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Les plates formes virtuelles d’apprentissage

Composantes
Au Danemark, l’intérêt pour les plates formes virtuelles d’apprentissage s’est développé fin des années 90 – début des années 2000. Les initiatives en la matière se sont développées étape par étape mais toujours en étroite synergie les unes par rapport aux autres, chaque étape correspondant en quelque sorte au développement d’un type de service spécifique. A ce jour, ces initiatives successives sont encore en fonction. Il s’agit du service de messagerie SKOLEKOM, du portail de ressources éducatives digitales EMU et du réseau SKOLEINTRA qui, ensemble, constituent la colonne vertébrale de l’approche danoise en matière de plates formes virtuelles d’apprentissage.

SKOLEKOM (www.skolekom.dk)
Ce service web de messagerie (emails) et de téléconférences (thématiques) a été mis en oeuvre dès 1995. Il est destiné aux enseignants, au personnel éducatif dans son ensemble et aux étudiants de tous les établissements scolaires publics. Dès le départ, le principal objectif a été de créer un espace pédagogique destiné à tous les établissements scolaires publics, une sorte de salle de classe à l’échelle nationale.

SKOLEKOM compte actuellement quelques 600.000 utilisateurs inscrits, dont 250.000 sont actifs. Le trafic atteint 120.000 connexions journalières et l’on dénombre quelque 2.000 utilisateurs simultanés. A l’échelle nationale, il existe 2.000 à 3.000 conférences ouvertes dans trois sections différentes : l’une pour les enseignants, la seconde pour l’apprentissage des élèves et la troisième pour la communication avec les familles. Ce dernier volet offrant des possibilités de communication entre les écoles et les parents d’élèves est actuellement au banc d’essai. On dénombre en outre 60.000 à 70.000 conférences fermées, c’est-àdire organisées non pas au niveau national mais au sein des établissements eux-mêmes. La plupart d’entre elles se déroulent en intranet permettant aux établissements scolaires de partager des informations et des fonctions de calendrier entre les enseignants et les élèves. Pour le reste, il s’agit de forums de discussion nationaux fermés, utilisés généralement par des groupes d’enseignants en charge de la même matière, et par des associations d’enseignants.

Le système SkoleKom est directement géré par UNI-C (environ 12 employés au total y travaillent). UNI-C est responsable du support, de la maintenance, des ventes ou encore du développement. Les seuls autres intervenants sont les établissements scolaires ainsi que le Ministère danois de l’Enseignement. UNI-C s’est engagé dans le cadre d’un contrat avec la société Open Text, proposant aux écoles des tarifs en fonction de leur taille et du nombre d’années d’enseignement dispensé (de 50 € à 90 € par an).

Skolekom est basé sur le logiciel collaboratif First Class développé par la société canadienne Open text. Ce logiciel permet aux utilisateurs de se connecter au système n’importe où dans le monde ; toutes les communications entre le serveur et les utilisateurs sont cryptées. Tous les utilisateurs sont connectés à un seul serveur, capable de gérer 5.000 utilisateurs à la fois. SkoleKom représente uniquement l’infrastructure. Les politiques se sont donné comme objectif d’encourager l’utilisation de Sektornet – un ensemble de câbles de transmission de données à haut débit permettant de connecter les institutions pédagogiques afin de soutenir le déploiement de SkoleKom et autres environnements d’apprentissage virtuels.

EMU (www.emu.dk)
Ce portail national, créé en 1999 à l’initiative du ministère de l’éducation, propose des ressources digitales pour les établissements d’enseignement. EMU (Electronic meeting place for the Educational World – Plate forme électronique de rencontre du monde éducatif) est toujours en fonction actuellement. Sa mise en oeuvre et sa gestion sont assurées par UNI-C.
EMU propose tous les types d’information et de ressources pertinents pour les élèves, les enseignants et les parents, et ce de façon centralisée. Le portail accueille en outre une série de ‘sous-sites’ web tels qu’un guide d’information par matière renvoyant vers les liens (adresses électroniques) les plus qualitatifs, le e-Musée, le catalogue national des ressources d’apprentissage, les exemples de bonnes pratiques, les concours et évènements, etc. La plupart des services qu’il propose sont gratuits. EMU donne également accès au site SkoDa, exploité directement par UNI-C de façon commerciale, qui donne accès à toute une série de bases de données telles que les encyclopédies et les articles de journaux. EMU donne accès aux ressources digitales produites par les éditeurs commerciaux, qu’il s’agisse de firmes confirmées ou de plus petites entreprises moins connues. Les éditeurs accompagnent leurs produits des métadonnées nécessaires au bon fonctionnement des moteurs de recherche. Les éditeurs les plus importants proposent en outre leurs produits sur leurs propres sites qu’ils utilisent comme outil principal de promotion. Donnant accès tant aux ressources digitales commerciales (et payantes) qu’aux produits publics et gratuits, EMU reflète ainsi une politique qui s’attache, et semble parvenir, à maintenir un bon équilibre entre secteur public et secteur marchand.
Une adaptation permanente des services mis à disposition en fonction de l’évolution des besoins et opportunités, ainsi qu’à une redéfinition constante des missions respectives du public et du privé, sont les principales composantes d’une telle stratégie. UNI-C joue ici aussi un rôle central dans la mesure où le ministère lui confie la conception et la mise en oeuvre de ses initiatives en matière d’eEducation quitte à ce qu’UNI-C se retire des initiatives qu’il a lui-même lancées à partir du moment où celles-ci sont arrivées à maturité et peuvent être régulées par le marché.

Un système de login universel ayant été mis en place au Danemark pour différents services web avant même la création d’EMU, c’est avec leur “UNI login” que chaque élève et chaque enseignant accèdent à EMU ainsi qu’aux autres services en ligne auxquelles souscrivent leur école. Cette utilisation du login universel pour accéder à EMU fait d’ailleurs partie des éléments considérés comme une des raisons pour lesquelles le portail EMU a rapidement disposé d’une masse critique d’utilisateurs.

A l’heure actuelle, le nombre d’utilisateurs hebdomadaires, dits “uniques” (c’est-à-dire sans tenir compte du fait qu’un même utilisateur vienne éventuellement plusieurs fois sur la période considérée) s’élève à 185.000, soit environ ¼ de la communauté danoise au niveau de l’enseignement primaire et secondaire inférieur.

SKOLEINTRA (www.skoleintra.dk)
Ce système intranet destiné au partage des informations et des connaissances a été lancé en 2001. SKOLEINTRA est une plate forme de communication et d’information qui fonctionne comme un réseau fermé auquel seuls certains utilisateurs peuvent accéder (la gestion de l’accès est entre les mains d’UNI-C). Elle comporte plusieurs modules, entre lesquels les échanges de données sont possibles. La mise à disposition de ces modules s’est échelonnée dans le temps.

• Le module principal est LaererIntra (Intranet Enseignants), mis à disposition en 2001 ; il propose les outils de base permettant l’archivage de documents, le travail en équipe et la gestion entre enseignants des activités scolaires (réservation de salles, calendrier, etc.) et il donne accès à Skolekom (messagerie électronique et conférences virtuelles ; voir précédemment).

• Le module ElevIntra (Intranet Elèves) a été opérationnel au même moment (2001). Il permet la gestion des travaux entre élèves et enseignants et diffuse des informations sur la vie de l’école.

• Les modules ForaEldre (Forum Parents) et Infokiosk (service d’information sur les établissements) ont été mis en oeuvre en 2005. Le premier informe les parents sur la vie de l’école et sur le travail quotidien des enfants ; il permet également aux parents de communiquer entre eux. Le second diffuse en temps réel l’information relative à l’établissement (annonce les fermetures d’établissement en fonction de la météo, etc.). Le module ForaEldre a en fait été développé pour répondre à une demande existante des parents qui jusque là utilisaient le login de leur enfant pour accéder à la plate forme et y prendre connaissance de la vie scolaire. La tradition de participation et de coopération entre les parents et l’école est en effet forte au Danemark.

• Le module FaellesNet (intranet municipal partagé) a été mis à disposition en 2006, à la demande des autorités locales, pour gérer et échanger l’information relative à l’ensemble des établissements d’enseignement sur leurs territoires respectifs.

• Un module SkolePorten (Portail Ecole), est en outre opérationnel depuis 2006 et permet à l’établissement scolaire d’ajouter des services supplémentaires aux modules sus mentionnés (pages web pour présenter l’établissement, etc.) et d’y accéder par le biais du même UNI login.

L’utilisation de l’ensemble de ces modules (LaererIntra, ElevIntra, ForaEldre, Infokiosk, etc.) coûte à l’établissement l’équivalent de 4.000 € la première année et 1.500 € les années suivantes.

 

Déploiement

Actuellement, la situation danoise en matière de plates formes virtuelles d’apprentissage se résume comme suit :
• Au niveau de l’enseignement primaire et secondaire inférieur, 95% des écoles publiques utilisent SKOLEINTRA ; le reste utilise des plates formes de type Fronter ou des solutions danoises disponibles sur le marché.
• Au niveau de l’enseignement secondaire supérieur, SKOLEINTRA n’est quasiment pas utilisé ; les plates formes choisies par les établissements reposent sur les systèmes LEKTIO, Blackboard, Fronter ou It’s Learning. UNI-C apporte un soutien aux établissements qui ont opté en particulier pour la solution It’s Learning.

Le tableau ci-après donne une idée de l’utilisation de Skoleintra par les parents, les enseignants et les élèves pour le mois de septembre 2009 :

 

A l’heure actuelle, la proportion des non-utilisateurs au sein d’une école est faible, seuls un à deux enseignants ne se servent pas du tout de SkoleIntra. Si les réticences étaient plus nombreuses il y a cinq ans, elles se sont à présent atténuées. Les enseignants constatent que la société a évolué et que le gouvernement et le shopping en ligne sont désormais intégrés dans la vie de tous les jours au point de devenir une pratique courante.

Le déploiement s’est fait progressivement, au rythme des besoins des utilisateurs.

Il n’y a pas eu au Danemark à proprement parler de phase pilote concernant la mise en oeuvre de Skoleintra. Le dispositif a été développé au départ par deux enseignants qui souhaitaient doter leur propre établissement d’enseignement d’une plate forme virtuelle d’apprentissage. Ces enseignants sont entrés en contact avec UNI-C pour proposer leur modèle de plate forme ainsi qu’une collaboration pour les aider à la développer, la stabiliser et la diffuser plus largement. L’initiative bénéficiait en effet d’un intérêt certain de la part de pas mal d’enseignants qui y voyaient un outil particulièrement en phase avec leurs besoins dans la mesure où il était conçu par des enseignants qui avaient donc une connaissance très précise du contexte et des fonctions nécessaires.

Le produit s’est ensuite développé progressivement, sur la base des commentaires exprimés par les enseignants utilisateurs à l’attention des développeurs (notamment par le biais d’un forum de discussion sur SKOLEKOM) ce qui a semble-t-il permis une collaboration extrêmement bien huilée entre les deux parties. La prise en compte des besoins concrets exprimés par les enseignants, voire dans certains cas leur anticipation, a guidé le développement de SKOLEINTRA. A titre d’exemple, lorsque le ministère a décidé en 2007 de rendre obligatoire pour chaque élève la rédaction par l’enseignant d’une évaluation annuelle écrite et détaillée, SKOLEINTRA a mis à disposition les outils nécessaires à la réalisation de tels rapports pour en simplifier la tâche.

Le système SkoleIntra s’est ainsi profilé comme le système le plus populaire, conforté en ce sens par son utilisation dans la plupart des municipalités. Les écoles qui l’utilisent sont dès lors devenues des exemples à suivre, raison pour laquelle la notoriété du système s’est développée de manière exponentielle.

Usages et usagers

Usages pédagogiques
Si 97% des établissements scolaires danois (publics et privés) utilisent une plate forme virtuelle d’apprentissage, ils le font surtout à des fins administratives plutôt que pédagogiques. Plusieurs évaluations sont menées, en vue d’identifier les aspects à améliorer. La relativement faible utilisation pédagogique revient comme un leitmotiv, ainsi que la formation inefficace des enseignants. Une étude menée en 2009 par l’Institut d’Evaluation danois EVA a montré que les systèmes de partage d’informations et de connaissances sont utilisés par les enseignants – ainsi qu’entre les enseignants et la direction de l’école – essentiellement à des fins administratives et organisationnelles (par exemple pour commander des équipements et du matériel). En revanche, ces systèmes sont rarement utilisés dans le but de partager des connaissances entre les enseignants et entre les enseignants, les élèves et leurs parents.

Lorsque les plates formes virtuelles d’apprentissage ont été conçues, le gouvernement s’attendait pourtant à ce que les élèves en soient les principaux utilisateurs. En réalité, l’utilisation du système par les apprenants à des fins d’apprentissage s’est avérée relativement faible tant il est vrai que les apprenants n’avaient pas de raison de s’en servir, contrairement aux enseignants. Ces derniers ont été les premiers utilisateurs des plates formes dans la mesure où les enseignants danois jouissent d’une grande autonomie ; le système des plates formes virtuelles s’intègre en ce sens parfaitement à leurs méthodes de travail et à leurs comportements. En outre, une bonne partie de l’enseignement se base sur des projets réalisés en équipe, et les plates formes virtuelles soutiennent cette approche. Cinq ans après la mise en oeuvre de ces plates formes, une troisième vague d’utilisateurs est en train de s’amorcer avec les apprenants, mais dans ce domaine les progrès à faire sont encore nombreux.

Les plates formes ont toutefois permis, insensiblement, d’établir un nouveau niveau de collaboration et de communication constructif entre les enseignants à l’échelle nationale (niveau élevé), entre les enseignants et les apprenants – à l’école ou en dehors de l’école – ainsi qu’entre les apprenants. Les échanges entre l’enseignant et l’élève ne se résument pas à une relation formelle, mais plutôt à une assistance apportée par l’enseignant à l’élève sous de multiples formes. Il s’agit en quelque sorte d’une simple prolongation sous forme électronique de quelque chose qui se passe de toutes façons : un contact étroit entre l’enseignant et ses élèves dans la mesure où un enseignant est souvent responsable de la même classe de la première à la cinquième année, voire même au-delà. Il en découle qu’en classe, les relations entre enseignants et apprenants semblent “détendues”. A tel point qu’il est considéré comme normal que les élèves envoient des messages (SMS) à leurs professeurs en utilisant leur numéro de téléphone portable personnel. Si cette proximité peut être considérée comme une source de préoccupation dans de nombreux pays, cette pratique ne crée pas de problème au Danemark.

Usages de communication
Les plates formes virtuelles encouragent la communication entre les parents et leurs enfants, entre les parents ainsi qu’entre les parents et les enseignants. Grâce au système ‘Unilogin’, chaque utilisateur a sa propre identité. Le succès rencontré par les plates formes d’apprentissage virtuel auprès des enseignants a été suivi par celui rencontré auprès des parents, lesquels apprécient de recevoir des alertes et des SMS contenant des informations sur l’école. Les parents danois aiment en effet savoir ce que font leurs enfants en classe, quelles excursions scolaires sont organisées ou simplement avoir des contacts avec les enseignants. La plupart du temps, l’intérêt manifesté par les parents n’est pas motivé par un souci de contrôle mais de partage d’information et de participation.

Des problèmes relatifs à la protection des données se sont posés (c’est le cas des listes de classes), entraînant ainsi une limitation des autorisations. Cependant, étant donné que les plates formes font généralement l’objet d’un développement à l’échelle locale, aucune menace réelle ne pèse sur la vie privée. Le syndicat des enseignants s’est néanmoins opposé à l’une des fonctions du système qui permet d’envoyer des SMS sur les téléphones portables personnels des enseignants, avançant ses préoccupations en termes de contrôle sur les enseignants. Cette disposition s’inscrit toutefois dans un contexte où il est normal pour les parents d’envoyer des SMS aux enseignants dans le cas par exemple où leur enfant est malade.

Tous les messages sont en tous cas archivés et peuvent être récupérés en cas de nécessité.

Gouvernance

Dans un premier temps, le gouvernement a cofinancé l’achat de plates formes virtuelles par les écoles à hauteur de 50%. Cette subvention a été supprimée depuis lors et les écoles financent la mise en place de plates formes virtuelles avec l’argent qu’elles reçoivent des municipalités (pour rappel, 4000 € la première année et 1500 € par année suivante ; ces montants sont payés à UNI-C). Les municipalités ont été très actives au moment du lancement de l’opération visant à remplacer les manuels scolaires par les nouvelles technologies dans les écoles, y compris en envisageant les plates formes virtuelles comme d’utiles supports en ce sens. Un directeur d’école pouvait néanmoins à tout moment refuser de collaborer. Toutefois la compétition entre écoles et le fait qu’il soit bien vu d’utiliser des plates formes virtuelles d’apprentissage, a fait en sorte que les parents trouvent aujourd’hui naturel qu’il y en ait dans les écoles et les enseignants ne conçoivent plus leur école sans ce système. La mise en oeuvre des plates formes d’apprentissage virtuel a en outre coïncidé avec une opération de fusion des municipalités (voir plus haut) et ces dernières ont du trouver un accord sur le type d’environnement virtuel à utiliser pour que le partage de l’information soit possible. Les enseignants ont alors opté massivement en faveur de SkoleIntra qui était leur environnement numérique de travail préféré. Ce choix fut une sorte de « mouvement populaire ».

Le gouvernement a dès lors déterminé le cadre et défini l’objectif global. UNI-C a pour sa part identifié les produits candidats et a agi en tant qu’intermédiaire entre les fournisseurs et les acheteurs, gérant et encourageant le processus général. Les écoles, et les autorités locales lorsqu’elles avaient décidé de regrouper les contrats de plusieurs établissements, se sont engagées dans le cadre d’un contrat avec le fournisseur. Le risque de poursuites judiciaires à l’encontre d’UNI-C de la part d’entreprises n’obtenant pas les commandes ou contestant le processus de sélection a été réduit par la mise en place d’une revue du système tous les deux ans afin de s’assurer que les objectifs soient bien remplis.

Choix technologiques et sécurité
SkoleIntra est un concept avancé, dans la mesure où il s’agit d’un système ouvert accueillant facilement de nouvelles fonctionnalités pour proposer aux utilisateurs de nouveaux produits, outils et services. La technologie des plates formes virtuelles Skoleintra n’est par contre pas particulièrement avancée ; elle se base sur le Web et nécessite peu d’équipement sophistiqué ou de dispositif de connectivité avancé. On peut y accéder au moyen d’une connexion lente, à partir d’un téléphone portable ou encore d’un iPhone. Le potentiel de certains produits nécessaire pour une utilisation à grande échelle est par exemple limité dans la mesure où les écoles doivent disposer d’un système de gestion informatisée particulier pour pouvoir s’en servir. UNI-C s’est en conséquence attelé à mettre au point des systèmes de transférabilité afin de permettre l’importation et l’exportation des données entre les différents systèmes. Le système dispose de trois niveaux de contrôle : UNI-C qui est responsable de la gestion des UNIlog, l’école et la classe/l’enseignant. Chaque école peut déterminer le niveau d’accès qu’elle donne aux parents. En règle générale, l’approche est très ouverte, jusqu’à ce qu’un problème survienne. Dans ce cas, le dispositif est très rapidement coupé et revu.

De manière générale, aucun contrôle des messages n’est effectué préalablement, mais il y en a un a posteriori, durant lequel les messages inadéquats peuvent être retirés. Le système dépend en grande partie de la responsabilité collective des utilisateurs – le produit final est rendu visible et public – une approche qui semble porter ses fruits. Cette confiance placée dans les enfants fait écho au traitement qui leur est réservé à l’école, où on leur permet d’utiliser leur téléphone portable ou leur ordinateur personnel de manière responsable durant les cours. Des enseignants témoignent du fait que les enfants sont conscients que leurs comportements peuvent/doivent varier d’un endroit à l’autre et rapportent que les cas d’abus dans l’utilisation de SkoleIntra sont peu nombreux. Même lorsque les enfants se connectent à la maison, ils adoptent un comportement semblable à celui qu’ils ont en classe, considérant généralement que s’ils se connectent à SkoleIntra, cela veut dire qu’ils entrent dans un état d’esprit de travail. Le système d’autorisation implique que les enseignants n’ont en aucun cas accès aux échanges entre les élèves (la classe détermine les niveaux d’autorisation, ce qui permet aux élèves d’exclure ou d’inviter certaines personnes). Cependant, les enseignants peuvent demander à UNI-C de leur fournir un fichier contenant l’historique des sessions et de désactiver les comptes des élèves en cas de problème. Les élèves peuvent télécharger des photos et des vidéos consacrées à des événements sociaux, mais uniquement lorsqu’il s’agit de photos/vidéos de groupes et non de personnes individuelles, à moins d’avoir reçu l’autorisation de leurs parents.

Les écoles déterminant le menu adapté à chaque niveau d’élèves, les plus jeunes disposent de quelques options graphiques simples tandis que les plus âgés peuvent consulter davantage de texte et ont également plus d’options.

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