Les « indicateurs natifs » : quelles limites ?
| Les plateformes ENT possèdent en général un dispositif de comptage qui peut prendre des formes très différentes.
Ces plateformes étant basées sur des infrastructures Internet, elles proposent généralement des indicateurs techniques permettant de connaître et de contrôler le volume de la bande passante, la charge des serveurs et, de façon générale, la performance et la disponibilité de l’infrastructure. Elles permettent aussi, par l’enregistrement automatique dans le journal des logs de toute l’activité effectuée sur la plateforme, de conserver et de consulter dans le détail les accès aux différentes pages constitutives de l’ENT. Essentielles pour les spécialistes techniques, les informations proposées ne sont le plus souvent accessibles et significatives que pour ces derniers. Le recteur, le président du conseil régional, le président du conseil général, le porteur de projet lui-même n’ont guère accès à ces données. Des analyses de second niveau doivent être produites à leur usage. Cependant, quand ils existent, ces dispositifs visant à fournir des informations statistiques sur les usages diffèrent considérablement d’une plateforme à l’autre, en raison de l’utilisation de méthodes de comptage diverses : analyseurs de logs, décompte des pages chargées, des clics de navigation, en sorte que les analyses reflètent moins l’activité réelle de l’utilisateur de l’ENT que celle de la plateforme. Par ailleurs, les exploitations reprennent tout naturellement la dénomination des outils présents dans chaque plateforme ENT : « chat », « wiki », « mes articles », « portfolio » ou « blog », qui ne renseignent qu’imparfaitement le lecteur sur la nature du service utilisé. Enfin, certains projets ont recours simultanément à plusieurs plateformes différentes. La comparaison de l’utilisation des différents services est alors pratiquement impossible. Chaque ENT dispose en effet de son propre dispositif de comptage, vraisemblablement différent de celui de son voisin. Les différentes plateformes ne présentent pas les mêmes services, ni en nombre, ni en « définition ». L’utilisation des services présents à l’intérieur de chacun des ENT peut engendrer des nombres de « hits » extrêmement différents les uns des autres en fonction de la structuration même de la page (présence d’images, de feuilles de style…) et de l’ergonomie de l’outil (nombre de pages consultées pour aboutir à une même action, par exemple). Comment alors parler collectivement des ENT ? Comment en mesurer et en décrire les utilisations ? Comment permettre le dialogue entre les différents acteurs et apporter un minimum d’informations fiables aux décideurs, s’agissant de la seule question qui vaille : est-ce qu’on s’en sert et pour quoi faire ? |
