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Des contextes différents

L’équipement informatique et les usages des familles, certaines caractéristiques du système éducatif en tant que tel et les politiques menées en matière d’intégration des technologies d’information et de communication en éducation (TICE) font que les politiques relatives aux plates formes virtuelles d’apprentissage sont menées dans des contextes différents selon les pays. Certains facteurs facilitent de telles politiques, d’autres les rendent éventuellement plus difficiles. Sans identifier précisément quel est l’impact de chacune de ces caractéristiques dans la mise en oeuvre des plates formes virtuelles d’apprentissage, il est utile de rappeler ces principales différences contextuelles avant d’entrer dans la description des politiques et mesures nationales mises en oeuvre.

Selon les données Eurostat 2009, au Danemark, 85% des ménages ont accès à un ordinateur à domicile ; au Royaume-Uni, c’est le cas de 71% des ménages et en Espagne, de 57%. Une connexion à large bande à domicile est le fait de 76% des familles danoises, 69% des familles du Royaume-Uni et 51% des familles espagnoles.

La taille des populations concernées varie nettement entre les trois pays observés. Pour ne parler que du nombre d’élèves de l’enseignement primaire et secondaire, le Royaume-Uni en compte un peu plus de 10 millions, l’Espagne plus de 5,5 millions et le Danemark un peu plus de 900 mille (source OCDE 2007). Ce nombre d’élèves varie ainsi sur une échelle de 1 à 10, ce qui implique des enjeux de taille et de nature différents lorsqu’il s’agit de mettre en oeuvre des dispositifs aussi complexes que les plates formes virtuelles d’apprentissage. La régionalisation de certains systèmes, tels ceux du Royaume-Uni et de l’Espagne « compense » en quelque sorte la difficulté due au nombre, en réduisant la taille des populations concernées. Dans le cas du Royaume-Uni, l’Angleterre, le Pays de Galles, l’Ecosse et l’Irlande du nord disposent de leur propre système éducatif. L’Angleterre couvre néanmoins quelques 7 millions d’élèves. La division du territoire espagnol en 17 Communautés autonomes (régions) a pour conséquence que l’Andalousie et la Catalogne, ici étudiées et qui représentent ensemble environ 45% des élèves espagnols, couvrent respectivement 1,5 million et 1,2 million d’élèves au primaire et au secondaire.

Acteurs clés des dispositifs de plates formes virtuelles d’apprentissage, les enseignants connaissent également des situations différentes selon les pays en termes de statut d’emploi et de formation continue. Ils sont employés du secteur public avec un statut d’agent contractuel au Danemark et au Royaume-Uni où ils sont respectivement employés par l’autorité locale et par l’établissement d’enseignement (ou parfois l’autorité locale). La formation continue est obligatoire au Royaume-Uni, facultative en Espagne mais prise en compte dans la progression de carrière, et facultative sans incitation particulière au Danemark.

La nature des objectifs et le degré de précision des programmes d’enseignement sont un autre critère de différenciation entre les pays observés, susceptible de faciliter ou compliquer l’usage des plates formes virtuelles d’apprentissage. Le programme d’enseignement au Danemark fixe au niveau central de grands objectifs à atteindre en laissant une grande marge de manoeuvre aux établissements. Le Royaume-Uni définit des compétences à atteindre plutôt que des contenus à enseigner, et utilise des tests standardisés par niveau pour mesurer les résultats et assurer une certaine homogénéité. En Espagne, le gouvernement central définit le coeur du programme d’enseignement, laissant aux Communautés autonomes (régions) et aux établissements une marge de manoeuvre pour adapter le programme au contexte local.

Au niveau des domaines d’action privilégiés par les grandes initiatives nationales ou régionales en matière de TICE, on observe en revanche une plus grande similitude. Tant le Danemark que l’Espagne et le Royaume-Uni ont concentré leurs efforts sur l’équipement et la connectivité, le développement de ressources pédagogiques digitales, la formation des enseignants et l’adaptation du curriculum. Certes, des accents plus ou moins soutenus ont été mis sur l’une ou l’autre de ces dimensions selon les cas. L’Espagne a dès le départ mis l’accent sur l’utilisation pédagogique des TICE. Le Royaume-Uni est certainement en pointe en matière de contenus digitaux, de métadonnées, et de normes d’interopérabilité.
Quant au Danemark, il a aussi investi d’autres domaines de réflexion et d’action, notamment en matière de partenariats publics/privés avec les éditeurs commerciaux et d’organisation spatiale et temporelle de l’enseignement (usage en dehors de l’école des TICE en général et des plates formes virtuelles en particulier).

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