Dossier ENT Agora06
Projets-ent poursuit son tour de France du déploiement des ENT sur les territoires avec l’académie de Nice et plus particulièrement sur le département des Alpes-Maritimes.
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Le 15 juin dernier, au collège International de Valbonne à Sophia Antipolis, s’est tenue une réunion regroupant les principaux acteurs académiques et départementaux pour un passage de relais à la dernière vague de généralisation prévue pour la rentrée 2010. Une occasion de revenir sur les particularités du déploiement des ENT dans le département mais aussi de faire le tour de ses ambitions pour l’avenir ! |
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D’une généralisation à l’autre : le second souffle
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L’ère des ressources L’ENT en question |
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Pour la réalisation de ce dossier, nous avons rencontré :
Qu’ils soient ici tous remerciés pour leur accueil, leur disponibilité et leur gentillesse. |
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Le dispositif d’accompagnement par le détail
L’académie offre 2300 heures de formation dans le domaine des TICE. A ces heures s’ajoutent les formations dans chaque établissement assurées directement par les animateurs et les coordonnateurs (une trentaine d’heures par établissement).
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Pour le département des Alpes-Maritimes il faut distinguer :
- 9 animateurs TICE qui ont notamment pour mission le suivi des ENT et les formations. Pour le suivi et les formations de 1° niveau, les animateurs fonctionnent en réseau pour mutualiser les compétences, mais ils sont responsables de 2 à 4 établissements qui débutent avec un ENT. Pour les formations spécifiques, elles sont assurées en fonction des compétences. Chaque animateur bénéficie d’une décharge de service d’enseignement de 4 à 9 heures (9 heures = 1/2 service d’enseignant) soit un équivalent global de 3 équivalents temps plein. (3 enseignants déchargés de service à temps complet : 18 h d’enseignement)
- 2 coordonnateurs qui bénéficient d’une décharge totale de service. Ils assurent la coordination des actions de maintenance et de formation, coordonnent et assurent des formations spécifiques, analysent les défaillances, alertent et effectuent les mises à jour en relation avec ITOP, participent aux réunions avec les responsables des services techniques de la collectivité…
- 1 responsable technique académique qui assure le pilotage et coordonne les activités techniques du réseau en appui avec les services académiques informatiques. En relation étroite avec la collectivité et la société ITOP il participe à la validation de l’évolution des fonctionnalités et gère les demandes d’assistance des établissements à l’aide d’un dispositif de signalement ECARE disponible 24h /24.
- Des formateurs disciplinaires académiques : ils fonctionnent en réseau et disposent de compétences pédagogiques disciplinaires et sur les ENT.
- Dans la plupart des disciplines des groupes de recherche coordonnés par les inspecteurs pédagogiques. Ils s’attachent à développer des ressources et des applications disciplinaires autour de l’utilisation des ENT : ballado-diffusion, groupe de travail, positionnement et accompagnement des élèves… Pour la plupart ces groupes de travail participent aux travaux nationaux proposés dans les actions académiques mutualisées (A.A.M.)
Un partenariat dynamique au service de l’ENT
A l’heure de la réflexion sur l’école numérique, l’académie de Nice a reçu un soutien dynamique du Conseil Général des Alpes-Maritimes. L’adhésion de la collectivité a non seulement permis de préparer les établissements à déployer l’ENT, mais elle participe aussi activement à une réflexion globale sur l’enseignement de demain.
Développer les fonctionnalités natives sur l’ENT
Choisie par les Alpes-Maritimes pour équiper tous ses collèges en Espace Numérique de Travail, la Solution ITOP est désormais engagée depuis 2009 dans le développement d’outils et d’usages pédagogiques sur l’ENT. Responsable commercial & marketing, Yannick Joly revient sur ses spécificités :
Il s’agit pour nous de généraliser une stratégie d’intégration intelligente des différentes ressources. Elle garantit à l‘utilisateur de pouvoir rester dans l’ENT lorsqu’il a recours aux ressources et aux outils pédagogiques mis à sa disposition (Cabri, Dictionnaire Le Robert, Libcast) et non pas d’accéder à des ressources externes via un connecteur SSO qui, s’il permet de ne pas avoir à se reconnecter, impose néanmoins à l’utilisateur de sortir de l’ENT. Les nouvelles ressources intégrées dans l’ENT apparaissent donc à l’utilisateur comme des fonctionnalités natives. Cela favorise une meilleure appropriation de l’outil et multiplie les usages sur l’ENT.
Par exemple avec le dictionnaire Le Robert, quel que soit l’endroit où le visiteur se trouve, il peut disposer de ses fonctionnalités. L’élève peut aussitôt rechercher une définition, l’enseignant peut mettre un lien hypertexte dans l’énoncé de devoirs mis en ligne sur le cahier de texte. Le Podcasting est intégré de la même manière dans les modules de groupe de travail. A chaque fois, ces fonctionnalités enrichissent naturellement les usages pédagogiques quotidiens !
Des développements dans un futur proche
Considérant qu’une ressource mal intégrée est faiblement utilisée, ITOP réfléchit à mettre en place sur Net Ecole une base de données pour les enseignants. Les logiques collaboratives sont également à l’honneur : dans la prochaine version de Net Ecole (V3) prévue pour la rentrée 2011, il sera possible de travailler sur le même document simultanément, ce qui est aussi vrai pour la V3 de NetCollège et de NetLycée !
Ces évolutions et la réflexion qui l’accompagne sont indissociables de l’échange que l’éditeur ne manque pas de susciter entre les différents acteurs. Il existe ainsi un club d’utilisateur en ligne, Net planet qui permet à tous les utilisateurs de partager des informations, et chaque année, ils sont invités à débattre lors des Net Journées. Prévues les 30 & 31 mars 2011 à Sophia Antipolis, elles offrent un espace de paroles libéré entre tous les utilisateurs de la solution (revoir le déroulement des dernières Net journées).
ENT, transversalité horizontale et verticale
L’ENT offre non seulement un espace de communication et de stockage de ressources au sein d’un même établissement, il doit pouvoir proposer ces mêmes services à l’échelle académique. C’est un sujet d’actualité dans de nombreuses collectivités en général et dans l’académie de Nice en particulier.
Le principe d’un ENT inter-établissements suit son chemin. André Marcant, conseiller TICE, Dominique Maissa, principal en collège et Yannick Joly, éditeur, apportent leur témoignage qui permet d’en comprendre les logiques globales, locales et techniques.
André Marcant, conseiller TICE auprès du Recteur (académie de Nice), se projette dans une architecture idéale des ENT, élargissant la vision vers des modèles qui constitueront peut-être les paradigmes de demain.
La complexité sur une académie, c’est la présence de collectivités différentes. S’agissant des collèges ou des Lycées, le problème est assez facile à gérer puisque l’un et l’autre dépendent respectivement du département et de la région. Ici, la Région PACA se partage sur deux académies ! Ce dédoublement, qui ne se retrouve en France que dans la région Rhône-Alpes, a pour conséquence de multiplier le nombre d’interlocuteurs. D’autre part, chaque collectivité n’a pas la même politique, n’agit pas dans un contexte semblable, ne défend pas les mêmes ambitions, ne disposent pas des mêmes assises économiques pour développer les réseaux, financer les équipements, etc. Si on y ajoute la gestion des établissements du premier degré où il y a presque autant de collectivités que d’écoles, on prend l’ampleur de la complexité de fédérer tous les acteurs autour de ce dispositif ! C’est pourquoi, sous l’impulsion de M Christian Nique le Recteur, la réflexion porte aujourd’hui sur la création d’un ENT académique, capable de regrouper les ENT déployés dans les différents types d’établissement avec les services académiques. Il pourrait héberger autant de profils qu’il y a de statuts dans le personnel de l’enseignement (personnels de direction, enseignants, etc.). Chacun pourrait accéder, via un code unique et en fonction de son statut, à ses applications professionnelles et fonctionnelles dédiées, mais également aux applications de son établissement. La réflexion s’élargit donc pour donner de la cohérence à l’ensemble du projet. Il s’agit de fédérer par le haut, mais pour cela, il faudra inviter l’ensemble des partenaires à se réunir autour de la table pour définir les rôles de chacun. Cette démarche permettrait entre autres d’éclaircir les partenariats et pouvoir mieux prendre en considération les choix de tous.
Naturellement l’ENT doit conserver son caractère pédagogique, et cette démarche n’a de sens que si elle maintient l’élève au centre du dispositif.
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S’interrogeant sur les situations créées par l’adoption de nouvelles pratiques, Dominique Maissa, principal du collège Raoul Dufy à Nice, propose des pistes de réflexion sur des sujets liés au quotidien des relations inter-établissement.
Même si l’usage reste à développer, il est déjà possible de travailler en réseau inter-établissement. Ces échanges existent principalement au niveau des chefs d’établissement. Ils sont anecdotiques lorsqu’il s’agit des profs ou des élèves entre eux. Il faudrait pouvoir monter des projets communs obligeant d’en généraliser la pratique. A ce jour, l’écart entre les différents utilisateurs demeure trop grand pour que ces échangent se banalisent.
Cependant, certains problèmes rencontrés avec la généralisation des ENT, ne devraient pas tarder à susciter une réflexion et un engagement plus dynamique auprès des personnes concernées. Que faire par exemple, à l’occasion du changement d’année scolaire, avec les dossiers des élèves de 3èmes sortant du collège ? Les stocker, les désactiver ou les supprimer ?? Sachant que c’est intéressant que les anciens élèves de troisième puissent encore se connecter quelques temps. Mais, il ne faudrait pas non plus que les classes se mélangent !…
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Yannick JOLY, fondateur et responsable commercial et marketing de la société ITOP, rappelle que cette réflexion académique est inscrite dans la Solution elle-même. La structuration de l’ENT en groupes de travail permet la diffusion puis la coordination d’ENT multiples, accessibles selon un statut et un profil bien définis. La logique de réseau inter établissement n’est d’ailleurs pas seulement horizontale, d’un collège à un autre sur le même département ! Elle doit être également verticale, d’un niveau de scolarité au suivant. C’est d’ailleurs le projet sur lequel la société ITOP travaille pour la rentrée 2010, avec la mise en réseau d’écoles communales, de collèges et de lycées…
Le groupe de travail est la boîte à outil par défaut de l’ENT ITOP : il permet à la fois de faire de l’administratif, une salle des professeurs, de la pédagogie différenciée, un espace pour les parents d’élèves, mais aussi de pouvoir faire intervenir des partenaires extérieurs notamment pour les entreprises des élèves qui sont en stage. A titre individuel, l’enseignant utilisateur peut créer des groupes de travail avec différents profils (élèves, parents d’élèves, collègues intra ou inter établissements, etc.). Il pilote ces groupes de travail et définit le statut des différents utilisateurs réels et potentiels. C’est comme un ENT à l’intérieur de l’ENT !!!
Dans les Alpes-Maritimes, ITOP prévoit pour la rentrée 2010 de développer la logique inter-établissement non plus horizontalement mais verticalement. Il s’agit en effet d’associer le triptyque école, collège et lycée, c’est-à-dire de proposer une même solution sur les trois niveaux. En termes d’usages, il est intéressant de pouvoir conserver le même outil (sachant que selon les niveaux il a naturellement ses propres spécificités). Cette mise en réseau réunira dans un premier temps 20 écoles élémentaires, 68 collèges et 5 lycées. Elle permettra notamment des échanges entre élèves au niveau des classes charnières de changement de cycle (CM2/6ème ou 3ème/2nde, etc.), sur les questions d’orientation, de vie scolaire, etc.
ENT, un label HQEN pour les collèges
Elaboré en partenariat avec le rectorat, le Label HQEN propose « un nouveau dispositif destiné à mettre en marche tous les établissements vers l’excellence numérique ». Cet « outil mis à la disposition des collèges vise à :
- Officialiser l’engagement TICE de l’établissement et matérialiser une reconnaissance numérique départementale, académique et nationale.
- Permettre une autoévaluation du collège au regard des usages des TICE.
- Tracer des lignes et des objectifs de progression en termes d’usages des TICE.
- Apprécier et orienter les efforts conjoints réalisés par l’académie de Nice et le Conseil général des Alpes-Maritimes dans le domaine des TICE. »
(Lire l’intégralité du document de présentation)
Le label HQEN s’inscrit dans une logique multiple de développement des TICE dans les établissements des Alpes-Maritimes. Un désir de faire partager son expérience et ses acquis pour les collèges les plus avancés (le faire savoir), une occasion de situer et d’évaluer une action qui s’inscrit dans le long terme (être informé du comment on progresse, des points à améliorer, …).
Un outil d’émulation : reconnaître le travail réalisé
- A l’échelle du département, faire savoir et partager.
- A l’échelle des équipes administratives et pédagogiques des établissements : définir une vision commune et partagée sur les différents aspects liés au fonctionnement du collège (ce qui a été fait, ce qui doit l’être encore).
Un outil de pilotage : se projeter dans l’avenir
- A l’échelle des collèges : se projeter dans une logique de définition des besoins en matériel, en personnels et en financement.
- A l’échelle du Conseil général et du rectorat, pouvoir disposer d’un état régulier et évolutif des usages et équipements en TICE sur son territoire et ainsi en modifier le curseur pour améliorer et rééquilibrer les investissements et les actions à mener en faveur du développement des TICE.
- A l’échelle nationale, mutualiser et généraliser un outil que le Conseil général est d’ores et déjà prêt à partager !
Michel Cador, chargé de mission TICE au Conseil général, revient sur les modalités pratiques de la mise en œuvre d’un projet planifié pour janvier 2011.
Il s’agit d’un label qui qualifie la qualité numérique de l’établissement ! Après discussion et accord avec nos partenaires académiques, nous avons proposé aux établissements de se présenter volontairement pour l’obtention de ce label collèges numériques. Les critères définis permettent aux collèges de s’auto-évaluer (il ne s’agit pas d’aller enquêter en leur sein) et de présenter un dossier au département et à l’académie pour obtenir ce Label de Haute Qualité d’Education Numérique. Pourquoi ? C’est une émulation : les collèges labellisés seront peut-être amenés à progresser et à faire de la communication sur leur qualité numérique. Il s’agit d’abord de créer une dynamique autour du numérique. Le dispositif sera en place à compter de la rentrée de septembre (2010), le label HQEN sera délivré à partir de janvier 2011. Pour l’obtenir, il faut pouvoir répondre à un certain nombre de critères, dont certains incontournables :
- le collège doit avoir inséré un projet TICE dans son projet d’établissement
- le collège doit disposer d’un certain nombre de ressources affectées à l’usage des technologies
- le collège doit avoir des collaborateurs internes chargés du support
… d’autres plus classiques :
- l’équipement du collège (taux d’ordinateurs)
- le niveau d’Internet mis en place.
[Consulter le tableau de l'ensemble des critères retenus pour la labellisation HQEN sur le
Livret de présentation du Label HQEN]Au final, la somme des notes obtenues sur chacun des critères définit la qualité numérique de l’établissement (là aussi, il y a des degrés : numérique débutant, numérique, numérique confirmé). Il faut créer au niveau des collèges la volonté de progresser : si on ne satisfait pas à un critère, cela peut constituer un objectif pour l’année suivante !
Bilan et perspectives d’Agora 06
Vice-président du Conseil Général des Alpes-Maritimes, Georges Roux se projette déjà dans l’avenir en revenant sur les usages expérimentés sur l’ENT lors de la dernière année scolaire (2009-2010). C’est l’occasion aussi de nous faire découvrir les tenants et les aboutissants d’un partenariat durable avec l’académie de Nice, pierre angulaire de la réussite d’Agora06.
Projets-ent.com : Quelle est l’implication concrète du Conseil Général des Alpes-Maritimes dans le déploiement des ENT ?
Georges ROUX : Pour donner de l’énergie, notre équipe constituée de 4 personnes, occupe le terrain et réfléchit pour ne pas perdre le contact avec le marché et ses évolutions. Il s’agit à chaque fois d’expérimenter de nouvelles couches à agréger sur l’ENT qui en permettra le partage (c’est le cas notamment du podcasting ou encore des manuels numériques). Dernière expérimentation en date, à l’initiative du Conseil Général, une visioconférence sur tout le bassin méditerranéen. Au départ le projet ne devait concerner que les régions littorales (Ligurie avec Gènes, Languedoc avec Montpellier, Catalogne avec Barcelone, mais aussi Tunis sur la côte tunisienne). Aujourd’hui, le succès de cette première expérimentation mobilise les Etats eux-mêmes : l’Italie, l’Espagne mais aussi l’Algérie et le Maroc veulent s’y associer. L’objectif, reconstituer l’histoire de l’espace méditerranéen et réfléchir ensemble à sa préservation culturelle et écologique. Ceci est en marche ! Il y a une mémoire et des visions à partager de part et d’autre de la Méditerranée ! Bruxelles devrait aussi soutenir financièrement le projet. Mais au-delà, il y a la volonté constante du Conseil Général de banaliser les usages de l’ENT et d’en faire un espace référent et élargi bien au-delà des établissements.
Les dernières expérimentations ont permis enfin de rapprocher toujours plus les partenaires. Tout au long de l’aventure de la généralisation des ENT, nous avons pu constater avec plaisir que académie et collectivité pouvaient travailler, réfléchir et créer ensemble ! Chaque fois qu’une nouvelle expérience peut être lancée, les deux acteurs s’y lancent aussitôt en parfaits partenaires. Ce rapprochement touche tous les acteurs de la communauté et plus particulièrement les femmes et les hommes sur le terrain.
Projets-ent.com : Quelles sont les perspectives et le rôle du Conseil Général dans l’avenir de l’ENT ?
Georges ROUX : Personne ne peut prédire quelle sera la nature de l’ENT dans 10 ans ! Il y a toujours plus d’outils nouveaux et il faut donc être en capacité d’aller de l’avant, tout en tenant compte des prérogatives de toute collectivité : veiller à l’équité des services mis à disposition tant sur les structures que sur les ressources (uniformisation de l’équipement dans tous les établissements ou extension de l’usage du livre numérique).
Il faut non seulement se montrer imaginatif mais il faut aussi anticiper les investissements structurels : aujourd’hui par exemple, le Conseil Général veille à ce que toutes les classes soient équipées en vidéoprojecteur. L’enseignant qui décidera du jour au lendemain d’utiliser les manuels numériques sera tout de suite opérationnel ! S’il y a aujourd’hui 1 PC pour 5 élèves, soit 10.000 PC, nous serons peut-être un jour amenés à proposer des ordinateurs portables à la place des PC, voire des i-pad… Mais ceci, comme tout ce que nous faisons, avec discernement et après des expérimentations réunissant tous les partenaires, y compris les parents d’élèves.
En attendant, c’est la géographie du collège qui sera amenée à être modifiée ! A terme la salle informatique, hormis pour les sciences et la technologie sera sans doute vouée à disparaître… La révolution numérique doit donc se projeter aussi dans la construction des collèges du futur : il est depuis longtemps inutile de prévoir la salle de 50m2 de l’époque de Jules Ferry… En revanche des salles équipées en grand écran ou des salles modulables pour permettre le travail personnalisé, constituent les nouveaux modèles à inventer et de nouveaux challenges !
Déployer l’ENT : l’accompagnement avant la généralisation
« Contrairement à d’autres régions, dans l’académie de Nice la priorité n’était pas à la généralisation mais à l’accompagnement ! », l’affirmation d’André Marcant, résume la démarche suivie pour le déploiement des ENT en Alpes-Maritimes. Approche spécifique qui a conduit in fine à une généralisation plus rapide que celle initialement programmée et qui explique sans doute pourquoi les formes d’accompagnement retrouvées dans le département sont aussi variées que multiples.
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L’accompagnement en chiffres 2300 heures de formation dans le domaine des TICE … auxquelles, il faut ajouter les formations dans chaque établissement assurées directement par les animateurs et les coordonnateurs une trentaine d’heures par établissement. Lire le détail du dispositif dans le département des Alpes-Maritimes |
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Le déploiement sous la forme du volontariat
André Marcant, responsable TICE auprès du Recteur de Nice
En 2007, on a fait un appel à candidature auprès des établissements, et ne démarraient que des collèges volontaires : cela a commencé doucement mais l’avantage c’est que ces établissements voulaient s’engager dans cette démarche de changement. On a procédé comme cela pour chaque vague. Sachant qu’il y a 72 collèges publics dans les Alpes-Maritimes, tous les établissements se sont en réalité portés volontaires pour entrer dans le dispositif. On avait prévu de déployer sur 4 ans mais la demande a été tellement forte qu’elle s’est déroulée sur trois ! Dans cette dernière vague, deux collèges seulement se sont montrés réticents davantage pour des raisons techniques (l’un d’eux rencontrait un problème de débit sur un territoire un peu isolé, même si cela reste très rare, le Conseil Général ayant fait un travail d’équipement remarquable) et administratifs (le départ programmé à la prochaine rentrée du chef d’établissement d’un autre rendait difficile le lancement du dispositif)… Aujourd’hui, ces obstacles sont levés et la généralisation entre donc dans sa dernière phase de déploiement !
Récapitulatif des vagues de déploiement
| Années de déploiement | Collèges |
| 2008-2009 | 15 |
| 2009-2010 | 37 |
| 2010-2011 | 20 (et 9 privés sous contrat) |
On peut aussi se reporter sur le site académique à l’historique de la généralisation dans les Alpes-Maritimes
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L’accompagnement, une logique de modélisation
Pour André Marcant, la clé de la réussite de la généralisation passe par la logique proactive et pragmatique de l’académie en termes de formation et d’accompagnement (d’après la lettre d’INFOTICE publiée juin 2010 ou sur son fichier PDF).
1- Pour la seconde vague, la MATICE a ainsi pu proposer 4 types de formations agissant par couche d’imprégnation :
Des formations initiales au démarrage des ENT par cibles :
Une formation disciplinaire Sur proposition du Chef d’établissement, 4 enseignants se voient proposer 2 formations de 3 heures, l’une à caractère technique, l’autre à orientation pédagogique Une formation complémentaire réservée aux Administrateurs ENT Chaque année son contenu est lié à des problématiques différentes : en 2010, une séance de 3 heures permettra de dresser le tableau des gestes à réaliser en cas de dysfonctionnements. Une journée de formation complémentaire à l’intention des chefs d’établissements Organisée le 8 décembre 2009, ils ont pu assister à une conférence intitulée « ENT, les TICE au service du pilotage de l’établissement » |
Il existe enfin des temps forts pour des rencontres entre les différents acteurs de l’ENT qui constituent autant d’occasions d’échanger et partager sur les usages, les procédures et sur les ENT.
Pour la rentrée 2010, l’académie proposera une formation à distance (FOAD) via Paiform@nce.
2- A la formation s’ajoute un accompagnement régulier tout au long de l’année
- Au quotidien, un dispositif d’assistance permet de résoudre la plupart des problèmes techniques grâce au PAM (Plateformes d’Assistance Mutualisée) ;
- de façon hebdomadaire, des animateurs TICE de bassin se rendent disponibles auprès de leurs établissements de référence.
- Ponctuellement, des stages sont organisés pour répondre aux questions des enseignants.
Notons enfin que l’ensemble des actions d’accompagnement peut constituer une synthèse de toutes celles qui ont été expérimentées sur d’autres territoires. Le nombre et la diversité des actions illustrent l’importance donnée à l’accompagnement dans la phase nécessaire d’appropriation de l’outil. Ils rappellent également que sa réussite passe par l’échange et le partage de ces process expérimentés dans les territoires.
ENT Agora06, l’ère des ressources
Le 15 juin dernier au collège Valbonne de Sophia-Antipolis, la dernière réunion rassemblant les principaux partenaires et acteurs de l’ENT s’est déroulée en deux temps :
- une phase passage de témoins animée par les chefs d’établissement qui ont pu transmettre savoir-faire et conseils d’usages aux représentants des derniers collèges entrant dans la généralisation ;
- un temps consacré aux retours des nouveaux usages expérimentés sur l’ENT.
Comme nos interlocuteurs académiques et des collectivités le répètent souvent, « aujourd’hui on ne parle plus de problèmes techniques, on échange enfin sur les usages !» André Marcant, CTICE auprès du Recteur, précise que « lors du déploiement des ENT, la vie scolaire n’est qu’un prétexte pour démarrer ! Le pédagogique reste notre priorité, d’autant que la collectivité est très active pour financer l’intégration des ressources : manuel numérique ou encore Podcasting ». Cet activisme est visible dans les choix du Conseil général d’étendre aux classes de 5ème l’expérimentation du manuel numérique dans les classes de sixième de deux collèges du département (Pierre Bertonne à Antibes et René Cassin à Tourette Levens) ; dès la rentrée 2010, 10 nouveaux collèges l’expérimenteront à leur tour ! Il s’agira ensuite de décider l’ampleur à donner et des logiques de financement à définir pour en généraliser l’usage.
Podcaster, un usage en expansion
Les usages du podcast sur l’ENT, qui sont autant audio que vidéos, se multiplient ! Cantonné originellement aux langues, le Podcasting est en train de gagner toutes les disciplines, sans doute parce qu’il reprend des usages banals et quotidiens des élèves ! Les premiers retours de l’expérimentation sont d’ailleurs très riches.
Le module de podcast dans l’ENT permet à la fois aux élèves de :
- travailler individuellement (s’enregistrer et se réécouter, notamment en langue) et donc de pouvoir s’entraîner !
- réécouter un texte donné par l’enseignant et faire les exercices qui l’accompagnent et d’effectuer ainsi un travail aussi bien à la maison qu’en classe.
… ses usages sont en réalité bien souvent le résultat de la prise en main qu’en fait l’enseignant qui dispose d’un outil à la fois simple et facilement transportable (les élèves pouvant en charger les fichiers sur leurs lecteurs MP3).
Quelques exemples d’usages spécifiques
- pour les langues : l’enseignant peut s’enregistrer et faire ainsi travailler l’oral aux élèves, tout en y indexant des questions pour des exercices complémentaires à réaliser à la maison ;
- utilisation pour l’entraînement aux épreuves de mémorisation du Brevet, notamment en historie-géographie dont l’élève peut réécouter les cours enregistrés par son enseignant ;
- pour le professeur d’EPS qui filme une séquence pour travailler avec les élèves sur les gestes à perfectionner ;
- pour le professeur de SVT ou de Sciences physiques, pouvoir filmer une expérience compliquée à mettre en place (longue, coûteuse, requérant un matériel spécifique qui n’est pas toujours à disposition, etc.) qui pourra être reprise par un collègue mais aussi diffusable dans un autre établissement ne disposant pas, par exemple du matériel nécessaire à son élaboration ;
- etc.
Sur le terrain, accompagner les parents
Présents physiquement au quotidien dans l’enceinte de l’établissement, personnels administratifs, enseignants et naturellement élèves peuvent facilement être sensibilisés au dispositif ENT et se familiariser rapidement avec l’outil.
Il en est tout autrement pour les parents ! Mettre à leur disposition un espace réservé sur l’ENT avec une FAQ ne suffit pas à les inciter à s’en servir et a fortiori à se l’approprier, même si avoir accès aux notes et aux absences de leurs enfants constitue pour certains une motivation suffisante…
Dans les Alpes-Maritimes, les chefs d’établissement, auxquels comme ailleurs incombe la responsabilité de cette communication, rivalisent d’esprit d’initiative pour créer les conditions de ce rapprochement qui doit les conduire à s’y connecter sans réticences.
Etape incontournable, les principaux des collèges ont d’abord la responsabilité de délivrer les comptes et codes d’accès utilisateurs à chaque parent. Le choix du moment est important. Même si, en règle générale, il est recommandé de les transmettre au plus vite, on peut comprendre que, notamment dans les établissements qui démarrent le déploiement en cours d’année, chacun attende que le dispositif soit bien rôdé pour intégrer les parents.
- Classiquement, les principaux des collèges donnent les codes et comptes utilisateurs à l’occasion de la première réunion des parents avec les enseignants. Dans certains collèges, des espaces de démonstration sont proposés aux parents qui attendent d’être reçus par les enseignants, où ils peuvent découvrir l’outil et poser leurs questions !
- Parallèlement et à l’initiative du Rectorat, des Journées Portes Ouvertes sont dédiées aux TICE. Une quinzaine d’établissements préparent des ateliers sur une journée, les plus souvent centrés autour des nouvelles technologies et des différentes disciplines enseignées au collège, animés par les enseignants eux-mêmes.
- Citons enfin les collèges qui tout au long de l’année, accueillent, en-dehors du temps scolaire, les parents pour toutes leurs questions ayant trait aux TICE. L’accès aux TICE constitue une opportunité d’ouvrir davantage le collège vers l’extérieur. Le principal organise des soirées de sensibilisation à l’usage des TICE, prétexte bien souvent à les inciter à utiliser davantage l’ENT. En début d’année, c’est l’occasion de leur fournir les codes d’accès et de sensibiliser les nouveaux aux diverses fonctionnalités de l’outil. Mais cette initiative peut être renouvelée. Attaché au principe qu’un bon ENT est un ENT utilisé par l’ensemble de la communauté éducative, le chef d’établissement, lorsqu’il considère insuffisant le taux de connexions des parents, les convie à de nouvelles soirées d’information !
En général, dans les Alpes-Maritimes, à l’image d’un déploiement qui s’est effectué plus rapidement que prévu, cette implication des parents s’est faite d’autant plus facilement qu’ils étaient très demandeurs et que la compréhension et l’usage du logiciel étaient d’une grande simplicité. Les expériences menées sur le terrain pour sensibiliser les parents, rappellent que si les échanges induits par le déploiement d’un ENT facilitent les relations entre les différents acteurs de la communauté, ils permettent de tisser du lien social au-delà même de l’espace établissement !








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