Projets ENT

Le site de la génération ENT

Très Haut Débit en Auvergne, pour l’ENT la voie est libre !

A l’heure du déploiement des outils numériques et des logiques de désenclavement et d’aménagement de certains territoires, la couverture réseau est une problématique à laquelle les collectivités fortement rurales se montrent particulièrement attentives.

En témoigne, l’alliance entre le Département de la Haute Loire et la Région Auvergne pour promouvoir le déploiement numérique de leur territoire.

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Espace cloisonné et profondément rural, le territoire auvergnat a été l’un des premiers à se saisir de l’opportunité d’un déploiement des ENT pour répondre à ses problématiques d’aménagement et donc d’offre et d’accès équitable aux services publics numériques. Lors d’un précédent dossier consacré à l’ENT’Auvergne, Projets-ENT avait porté un coup de projecteur sur les stratégies d’un Département rural à ce sujet :

Pour une collectivité qui administre une zone rurale, sa préoccupation est de maintenir les populations en soutenant et en créant des services. Que ce soit le domaine économique, par le télétravail, le volet service public, avec l’e-administration, et l’éducation, accéder à l’établissement de chez soi ou via une salle Cyber Cantal, (…) il faut proposer des portails de services qui soient orientés usagers !

Fabien Medzianowski,
Directeur des systèmes d’Information,
Conseil général du Cantal,

Propos tiré de la vidéo L’ENT, facteur de lien et d’égalité en milieu rural

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C’est dans ce même esprit que le Département de la Haute Loire, territoire également fortement rural, s’est associé à la Région Auvergne dans la mise en œuvre du programme « Très haut débit en Auvergne », prévu d’être achevé en 2025.

70% de l’Auvergne devrait déjà être équipée en Très Haut Débit d’ici 2020 !

Le programme ambitionne de réduire la « fracture réseau des villes, réseau des champs » et prévoit que « 72 % de la population dans 89 % des communes doivent être pris en charge par le « Réseau d’initiative public » lancé par la région et les quatre départements ».

(Nora Gutting, journaliste à La Montagne)

Même si le coût estimé de la desserte optique (1,5 Milliard d’€) est élevé, il consolide la Région et ses Départements dans leurs choix numériques. Nul doute que pour les nombreux utilisateurs de l’ENT Auvergne dans le secondaire et de l’ENT de l’Université d’Auvergne dans le supérieur, l’accroissement significatif du débit accompagnera la montée des usages sur ces plateformes (voir aussi la vidéo En Limousin, le Haut Débit stimule les usages sur l’ENT) !

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Pour aller plus loin

ENT’Auvergne, un audit technique et pédagogique avant le nouveau marché

La Région Auvergne vient de choisir le prestataire qui aura la responsabilité de conduire avec la participation des corps d’inspection une évaluation sur les usages de l’ENT dans les lycées de son territoire. La forte hétérogénéité des taux d’utilisation et des accès à l’outil constatée, révélant des écarts significatifs, est à l’origine de cette initiative.

Financé par la Région, le diagnostic portera d’abord sur 23 des 60 lycées d’Auvergne. Dans chaque établissement, une fiche de situation dressera l’état des usages de l’ENT mais également celui des conditions techniques et matérielles.

La démarche d’évaluation vise à mettre à la disposition des acteurs publics et académiques les informations nécessaires à la préparation du prochain marché de renouvellement de l’ENT (prévu au 2ème trimestre 2012) ainsi qu’à l’animation et à la conduite du changement.

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« Une véritable méthodologie du renouvellement du marché ENT »

Le lancement, dès la rentrée scolaire 2011, d’une expérimentation sur les ressources numériques en Auvergne, la poursuite de l’expérimentation des manuels numériques en classe de quatrième dans l’Allier, le Cantal et la Haute Loire et une évaluation des usages des TICE dans les collèges de l’Allier, s’inscrivent dans la même logique.

« Il s’agit de pouvoir se lancer dans le renouvellement en ayant à disposition une réflexion approfondie sur les outils logistiques, l’équipement, les services informatiques et pédagogiques à mettre en place pour que les usages se développent conformément aux aspirations de conduite du changement pédagogique » rappelle Pierre Danel, Conseiller TICE auprès du Recteur, Académie de Clermont-Ferrand.

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Dossier ENT’Auvergne

Projets-ent fait étape dans l’académie de Clermont-Ferrand, une des pionniers du déploiement des ENT dans l’Hexagone. L’académie et les 5 collectivités se sont engagées depuis 2005 dans la généralisation de l’ENT. Aujourd’hui, 186 des 196 établissements d’Auvergne ont déjà intégré le dispositif.

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en Basse Définition (2.374 Ko) ou en Haute Définition (6.227 Ko)   

SOMMAIRE  
1- ENT’Auvergne, présentation générale   
2- Ruralité et culture numérique
 3- Du bon usage d’Internet : De la CNIL à la CRIL 

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Pour la réalisation de ce dossier, nous avons rencontré :

  • Gérard Besson, Recteur de l’académie de Clermont-Ferrand
  • René Souchon, Président du Conseil régional d’Auvergne
  • Vincent Descoeur, Président du Conseil général du Cantal
  • Fabien Miedzianowski, Directeur des Systèmes de l’information et de l’Appui aux collectivités, Conseil général du Cantal
  • Jean-Paul Dufrègne, Président du Conseil général de l’Allier
  • Gérard Roche, Président du Conseil général de Haute-Loire
  • Jean-Yves Gouttebel, Président du Conseil général du Puy de Dôme
  • Pierre Danel, CTICE auprès du recteur, Académie de Clermont-Ferrand
  • Jeanine Closset, CTICE adjointe dans l’Académie de Clermont-Ferrand

Mais aussi l’équipe éducative du collège des Portes du Soleil à Maurs  

  • Claudine Vivarez, principale du collège les Portes du Soleil
  •  Sébastien Couderc, professeur de Sciences de la Vie et de la Terre
  • Philippe Martial, professeur de Sciences Physiques
  • Michèle Canet, parent d’élève du collège
  • Jeanne Arthaud et Malik Boussaroque, élèves de 4ème

Qu’ils soient ici tous remerciés pour leur accueil et leur disponibilité.   

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ENT et acteurs du déploiement : trouver le bon tempo !

Si la réussite des projets territoriaux de généralisation des ENT dépend de multiples facteurs, il est nécessaire, quelle que soit l’échelle sur laquelle ils se déploient (commune, département ou région), que chaque partenaire (le plus souvent, la collectivité, l’éducation nationale et l’industriel) s’imprègne de la culture et des rythmes de chacun. A chaque univers correspond en effet des normes, des contraintes, des objectifs distincts.

…Les faire coïncider nécessite cette familiarisation avec l’autre :

« Il faut du temps pour accorder le temps de l’éducation,
avec celui des collectivités et celui des entreprises
»

Pierre Danel, CTICE auprès du Recteur, académie de Clermont-Ferrand

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L’ENT déployé en Auvergne pose la question de l’organisation d’un projet associant de nombreux partenaires (5 collectivités, 1 académie, collèges et lycées, lycées professionnels et agricoles, établissements publics et privés, un éditeur ENT). Avec l’expérience, la genèse du projet est décennale, il apparaît que sa réussite dépend de la bonne compréhension, et du dialogue qui en découle, des obligations et rythmes calendaires de chacun. Le temps du projet en est une combinaison subtile.

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Le temps de l’éducation

Comme l’agriculture, le temps de l’éducation est saisonnier : quand on démarre l’année scolaire tout doit déjà être prêt. L’exploitation de nouveaux dispositifs ne peut l’être effectivement que l’année qui suit leur mise en route. On est toujours dans la préparation de l’année scolaire suivante ! En termes de temps pédagogique, le temps d’appropriation d’un système complexe comme les ENT est très différent de ce qu’on l’imagine. Il ne peut se résumer à la simple absorption de progrès techniques ou l’introduction d’un traitement informatique de questions administratives ! C’est surtout comment les pratiques changent. On est en face de conduites de changement d’une profession et d’une pratique sociale quand il s’agit de la pratique sociale de l’élève. On réinvente une nouvelle technologie éducative dans un sens élargi à l’ensemble des méthodes d’apprentissage de l’élève.

Pierre Danel
CTICE auprès du Recteur,
académie de Clermont-Ferrand

Le temps de l’éducation est donc à la fois celui de l’année scolaire, qui est contraint, et celui de la conduite du changement inscrit dans la durée.

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Le temps des collectivités

Avec le temps des collectivités, on retrouve cette logique binaire :

  • Il y a le temps en année civile imposé par le rythme budgétaire (de janvier à décembre) en décalage avec le calendrier scolaire (de septembre à juin de l’année suivante).
  • L’engagement de la collectivité a également ses contraintes institutionnelles avec le rythme des sessions des assemblées avec les débats et la décision des élus.

L’anticipation pour toute prise de décision et tout projet de financement c’est faire converger le rythme de l’académie avec celui de la collectivité.

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Le temps des entreprises et des prestataires

En France, sans doute en lien avec la jeunesse du marché et de ses acteurs, les entreprises ne commencent à développer les fonctionnalités de leur solution qu’une fois assurées de l’obtention du marché de déploiement. Elles se trouvent alors face à un double défi temporel :

  • celui de répondre aux attentes du client dans la mise en place de services multiformes et multi cibles dans un contexte complexe
  • celui de réussir à industrialiser sur un grand nombre d’établissements à l’échelle d’un territoire, parfois très étendu (le département, la région, voire les deux comme en Auvergne, dans les Pays de la Loire, en Alsace, etc.).

Il peut exister enfin un décalage entre la logique à long terme du déploiement et l’instabilité technique et économique d’un secteur industriel encore en construction.

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Epouser l’optique et le rythme de l’autre

Une relation idéale entre la collectivité, l’académie et le prestataire nécessite d’avancer au même rythme tout en veillant à chaque étape du projet que chacun explicite ses attentes. Chaque membre du groupement doit pouvoir tenir informé ses partenaires de ses échéances et de ses actions afin que chacun puisse en anticiper les attentes et les besoins.

S’écouter, s’attendre et avancer ensemble dans le déploiement :

  • pour une meilleure communication auprès des utilisateurs cibles de l’ENT (les enseignants pour l’inspection académique, les parents pour la collectivité)
  • pour une plus grande cohérence dans la phase d’équipement nécessairement liée à celle de l’accompagnement sans lequel il ne peut y avoir de déploiement réussi.

[Lire à titre d'exemple les propos de Jean-Paul Dufrègne, président du Conseil général de l'Allier]

Tout projet numérique d’ampleur suppose de créer un écosystème où, progressivement, chacun se retrouve et se sente en sécurité. La compréhension des rythmes et des repères de chacun en est la première étape !

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Le déploiement des ENT vus par les collectivités d’Auvergne

Les cinq présidents des cinq collectivités auvergnates se sont pliés au jeu des questions qui font la spécificité de leur territoire et comment l’ENT et plus largement le numérique constituent un projet structurant.

Kaléidoscope des collectivités

René SOUCHON
Président
Région Auvergne
Jean-Paul DUFREGNE
Président
CG de l’Allier

Vincent DESCOEUR
Président
CG du Cantal
Gérard ROCHE
Président
CG de Haute-Loire

Jean-Yves GOUTTEBEL
Président
CG Puy de Dôme

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Chaque élu a répondu à 2 questions :

  • Quel est le rôle des collectivités interrogées dans le déploiement des ENT sur leur territoire ?
  • Quelle est la spécificité de leur territoire dans ce dispositif (contexte, enjeux, attentes) ?

Pour lire les réponses, cliquer sur leur photo

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La Région Auvergne et les ENT

Comme ses quatre collègues des Départements auvergnats, René Souchon, président du Conseil régional d’Auvergnes’est plié au jeu des questions qui font la spécificité de son territoire et comment l’ENT et plus largement le numérique constituent un projet structurant.

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Projets-ENT : Quel est le rôle de votre collectivité dans le déploiement des ENT en Auvergne ?

René Souchon : L’Auvergne compte parmi les régions pilotes sélectionnées au niveau national dès 2006 pour expérimenter la mise en place des Espaces Numériques de Travail (ENT) dans les lycées et les collèges. Ainsi, grâce aux efforts conjugués du Conseil régional d’Auvergne, du Rectorat, et des Conseils généraux de l’Allier, du Cantal, de la Haute-Loire et du Puy-de-Dôme, le déploiement expérimental de l’ENT a été initié dès janvier 2007. A compter de 2008, nous nous sommes engagés dans un déploiement généralisé qui s’est achevé pour le Conseil régional en décembre 2010 avec l’équipement de l’intégralité des lycées publics.

La première originalité de notre méthode réside donc dans le partenariat créé entre le Conseil régional, les quatre Conseils généraux et le Rectorat. Nous avons pu ainsi mutualiser nos besoins au moment du choix technique, bénéficier de conditions plus avantageuses et nous avons pu tenir compte des attentes des usagers. La seconde originalité de notre démarche tient au fait que l’ensemble des établissements secondaires est concerné : lycées généraux, mais aussi lycées professionnels, lycées agricoles et EREA (établissements régionaux d’enseignement adapté).

Techniquement, le projet s’est inscrit dans le cadre général de l’informatisation des lycées qui comprenait notamment le câblage des établissements, l’achat de serveurs pédagogiques, d’ordinateurs et d’équipements tels que les tableaux blancs interactifs, ainsi que le raccordement au réseau Auverdata.net avec une connexion haut débit. Au total ce sont 40 M€ qui ont été mobilisés par la Région de 2006 à 2010.

Projets-ENT : Quelle est la spécificité de votre territoire dans ce dispositif (contexte, enjeux, attentes) ?

René Souchon : Aujourd’hui les espaces numériques de travail concernent potentiellement 3.767 professeurs ainsi que 38.701 élèves, leurs parents, les personnels administratifs et le personnel de vie solaire. Bien que l’utilisation de l’ENT soit en constante augmentation, seul un cinquième des comptes sont régulièrement activés. Il nous faut donc renforcer ces utilisations et à cette fin, nous avons lancé une étude conjointe avec le Rectorat. A son issue, c’est-à-dire dès la rentrée prochaine, nous serons en capacité d’identifier les opportunités d’évolution sur les volets techniques, organisationnels ainsi que sur les services proposés ; nous pourrons ainsi établir un plan d’action pour renforcer cette pratique.

Chacun peut constater l’immersion croissante des élèves et plus largement de toute la population dans cette communauté numérique. A travers les ENT, nous ne faisons qu’adapter les modes relationnels entre élèves, parents communauté éducative à cette ère numérique. Tous ces chantiers impliquent une forte volonté politique si l’on veut éviter toute fracture numérique (qu’elle soit sociale ou territoriale). Cette volonté, nous l’avons en Auvergne et nous l’avons démontré en assurant la couverture de la région en haut débit et en proposant à tous l’utilisation des espaces numériques. Mais le mouvement ne doit pas s’arrêter. Voilà pourquoi, dans la droite ligne de cette ambition, nous oeuvrons désormais pour apporter le très haut débit dans tous nos territoires avec les partenaires que sont l’Etat, les conseils généraux et les agglomérations (Communiqué de presse du 03/05/2011 : La fracture numérique ne passera pas en Auvergne). Et en ce qui concerne l’éducation, la Région entend franchir une nouvelle étape très prochainement. Nous nous sommes en effet approchés du rectorat pour introduire le livre numérique dans les lycées auvergnats. Des établissement pilotes expérimenteront cette nouvelle pratique dès la rentrée 2011 et nous souhaitons qu’elle puisse s’élargir à l’ensemble de la région très rapidement. A travers la présentation de ces politiques et des exemples qui en découlent, il apparaît que l’échelon régional constitue un niveau d’intervention pertinent, notamment grâce aux dynamiques qu’il est en capacité de créer. Cela nous donne une certaine responsabilité et nous incite à poursuivre les efforts vers ce que nous appelons l’épanouissement numérique.

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L’ENT outil de désenclavement du monde rural

Dans le contexte auvergnat marqué par la ruralité dans un environnement montagneux, l’ENT peut-il constituer un atout dans les politiques de désenclavement local et de maintien de la population. Pierre Danel, CTICE auprès du Recteur de l’Académie de Clermont-Ferrand, répond positivement !

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L’Auvergne, territoire rural, éléments de contexte

Les héritages du temps

Le vieux massif hercynien rehaussé par la poussée des Alpes au Tertiaire provoquant des craquements de la croûte terrestre et l’érection de volcans aujourd’hui éteints, a légué un paysage accidenté et cloisonné. La révolution industrielle au XIX° siècle et un raccordement tardif aux grands axes de communication au XX° siècle, ont contribué à vider le territoire de ses hommes. Si la tendance commence à s’inverser (la construction de l’autoroute et le Viaduc de Millau ont relancé une région qui reste la seule encore non raccordée au réseau  national du TGV), la répartition de la population sur le territoire témoigne de ce passé : une grande ville, Clermont-Ferrand, et quelques villes moyennes qui aspirent l’activité et les hommes, laissant presque vides de vastes étendues.

Une population rurale

Les chiffres de sa population le rappellent sans faux-semblants, l’Auvergne est un territoire fortement rural ! Avec 1.339.247 habitants (INSEE 2010) sur un territoire de 26.013 km2, l’Auvergne est non seulement le pays des faibles densités (51 h/km2, 2 fois moins que la moyenne nationale), mais aussi celle où la croissance démographique reste l’une des plus faibles (tout juste 2,3% en 10 ans). Après Clermont-Ferrand, 21ème ville de France en taille de population, viennent quelques villes moyennes, une petite dizaine, Moulins 5ème ville d’Auvergne ne compte déjà plus que 21.000 habitants, supplantées par le poids du monde rural…

Avec l’agglomération Aurillacoise qui concentre près de 40% de la population du département, le Cantal offre un bon exemple de cette ruralité cloisonnée par les massifs montagneux (voir analyse de la population du Cantal par l’INSEE).

Ce qui apparaît à l’échelle départementale se retrouve plus globalement à l’échelle régionale. D’où la difficulté de raccorder cet espace aux dynamiques nationales, mais la complexité également de dégager une cohérence locale.

René Souchon, Président  de la Région Auvergne, décrit comment les nouvelles fonctionnalités de l’ENT contribuent à limiter les effets de la ruralité et de l’enclavement.

Les fonctionnalités inter établissements sont très importantes dans une académie marquée par la ruralité et où de nombreux enseignants ont des services partagés. Nous avons aussi soigné les fonctions de communication. Par exemple, la liaison entre collèges et lycées est facilitée pour mieux suivre le parcours scolaire des enfants. L’ENT facilite aussi le pilotage pédagogique, permettant aussi bien au Rectorat qu’aux collectivités de diffuser des informations à travers un espace de pilotage adapté. Enfin l’ENT Auvergne permet de gérer les sites web des collèges et des lycées, facilitant en cela l’articulation entre leur communication interne, ciblée et leur communication externe en direction du grand public et de leurs usagers potentiels.

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La généralisation des ENT, réponse à la ruralité

C’est dans ce contexte que le choix du numérique a pu constituer une chance pour tous les acteurs en présence. Tisser du lien, raccorder les auvergnats, assurer la laison avec les zones les plus reculées ou les moins accessibles, les autoroutes de l’information sont venues seconder les autoroutes physiques !

« On a l’impression que le dispositif prend mieux à la campagne qu’à la ville »
(Pierre Danel, CTICE académie Clermont-Ferrand)

ENT'AuvergnePour les établissements ruraux, le numérique est apparu également comme une opportunité pour entrer dans le courant, pour être dans le coup ! La dimension numérique comme élément d’intégration à la modernité n’est d’ailleurs pas limitée à l’éducation. Les entreprises locales sont nettement engagées dans les nouvelles technologies ! La volonté de ne pas être tenus à l’écart des autoroutes de l’information est très forte : la logique territoriale partagée par les collectivités comme par les citoyens est un point de rencontre central sur lequel inscrire des projets numériques d’ampleur. Il y avait donc une vraie appétence pour un projet dans lequel chacun voyait l’occasion d’une revanche sur l’histoire du déploiement des communications. Si dans le domaine des infrastructures de communications l’Auvergne demeure fortement enclavée, il y avait ce désir des différentes parties prenantes locales de n’être pas mis à l’écart sur les technologies ! Si le raccordement par les transports ferroviaires et aériens reste insuffisant, les autoroutes de l’information devaient constituer une vraie chance de sortir de l’enclavement. Cette culture partagée est un puissant stimulant pour tous les acteurs du déploiement des ENT comme pour leurs utilisateurs.

Un élan qui s’est construit dans le temps

La volonté de ne pas être à l’écart remonte au milieu des années 90 lorsque les collectivités ont décidé de connecter Internet dans les établissements du second degré. Cet effort s’est poursuivi avec la mise en œuvre d’un marché pour accéder ensuite à internet dans le supérieur, les lycées et une partie des collèges (marché AUVERDATA), à la suite duquel la Région s’est lancée dans des actions d’accès sur tous les territoires par ADSL avec des accords pour couvrir l’ensemble du  territoire puis la création de divers schémas pour assurer les connexions dans les territoires (régional pour relier les grandes villes, HD pour la région et un programme de Vivre sur l’Agglo clermontoise).

Généraliser les ENT, processus de déploiement de la culture du Web

En Auvergne, la population totale est égale à celle de l’agglomération lyonnaise ! Toutes les personnes concernées par l’éducation dans le second degré, aussi bien dans le public (250.000 comptes) que dans le privé (330.000 à 350.000), ainsi que dans le premier degré qui avec le plan ENR (Ecole Numérique Rural) a connu un rapide décollage, représentent la moitié des Auvergnats – sans parler de la population étudiante.  On voit bien que l’école est un canal important pour la diffusion auprès des familles de la culture numérique et de l’Internet. La généralisation de l’ENT a donc constitué un levier pour une sensibilisation globale aux usages du numérique.

C’était le sens donné au dispositif Cyber Cantal que le Conseil général a promu, avec l’équipement de salles dans les collèges accessibles aussi bien aux élèves qu’aux familles, et au-delà même des citoyens, qui après leur travail, en dehors de la période des cours, venaient s’ouvrir à la culture numérique et Web via l’Internet ! Les enfants tenant le rôle de relai auprès de leurs parents. Dans les territoires à fort déploiement technologique, l’école n’est pas le vecteur de la diffusion d’une culture Internet… Contrairement aux idées reçues, les régions les plus industrialisées et les plus dynamiques en termes de services, avec une population élevée de cadres travaillant dans les technologies de l’information, ne sont pas plus prédisposées que d’autres à voir la généralisation de l’ENT triompher sous prétexte que l’école ne peut pas être en retard par rapport à son environnement ! Sans contredire ce modèle, la situation de l’Auvergne démontre que c’est l’école qui apporte l’Internet et le numérique dans les zones rurales les plus reculées…

C’est aussi, plus récemment, le sens de l’implication du Recteur et des collectivités dans la réflexion sur les bons usages d’Internet avec la mise en place d’un dispositif, le CRIL, qui en assure l’évangélisation.

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ENT’Auvergne, historique et repères clés

Généralisé à l’échelle de toute une Académie, l’ENT’Auvergne entre dans sa dernière année de déploiement. Lancé en 2005 aussi bien dans les collèges, les lycées et lycées professionnels, l’ENT’Auvergne est aujourd’hui engagé dans un processus d’intensification de ses usages : rendre plus efficaces encore les outils de vie scolaire et développer les usages pédagogiques.

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Chronologie du déploiement de l’ENT’Auvergne

Juillet 2005 : Sous les auspices du Recteur, les 5 collectivités régionales et départementales décident de se lancer dans le déploiement d’un ENT académique.

2005/2006 :

  • Mise en place d’une convention cadre entre l’État et les collectivités territoriales
  • Préparation et passation du marché de l’ENT
  • Elaboration  du projet avec les établissements scolaires du second degré

Novembre 2006 : expérimentation dans six établissements

A partir de septembre 2007, le panel s’élargit par vagues successives

Mars 2011 :

La quasi-totalité des établissements sont concernés à l’exclusion de quelques collèges du Puy-de-Dôme. Aujourd’hui, l’ENT Auvergne est accessible dans :

  • 120 collèges,
  • 56 lycées, lycées Professionnels et Etablissements Régionaux d’Enseignement Adapté,
  • 10 établissements agricoles.

Sources : Site de l’ENT Auvergne (état du déploiement)

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ENT’Auvergne en Chiffres

Comptes

Au 1er janvier 2011, l’ENT est installé dans 186 établissements sur les 196 que compte l’académie, soit circ. 264.000 comptes ouverts, aussi bien pour les enseignants, les élèves, les parents d’élèves et les équipes administratives.

Statistiques des fréquentations

Evolution des connexions
(
D’après le dispositif de mesure d’audience de la Caisse des Dépôts)

Année scolaire 2010-2011 *

Nombre de visites : 5.100.126 (+ 53,2 %)
Nombre de visiteurs : 3.404.646 (+ 50,8 %)
Nombre de pages vues : 34.153.614 (+ 41,5 %)

* Par rapport à la période équivalente sur l’année scolaire 2009-2010

  • Actuellement la plupart des comptes élèves et enseignants sont actifs, le taux est moins important, notamment en ce qui concerne les parents des lycéens
  • La progression est rapide et constante

Au terme de la troisième année de mise en service, on constate que la quasi-totalité des utilisateurs font un usage régulier de l’ENT.

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Principaux usages

  • La messagerie, puis la consultation des notes (fonction la plus utilisée par les parents)
  • Dans les établissements qui l’ont généralisé, la consultation du cahier de textes est majeure
  • Les enseignants utilisent beaucoup les outils d’échanges

Répartition des visites par fonctionnalité

Pour en savoir plus…

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Nouveautés et spécificités techniques

Infostance, solution retenue depuis le lancement du projet en Auvergne (2007), a d’abord déployé, en vue de favoriser une rapide appropriation de l’ENT par ses utilisateurs cibles, des outils de vie scolaire. La rentrée scolaire 2010 a été marquée par le développement de fonctionnalités collaboratives en vue de généraliser les usages pédagogiques.

  • La brique Dokeos facilite le travail collaboratif
  • La nouvelle version (mise en service à la rentrée de septembre 2010) intègre des fonctionnalités inter établissements. La liaison entre collèges et lycées en est facilitée (meilleur suivi scolaire d’un cycle à l’autre). L’ENT devient également un outil d’échanges entre les partenaires institutionnels : le Rectorat et les collectivités peuvent diffuser des informations à travers l’espace de pilotage académique et territorial (l’EPAT). Dans les établissements, cette nouvelle fonctionnalité permet la gestion des sites web des collèges et des lycées, facilitant les logiques de communication interne et externe.

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Accompagnement et formation

ENT'AuvergnePierre Danel, CTICE auprès du Recteur, détaille le dispositif assurant l’accompagnement et la formation des acteurs de la généralisation.

« Nous avons mis en place un maillage territorial fin qui repose sur près de 400 personnes. En effet, outre la DATICE – dont l’équipe centrale est restreinte – et les équipes des collectivités, notre ENT fonctionne grâce à un réseau d’intervention territorial (RIT) composé d’enseignants déchargés partiellement, d’équipes mobiles et d’animateurs académiques disciplinaires (IANTE), mais surtout grâce aux correspondants TICE, référents chargés de l’animation pédagogique et aux administrateurs de l’ENT présents dans chaque établissement. Ce sont toutes ces personnes qui font vivre les TICE et l’ENT dans toute l’Académie. »

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Clés USB et lecteurs MP3

La rentrée médiatique des usages numériques liés au déploiement des ENT a fait la part belle au manuel numérique et au cahier de texte. Plus discrets, mais non moins présent, la clé USB et autres lecteurs MP3 ont également réalisé une poussée significative. Mais comment l’utiliser ? Comme support de transport de fichiers et de documents scolaires ? Dans l’Allier, si sa diffusion se généralise (plus de 4000 distribuées à la rentrée auxquelles s’ajoutent celles déjà mises en circulation depuis 2007), elle pose la question de la sécurisation des données ainsi transportées :

(…) le principal, Jean-Pierre Touzet, en a rajouté une louche. « Méfiez-vous des virus. Il ne faudra pas les amener dans l’établissement ».

Les élèves de sixième du collège Émile-Mâle, à Commentry, sont donc prévenus : les clefs USB offertes par le Département doivent stocker des informations relatives à leur scolarité. Et rien d’autre.

« Le virage numérique se poursuit dans les collèges », La Montagne (13/09/2010)

Appelés aussi outils nomades, les lecteurs MP3 n’ont pas pour seule vocation d’assurer la navette d’un espace à un autre. Ils deviennent le complément indispensable du Podcast, usage qui ne se limite pas aux téléchargements de tout poils – savoir que l’émission 2000 ans d’histoire sur France Inter est la plus plus podcastée sur les ondes ! -, mais qui commence à se généraliser (en Alpes-Maritimes par exemple).

Voir quelques usages pédagogiques du Podcast

A B C des TIC en Régions

A comme région Auvergne, B comme régions Bretagne et Bourgogne, C comme région Centre… l’ABC des TIC (et donc avec un chapitre consacré aux ENT) sur la Toile dans les régions de programme de l’Hexagone est à découvrir sur zednzt.fr … Egalement disponibles, les régions Champagne-ArdenneIle-de-France et Rhône-Alpes… Cette rubrique sera complétée au fil de l’eau (12/03/2010).