Présentation du système éducatif
L’éducation à Singapour est gérée par le ministère de l’Éducation (Ministry of Education, MOE). Il contrôle d’un point de vue pédagogique administratif les établissements publics recevant leurs fonds du gouvernement, et joue un rôle consultatif et de surveillance auprès des établissements privés. Écoles publiques et privées bénéficient quoi qu’il en soit de plus ou moins d’autonomie dans l’établissement de leur cursus et d’une aide variable du gouvernement. Les droits et politiques d’inscription sont également très variables.
Les enfants présentant un handicap fréquentent l’éducation spécialisée (Special Education, SPED), dont les établissements sont gérées par des associations (Volontary Welfare Organisations, VWO) et financés en partie par le ministère de l’Éducation.
Les dépenses d’éducation représentent environ 20% du budget de la Nation, qui subventionne ainsi les établissements publics et certains établissements privés pour les citoyens de Singapour.
La loi sur l’éducation obligatoire (Compulsory Education Act) de 2000 a notamment codifié l’éducation des enfants d’âge primaire, rendant leur inscription dans un établissement d’enseignement primaire et leur assiduité obligatoires. Ne pas se conformer à cette obligation constitue désormais un délit, et seules quelques exceptions sont accordées en cas d’instruction à domicile ou de scolarisation dans l’enseignement religieux, à condition de faire la demande de dérogation auprès du ministère de l’Éducation et de se conformer à un certain nombre d’obligations minimales.
De plus en plus de jeunes enfants fréquentent des établissements de type crèche (Pre-nursery ou Playschool) avant l’âge de 4 ans. De nombreux enfants fréquentent un établissement préscolaire (Nursery School) à l’âge de 4 ans. À l’âge de 5 ans, la plupart des enfants entrent à l’école maternelle (Kindergarten) pour deux ans (niveaux K1 et K2). Rien n’est obligatoire cependant à ce niveau.
L’enseignement primaire dure 6 ans et se compose de deux cycles : un cycle des apprentissages fondamentaux (Foundation Stage, niveaux Primary 1 à Primary 4) et un cycle d’orientation (Orientation Stage, niveaux Primary 5 et 6). L’objectif principal de l’enseignement primaire est de procurer aux élèves une bonne maîtrise de l’anglais, de leur langue maternelle et des mathématiques.
L’enseignement secondaire propose différentes voies : spéciale (Special), rapide (Express), normal académique (Normal Academic) ou normal technique (Normal Technical). L’orientation des élèves dépend de leurs résultats à l’examen de fin d’enseignement primaire (Primary School Leaving Examination, PSLE), les différents cursus ayant pour objectif de s’adapter à leurs capacités et à leurs goûts.
Ainsi, l’enseignement formel à Singapour commence à l’école primaire, du niveau Primary 1 au niveau Primary 6, ce qui correspond aux classes 1 (First Grade) à 6 (Sixth Grade) du système américain.
Les enfants qui réussissent leur examen de fin d’enseignement primaire (PSLE) entrent dans un établissement d’enseignement secondaire. Ils fréquentent alors les classes Secondary 1 à Secondary 4 (dans le cursus spécial ou rapide), ou les classes Secondary 1 à Secondary 5 (dans le cursus normal). Ensuite, les élèves qui réussissent le niveau « O » de leur Certificat d’enseignement général (Glocal Certificate of Education, GCE – O Level) à la fin de la classe Secondary 4 ou 5 peuvent tenter d’intégrer un Junior College (2 ans), un Polytechnic (3 ou 4 ans) ou un Pre-University Centre (3 ans). De plus, les élèves qui réussissent le niveau « A » de leur Certificat d’enseignement général (Glocal Certificate of Education, GCE – A Level) à la fin de leur dernière année de Junior College ou de leur Pre-University Centre, ainsi que les élèves ayant eu d’excellents résultats en Polytechnic, peuvent tenter d’intégrer ou bien l’Université nationale de Singapour (National University of Singapore, NUS) ou bien l’Université technologique de Nanyang (Nanyang Technological University, NTU).
Ces dernières années, le système scolaire de Singapour a connu un certain nombre de réformes destinées à le rendre plus souple et plus diversifié. L’objectif est d’offrir aux élèves un choix plus large et plus proche de leurs intérêts et de leurs modes d’apprentissage. Pouvoir choisir ce qu’on apprend et comment on l’apprend est considéré comme un moyen d’encourager les élèves à s’appropier leurs apprentissages. Il s’agit également d’offrir aux jeunes Singapouriens un enseignement plus général et plus riche, afin d’encourager leur développement général, que ce soit dans la classe ou à l’extérieur de l’école.
Singapour a défini des objectifs pour son système éducatif (Desired Outcomes of Education, DOE). Il s’agit d’un ensemble de qualités que chaque enseignant doit s’efforcer de développer chez les jeunes Singapouriens, et qui guide le travail des enseignants, les politiques éducatives et les programmes. Ces critères constituent également un mode d’évaluation de la réussite du système scolaire.
Ainsi les qualités que l’éducation nationale de Singapour souhaite instiller chez ses élèves sont :
- Devenir une personne assurée qui a un sens aigu du bien et du mal, qui est adaptable et souple, qui se connaît bien, qui est capable de discernement, qui pense de manière indépendante et critique, et qui communique efficacement ;
- Devenir un apprenant autonome, capable de prendre en charge ses apprentissages, qui questionne, réfléchit et persévère ;
- Devenir un collaborateur actif, capable de travailler efficacement en équipe, qui sait prendre des initiatives et mesurer les risques, qui a le sens de l’innovation et le goût de l’excellence ;
- Devenir un citoyen engagé enraciné à Singapour, doté d’une forte conscience civique, informé et capable de prendre un rôle actif pour l’amélioration de la vie de ses concitoyens.
Au cours des dix dernières années, les étudiants de Singapour ont ainsi obtenu des résultats significativement meilleurs que les étudiants des autres pays lors des évaluations internationales.
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Équipement des établissements – Principaux indicateurs
D’importants investissements consentis au cours de la dernière décennie en matière d’équipement d’infrastructure a permis d’augmenter de manière significative le nombre d’ordinateurs et d’établissements connectés au haut débit. Le ministère de l’Éducation étudie actuellement, dans le cadre d’un nouveau schéma directeur (Master Plan) les moyens de doter tous les élèves d’un ordinateur, que ce soit un portable à bas prix ou un PDA, de manière à permettre l’essor de l’apprentissage en mobilité.
Le schéma directeur prévoit également d’améliorer le haut débit dans les établissements scolaires en le portant à 1 Gbit/s, ce qui est d’ailleurs en cohérence avec le plan Infocomm Development Authority (IDA) Intelligent Nation 2015 (iN2015). Certains établissements, notamment au niveau secondaire, disposent déjà d’un ordinateur par élève, ou bien utilisent des dispositifs de type PDA, ou bien encore disposent de nombreux équipements spécialisés. Les écoles privées sont souvent dotées d’une Learning Platform. Il n’est pas rare que ces établissements soient étroitement liés à certaines entreprises industrielles.
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Politique en matière de TICE, investissements récents dans les TICE
Trois schémas directeurs (Master Plans) ont déjà été conduits dans le domaine des TICE au cours des dix dernières années. De solides relations ont également été tissées entre ces développements et les politiques économiques, culturelles et sociales menées parallèlement.
Le premier schéma directeur (1997-2002) a permis la mise en place d’une base forte en fournissant les infrastructures de base en matière de TIC et en permettant aux enseignants d’acquérir un premier niveau de compétence dans le domaine.
Le second schéma directeur (2003-2008) a permis d’aller plus loin que ces éléments de base et de tendre vers un usage plus efficace et plus constant des TIC dans le système éducatif, notamment grâce à l’introduction des TIC dans les programmes, la mise en place d’un niveau de compétence minimal requis de la part des élèves, et en favorisant la mise en place d’usages innovants dans les établissements. C’est aussi dans le cadre de ce deuxième grand plan que Singapour a décidé de la mise en place d’une stratégie permettant d’encourager les pratiques innovantes et créatives.
Il est possible d’organiser les établissements selon trois grands sous-ensembles :
- Le premier groupe rassemble la majorité des établissements, qui ont été évalués, mais dont on n’attend pas pour le moment de performances particulières en ce qui concerne leur usage des TIC.
- Le deuxième groupe est formé d’établissements de pointe (Lead Schools), qui développent et améliorent sans cesse leurs pratiques, à la fois pour soutenir leur propre développement et pour servir d’exemple aux autres établissements.
- Le troisième groupe rassemble les « établissements du futur » (Future Schools) : peu nombreuses, elles explorent et expérimentent de nouvelles pistes, et forment le terreau où se dessinent les politiques de demain.
Le gouvernement compte sur 15 Future Schools d’ici 2015. Ces établissements proposeront un ordinateur par élève, avec du personnel administratif et technique supplémentaire, mais pas plus d’enseignants. Le personnel du ministère de l’Éducation souhaite collaborer avec des établissements offrant davantage de support technique et d’accompagnement des cursus, tout en mettant l’accent sur les activités de recherche et de développement. Ces établissements obtiendront l’autorisation de ne pas appliquer les programmes officiels, de manière à pouvoir explorer avec autant de souplesse que possible de nouvelles pistes pédagogiques, et notamment celles rendues possibles par l’amélioration des ressources technologiques.
Le troisième schéma directeur (Masterplan for ICT in Education, 2009-2014) s’inscrit dans la ligne directe des deux premiers. Son objectif et de poursuivre l’enrichissement et la transformation des environnnements d’apprentissage des élèves, et de leur permettre d’acquérir les compétences et qualités indispensables pour réussir dans l’économie de la connaissance.
Les quatre objectifs prioritaires de ce schéma directeur sont :
- Renforcer la capacité des élèves à l’apprentissage auto-dirigé ;
- Proposer un environnement d’apprentissage taillé à la mesure de chaque élève, et adapté à sa manière d’apprendre ;
- Encourager les élèves à aller toujours plus loin et à avancer dans leurs apprentissages ;
- Permettre aux élèves d’apprendre de n’importe où.
Pour atteindre ces quatre objectifs, le schéma directeur compte sur la mise en œuvre de quatre stratégies :
- Amener les TIC au cœur du processus d’enseignement/apprentissage. Il s’agit d’intégrer les TIC dès la conception des plans de cours, et de travailler sur les détails de sa mise en œuvre au sein des programmes et lors des évaluations.
- Mettre l’accent sur l’amélioration des capacités et des compétences des enseignants.
- Améliorer la mutualisation des meilleures pratiques et des innovations réussies. Pour faciliter ce processus, le ministère de l’Éducation va favoriser l’émergence d’un réseau de « laboratoires d’enseignement », où les innovations pourront être prototypées et testées. Dans ces laboratoires, les spécialistes des technologies éducatives comme les experts en programmes scolaires du Ministère pourront travailler aux côtés d’autres experts et auprès d’enseignants pour explorer de nouvelles façons d’utiliser les TIC. Ces laboratoires pourront également servir de terrain d’expérimentation pour des spécialistes de l’enseignement ou des formateurs. Ces laboratoires viendront compléter en 2015 les Lead Schools et les Future Schools au sein de l’arsenal de pointe pour l’innovation en matière de TICE.
- Poursuivre le développement des infrastructures partout où c’est nécessaire, de façons à améliorer les équipements technologiques pour maximiser le potentiel des TIC. Ce développement sera organisé selon des phases dépendant du niveau de préparation des établissements et des enseignants.
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