retrouve cette logique binaire :

  • Il y a le temps en année civile imposé par le rythme budgétaire (de janvier à décembre) en décalage avec le calendrier scolaire (de septembre à juin de l’année suivante).
  • L’engagement de la collectivité a également ses contraintes institutionnelles avec le rythme des sessions des assemblées avec les débats et la décision des élus.

L’anticipation pour toute prise de décision et tout projet de financement c’est faire converger le rythme de l’académie avec celui de la collectivité.

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Le temps des entreprises et des prestataires

En France, sans doute en lien avec la jeunesse du marché et de ses acteurs, les entreprises ne commencent à développer les fonctionnalités de leur solution qu’une fois assurées de l’obtention du marché de déploiement. Elles se trouvent alors face à un double défi temporel :

  • celui de répondre aux attentes du client dans la mise en place de services multiformes et multi cibles dans un contexte complexe
  • celui de réussir à industrialiser sur un grand nombre d’établissements à l’échelle d’un territoire, parfois très étendu (le département, la région, voire les deux comme en Auvergne, dans les Pays de la Loire, en Alsace, etc.).

Il peut exister enfin un décalage entre la logique à long terme du déploiement et l’instabilité technique et économique d’un secteur industriel encore en construction.

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Epouser l’optique et le rythme de l’autre

Une relation idéale entre la collectivité, l’académie et le prestataire nécessite d’avancer au même rythme tout en veillant à chaque étape du projet que chacun explicite ses attentes. Chaque membre du groupement doit pouvoir tenir informé ses partenaires de ses échéances et de ses actions afin que chacun puisse en anticiper les attentes et les besoins.

S’écouter, s’attendre et avancer ensemble dans le déploiement :

  • pour une meilleure communication auprès des utilisateurs cibles de l’ENT (les enseignants pour l’inspection académique, les parents pour la collectivité)
  • pour une plus grande cohérence dans la phase d’équipement nécessairement liée à celle de l’accompagnement sans lequel il ne peut y avoir de déploiement réussi.

[Lire à titre d'exemple les propos de Jean-Paul Dufrègne, président du Conseil général de l'Allier]

Tout projet numérique d’ampleur suppose de créer un écosystème où, progressivement, chacun se retrouve et se sente en sécurité. La compréhension des rythmes et des repères de chacun en est la première étape !

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