Engagée en faveur de l’intégration des TIC dans l’éducation depuis longtemps, la Communauté autonome d’Andalousie démarre son action en matière de plates formes d’apprentissage virtuel en 2003.
Ces développements s’inscrivent dans la perspective plus large d’une politique de l’Andalousie en vue d’une société de la connaissance, dont les objectifs sont les suivants (décret du Parlement andalou du 18 mars 2003) :
- garantir à chaque citoyen un accès aux TIC sans discrimination (points d’accès à Internet organisés dans chaque municipalité, programmes d’alphabétisation digitale de la population adulte, établissements d’enseignement accessibles en dehors des heures de travail) ;
- faciliter l’accès aux services de l’administration sur Internet grâce au portail www.andaluciajunta.es comme canal d’information et prestataire de services.
Dans le domaine de l’éducation, il s’agit plus précisément :
- d’adapter l’offre d’enseignement public (équipement informatique, formation des enseignants, intégration des TIC dans la pratique pédagogique ainsi que dans la gestion des établissements et la communication au sein de la communauté éducative) ;
- d’accompagner ces objectifs par la coopération avec les musées et la création de la bibliothèque virtuelle d’Andalousie.
Le même décret du 18 mars 2003 stipule également que :
- pour tout achat d’ordinateur à des fins d’utilisation pédagogique dans les écoles, l’ensemble du matériel devra être compatible avec les systèmes d’exploitation libres. Les ordinateurs seront équipés de logiciels gratuits nécessaires à leur utilisation.
L’administration de la Communauté autonome d’Andalousie encourage l’utilisation des logiciels éducatifs gratuits à des fins personnelles, à la maison et à l’école (service d’assistance Internet mis sur pied pour fournir des conseils en matière d’installation et d’utilisation de ces logiciels).
And@red
Adopté en 2003, le plan And@red doit concrétiser l’ambition d’intégrer pleinement les TIC dans l’ensemble des processus éducatifs et au sein de la communauté éducative. Ce plan encourage les établissements à développer un projet éducatif TIC intégré et flexible ; intégré, dans la mesure où l’usage des TIC doit être inscrit au coeur des contenus et méthodes pédagogiques ; flexible, dans la mesure où chaque établissement doit être en mesure de tenir compte des spécificités de son environnement local. La formation des enseignants fait partie du dispositif, et vise une formation non seulement aux TIC, mais aussi à leur application dans les domaines pédagogique et didactique. La fonction de coordinateur TIC1 au sein des établissements est pleinement reconnue et considérée comme un élément central de la démarche. Le développement de services intégrés aux parents et au reste de la communauté éducative fait partie du plan. Un Centre de Gestion avancée (Centro de Gestion avanzada – CGA) est créé pour coordonner l’ensemble des aspects techniques afin que les usagers, enseignants et élèves, puissent se consacrer pleinement aux apprentissages en tant que tels sans se préoccuper de l’administration, de la maintenance ni de la configuration des aspects techniques et donc, sans devoir nécessairement maîtriser un niveau de compétences techniques avancé (voir plus loin pour plus de détails sur le CGA).
Articulé autour de logiciels open source (Guadalinex/UBUNTU), ce plan prévoit également l’équipement des établissements en ordinateurs et connexions à large bande et, le cas échéant sans fil (wifi), ainsi que la mise à disposition de contenus éducatifs digitaux, eux aussi basés sur des logiciels open source.
Cet ensemble de mesures est envisagé non comme une fin en soi mais plutôt comme une palette d’interventions et d’outils au service d’une transformation fondamentale du modèle éducatif.
Il s’agit de mettre l’apprentissage de l’élève au centre du projet, en personnalisant les parcours de chacun et en rendant chaque apprenant actif et responsable de son apprentissage. Au niveau des compétences à développer chez les élèves, le sens critique, l’esprit sélectif, le discernement font partie des objectifs. Une évolution de la culture d’enseignement est explicitement souhaitée, caractérisée par une plus grande place accordée dans le curriculum à l’application de théories à des situations concrètes, par un nouveau rôle de l’établissement d’enseignement et de l’enseignant, une gestion innovante du processus d’apprentissage et une relation nouvelle à l’ensemble de la communauté éducative.
L’enseignant est présenté comme le protagoniste principal de ce changement, qui doit bénéficier d’un appui spécifique tenant compte de la diversité du corps enseignant (niveau d’expérience, différence de niveau de qualification selon le niveau éducatif auquel il enseigne, etc.).
Les quatre piliers de l’intégration des TIC à l’éducation en Andalousie peuvent se résumer de la façon suivante :
- un investissement en équipements, fondé sur une approche open source ;
- des actions de formation des enseignants, souvent elles-mêmes organisées en ligne sur Internet, avec un accent sur les propriétés didactiques des TIC (programmes de formation à distance, conseil en ligne, plates formes virtuelles de réseaux professionnels, diffusion d’expériences , etc.) ; les centros del profesorado2 sont les agents principaux de cette formation des enseignants aux TICE ;
- la mise à disposition de ressources éducatives digitales, basées sur des logiciels libres; pour que ces ressources soient nombreuses et de qualité, des concours sont organisés et des subventions aux enseignants créateurs de ressources et aux éditeurs privés sont distribuées (notamment à travers les initiatives “Internet en la escuela”, puis “Internet en el aula”)
- un important support technique apporté aux enseignants et organisé de façon centralisée ; tous les établissements d’enseignement public sont connectés au même réseau la Red Corporativa de la Junta de Andalucia (RCJA), et bénéficient du soutien du Centro de Gestion Avanzada/CGA – Centre de Gestion avancée.
Centro de Gestion Avanzada/CGA
Employant une soixantaine de personnes qui forme une équipe technique pluridisciplinaire, le CGA a un budget annuel de 3.000.000 €. Il développe ses activités autour des axes suivants :
- l’appui aux usagers : le CGA rassemble tous les messages envoyés par les usagers soit par e-mail, par fax, ou sur le forum en ligne qu’il gère. Accessible de 8h du matin à 8h du soir, du lundi au vendredi, le CGA solutionne sans délai environ 90% des demandes. Dans le cas contraire, le problème est analysé et le CGA recontacte l’enseignant ou l’établissement dès que la solution est trouvée. Le cas échéant, les problèmes susceptibles d’affecter l’ensemble du réseau sont rapportés à une équipe spécialisée qui se charge d’introduire les modifications nécessaires au niveau central.
- le soutien aux établissements : le CGA réceptionne les matériaux et équipements (hardware et périphériques) et assure leur mise en adéquation avec Guadalinex (le système opérateur open source basé sur UBUNTU et adopté par la Communauté autonome d’Andalousie pour ses établissements d’enseignement public); des guides et recommandations d’usage sont mis à disposition ; un système d’information spécifique dénommé SIGILA (open source) est alimenté pour documenter la gestion des incidents et la localisation des pannes, sous la forme d’une base de données.
- le développement : débranchement à distance des ordinateurs et autres équipements des écoles (avant les week-ends, les vacances, etc.), développement et gestion des filtres de contenus, etc.
Composantes
Un ensemble de plates formes, développées progressivement depuis 1998 jusqu’à aujourd’hui, servent différents publics cibles en fonction de leurs besoins et usages respectifs.
HELVIA
Cette plate forme accueille les ressources pédagogiques digitales et s’adresse aux enseignants et aux élèves.
Construite en open source, cette plate forme permet l’organisation des contenus du curriculum, la planification des tâches scolaires, et la mise en mise en oeuvre d’un système de communication entre enseignants et élèves. HELVIA offre aux établissements scolaires trois modules intégrés :
- Sitio, un module de création de page web pour établissements d’enseignement, qui propose une interface graphique simple à utiliser, la gestion des informations de l’établissement (regroupement d’informations, envois groupés, etc.), l’utilisation d’outils de type wiki, etc.
- Bitacora, un module de création de blogs sur Internet pour l’échange d’opinions et la publication de contenus sur des thèmes spécifiques, à usage des enseignants, des élèves et de l’ensemble de la communauté éducative
- Aula virtual, la plate forme de travail pour les élèves et les enseignants. Il s’agit du module le plus complexe proposé sur la plate forme HELVIA. Il contient un module éducatif (serveur de contenus et ressources éducatives, travaux à réaliser par les élèves avec guides d’apprentissage, valorisation et approfondissement des apprentissages, assignation de tâches, génération de contenus), un module de communication (courrier électronique, tableau d’affichage, chats interactifs, forum de discussion, messagerie instantanée), un module d’agenda (gestion des espaces, horaires des professeurs, etc.), un module d’administration (suivi des activités des élèves, des enseignants, de l’établissement, de l’administration du module de communication), et un module d’aides tutoriales (activités d’auto formation, etc.).
MEDIVA
Cette plate forme, développée en 2008 elle aussi en open source, héberge des ressources pédagogiques développées sous la forme de fichiers vidéo et audio, et s’apparente à une sorte de You Tube propre au système éducatif andalou.
Les ressources qui y sont publiées sont consultables par les élèves et ont été créées par les membres de la communauté éducative (enseignants, élèves). Leur contenu est en conséquence exempt de violence, etc. Ces ressources peuvent être visionnées sans être téléchargées.
Outre les fonctions classiques d’hébergement, d’incrustation de matériel à l’aide de codes intégrés, de téléchargement, d’accès par catégorie et de recherche avancée, la plate forme propose des fonctionnalités web 2.0 telles que le contrôle d’accès par profil, une interactivité à travers des possibilités de commentaires, la validation des ressources par les usagers, etc.
AVERROES
Mis en oeuvre en 1998, le serveur AVERROES héberge les pages web de plus de 1500 établissements d’enseignement du primaire et du secondaire, soit environ 40% des établissements publics. Dans les faits, AVERROES s’adresse et est surtout utilisé par les enseignants. Il informe sur les innovations en cours, des thèmes d’intérêts spécifiques pour les enseignants (les élèves immigrés, la cohabitation dans l’école, la formation permanente, etc.), l’offre de formation, etc.
- AVERROES offre en outre des comptes de courrier électronique, un espace de création de bases de données, et un outil web de maintenance de bases de données. Toutes les ressources éducatives y sont référencées.
- AVERROES reçoit actuellement plus de 50.000 à 60.000 visites par jour, essentiellement pendant les jours ouvrables et en particulier pendant les heures de cours/d’enseignement. Aucun login ou mot de passe n’est nécessaire pour utiliser AVERROES.
- Tout utilisateur potentiel intéressé par des ressources en espagnol peut y accéder (beaucoup de consultations originaires d’Amérique du sud).
- AVERROES compte actuellement quelques 15.000 comptes e-mail ouverts et reçoit environ 10.000 visites par jour.
COLABOR@
COLABOR@ est la plate forme virtuelle consacrée au travail en groupes/équipes des enseignants et à l’échange de ressources. COLABOR@ permet de participer à des forums de discussion, collaborer à des blogs et communautés d’utilisateurs wikis, partager des ressources d’enseignement, et de publier des annonces. La formation des enseignants à travers la participation à des groupes de travail thématiques est au coeur du dispositif.
Un outil d’aide en ligne est disponible en cas de problème technique.
Les enseignants andalous apprécient de pouvoir développer leurs propres ressources et celles-ci sont jugées de très bonne qualité par la Consejera de Educacion. Les meilleures, par niveau d’éducation, sont régulièrement sélectionnées, récompensées et valorisées.
COLABOR@ reçoit environ 1000 visites par jour.
PASEN
PASEN est la plate forme qui vise l’intégration des familles dans le projet de développement de l’établissement scolaire, dans l’objectif de créer une large communauté autour de l’établissement.
Via un accès identifié, les différents membres de la communauté (parents, élèves, enseignants, équipe de direction) accèdent à une série d’outils qui facilitent la communication et le suivi des apprentissages des élèves.
Outre des informations de base sur l’établissement, PASEN offre aux parents une information sur les évènements organisés dans l’établissement et sur des sujets d’intérêt spécifiques. Des forums de débat y sont également mis en oeuvre ; des enquêtes et sondages peuvent y être organisés.
PASEN est aussi conçu comme une alternative pour les parents qui ne peuvent pas venir à l’école.
C’est sur PASEN que les enseignants indiquent les travaux à réaliser par les élèves, consignent leurs absences, communiquent les dates d’examen, échangent des messages divers avec les parents à propos de leurs enfants, etc.
L’ensemble des informations relatives à chaque élève y est consigné.
L’objectif de PASEN n’est pas le contrôle (celui-ci est plutôt dans les prérogatives de SENECA, voir ci-après) mais l’information générale sur les élèves et l’établissement.
PASEN reçoit environ 1000 visites par jour.
SENECA
SENECA est la plate forme Internet dédiée à la gestion académique, conçue pour faciliter la communication entre chaque établissement d’enseignement et le reste de l’administration éducative (autres établissements, délégations provinciales, services centraux de la Consejeria de educacion).
Ce sont les établissements qui alimentent directement le système. Leur motivation à le faire découle du fait que SENECA est conçu pour suppléer aux carences des systèmes antérieurs, et rentabiliser l’information sur les élèves (par exemple, toutes les données relatives à un élève le suivent lorsqu’il intègre un nouvel établissement, réduisant globalement les tâches des établissements). SENECA permet le partage direct des informations entre les établissements d’enseignement et la Consejeria de Educacion, et le paiement électronique des inscriptions (cantines, etc. ). Le système permet aussi de gérer les prévisions du nombre d’enseignants par matière pour l’année scolaire à venir, la distribution éventuelle de matériel par élève (laptops,etc.). Il donne une très bonne vision d’ensemble de ce qui se passe dans les établissements, et de leurs besoins.
SENECA est adapté aux spécificités de chaque type d’établissement (primaire, secondaire, enseignement spécial, etc. ). Le système permet en outre d’accélérer la gestion d’importants volumes.
Grâce à SENECA, et à condition qu’ils aient auparavant donné leur accord, les parents peuvent être informés le jour même par courrier électronique de l’absence de leur enfant en classe.
Sur le plan technique, le système est considéré comme complexe, au niveau de la région d’Andalousie, car il doit faire face à un trafic de 7.000 à 12.000 connections simultanées. SENECA reçoit parfois jusqu’à 250.000 visites par jour.
Actuellement, 50 établissements font partie d’un projet pilote à travers lequel il est possible de disposer de toute l’information à leur sujet en temps réel. Le processus est prévu pour être étendu ultérieurement à l’ensemble des établissements.

Déploiement
Environ 1500 établissements d’enseignement, soit la moitié des établissements scolaires publics d’Andalousie, utilisent actuellement ces plates formes.
Le déploiement s’est fait au fur et à mesure que les établissements d’enseignement intégraient les TICE dans leur pratique. Une centaine d’établissement pilotes rassemblant presque 68.500 élèves pour l’année scolaire 2003/2004 sont passés à 300 établissements et 86.200 élèves l’année suivante, puis à plus de 500 établissements et 122.000 élèves en 2005/06, ensuite à plus de 800 établissements et 137.000 élèves en 2006/07.
Les enseignants sont généralement très positifs sur les usages développés sur ces plates formes. Les élèves ne semblent pas vraiment conscients d’une spécificité qui leur serait offerte ; les étudiants du supérieur se montrent en revanche beaucoup plus intéressés par ce type de dispositifs.
Quant aux parents, ils utilisent peu ces plates formes, y compris celle qui leur est spécifiquement destinée. Les responsables du département d’éducation de l’Andalousie rencontrés considèrent que cette situation est préoccupante et se demandent si les services proposés sont bien adaptés. Des projets de coopération avec les associations de parents pour former ces derniers, ainsi que la mise à disposition de dispositifs plus orientés “web 2.0.” sont envisagés pour l’avenir. D’une façon générale, indépendamment de la question des plates formes de communication virtuelle, la relation entre les familles et les établissements se distend au fur et à mesure que l’enfant grandit, et est essentiellement assurée par les mères pour les plus jeunes.
Malgré le succès au niveau de la participation des enseignants, la généralisation demeure donc très progressive, d’autant plus que le point de départ au niveau de l’ensemble de la région était très bas (en termes d’équipements, de compétences, d’usages, etc.).
Usages et usagers
• Usages pédagogiques
L’Andalousie ne dispose pas d’études d’évaluation des plates formes mises en place, comparables par exemple aux évaluations menées au Royaume-Uni par BECTA et l’OFSTED et au Danemark par l’Institut d’évaluation EVA. L’impression des responsables concernés est néanmoins que l’usage pédagogique se développe, certes progressivement. Il est soutenu par l’appui technique apporté par des structures dédiées qui soulagent les enseignants de ces aspects, les efforts en matière de formation des enseignants et la mise à disposition de ressources pédagogiques digitales. Les enseignants s’avèrent d’ailleurs actifs dans ce domaine et capables de créer des ressources pédagogiques de qualité. La coopération pédagogique entre enseignants se développe également.
Comme observé dans d’autres pays, l’utilisation par les élèves a lieu dans la mesure où l’enseignant consigne sur ces plates formes les travaux à faire, les aides à l’approfondissement, etc. mais sans plus.
• Usages de communication
La communication entre enseignants s’est bien développée, et dans une moindre mesure celle entre enseignants et élèves suit la même voie.
La communication entre les enseignants et les parents demeure modeste. Le dispositif de plate forme d’apprentissage virtuel ne peut pas être particulièrement incriminé dans la mesure où cette communication est de toute façon peu développée, quel que soit son support, et diminue au fur et à mesure que les enfants prennent de l’âge.
• Usages administratifs
Le développement de la plate forme SENECA atteste qu’il s’agit là désormais d’un axe important pour la Communauté autonome d’Andalousie et son système éducatif. La mise à disposition en ligne et en temps réel des informations sur les établissements, leurs élèves et leurs enseignants, est un objectif actuellement en phase test avec un groupe d’établissements ; son application à un grand nombre d’établissements est un objectif à moyen terme. L’accès à ces informations en temps réel est sensé engendrer une régulation plus efficace du système éducatif (projections en matière de besoins d’enseignants, réduction de la charge de travail administratif grâce au transfert automatique de dossiers, etc.).
Gouvernance
Les modalités de gouvernance des initiatives de l’Andalousie en matière de plates formes virtuelles sont évidentes : les relations s’organisent essentiellement – et assez simplement – entre d’une part le département d’éducation d’Andalousie et d’autre part les établissements et les enseignants (voire les parents), et cela de façon descendante (top down).
La relation entre le niveau central (le ministère chargé de l’éducation à Madrid) et le département d’éducation d’Andalousie est gérée au niveau de ce dernier dans la mesure où le ministère central n’intervient pas dans la mise en place des projets éducatifs en Andalousie. Cette relation entre le ministère et la région est aussi gérée à travers une instance qui rassemble les départements chargés de l’éducation de toutes les Communautés autonomes d’Espagne. Cette coordination entre les Communautés autonomes et le ministère à Madrid consiste surtout en échange d’informations et la définition d’accords sur des lignes très générales. C’est par exemple ainsi qu’est né le projet AGREGA, plate forme de contenus éducatifs digitaux proposés par l’ensemble des Communautés autonomes avec le soutien du ministère basé à Madrid (déjà évoquée plus haut dans ce rapport).
Le département d’éducation d’Andalousie intervenant directement dans la plupart des opérations qui concernent ces plates formes des établissements, les situations de gouvernance avec d’autres partenaires sont très rares.
Choix technologiques et sécurité
Le système opératoire choisi par la Communauté autonome d’Andalousie est le système LINUX/UBUNTU/GUADALINEX. Il est obligatoire pour les établissements d’enseignement qui se dotent d’une plate forme d’apprentissage virtuel.
En contrepartie, le département d’éducation d’Andalousie assure un suivi, une mise à jour et un support technique gratuit et à première vue efficace.
Aucun problème de virus n’a été rencontré à ce jour, et le département d’éducation d’Andalousie déclare y consacrer toutes les ressources nécessaires, c’est-à-dire beaucoup, afin de limiter les risques en la matière. Ce dispositif technique s’intègre dans un dispositif plus large développé au niveau du gouvernement de la Communauté autonome d’Andalousie, tel notamment un Intranet sécurisé par l’administration en matière de santé. Les contraintes générales de sécurité à respecter ont parfois un impact sur le réseau utilisé par les établissements d’enseignement et peuvent limiter certaines de leurs activités (par exemple, certaines modalités de chat avec des établissements d’enseignement étrangers).
Facteurs de succès
Les éléments considérés à posteriori comme les facteurs de succès des initiatives de plates formes d’apprentissage virtuel sont les suivants :
- Le choix de l’open source (LINUX/UBUNTU) qui avait comme objectif de mettre tous les enseignants sur un pied d’égalité au départ et d’organiser une formation de base harmonisée, sans que soient avantagés ceux qui avaient éventuellement déjà une pratique des systèmes propriétaires (« un élément vraiment déterminant » selon les propos d’un responsable rencontré)
- Une progression par étape dans la mesure où 5 à 6 ans sont considérés comme étant de toutes façons nécessaires pour obtenir des résultats au niveau du changement de méthodes pédagogiques,
- Une forte approche, dès le départ, mettant la technologie au service de la pédagogie.
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1 Choisi parmi les enseignants sur une base volontaire, le coordinateur TIC a pour mission de coordonner et dynamiser l’intégration des TIC dans le curriculum au niveau de l’établissement, conseiller les enseignants sur les possibilités d’utilisation et d intégration dans leurs cours et leur didactique, administrer les différentes plates formes, encourager la création de contenus éducatifs digitaux, diffuser les expériences et favoriser l’échange d’information avec les autres établissements, analyser les besoins de l établissement en matière de TIC, etc. Le coordinateur TIC bénéficie d’une réduction de sa charge d’enseignement, dont l’importance varie selon la taille de l’établissement.
2 Les centros del Profesorado (centres du corps enseignant) ont été créés en 1985. Organisés sur une base régionale ou provinciale, ces centres sont un élément central de la formation permanente des enseignants et de l’innovation en faveur d’une rénovation pédagogique du système andalou. Basés sur approche participative des enseignants, ces centres sont des plates formes de formation, d’étude et de travail. |