Données clés
Histoire de l’entreprise – IBM est née le 16 juin 1911 dans l’État de New York, sous le nom de « Computing-Tabulating-Recording Company » (C-T-R). Mais ses premières origines remontent plus loin encore, à la fin du XIXe siècle. En 1914, quand Thomas J. Watson en est devenu le premier président, elle comptait 1346 employés et déclarait un chiffre d’affaires de 9 millions de dollars.
L’entreprise a finalement été renommée International Business Machines (IBM) en 1924. Elle ne se définit pas alors en fonction de sa stratégie ou de ses produits – qui vont des balances commerciales aux tabulatrices à cartes perforées – mais plutôt par ce qui est décrit à l’époque comme « une culture visionnaire et des pratiques de management ancrées dans ses valeurs fondamentales ». La croissance d’IBM se poursuit jusqu’à nos jours : l’entreprise a réalisé 108 acquisitions stratégiques entre 2000 et 2009.
IBM est désormais une société cotée en bourse. Parmi les quelque 1,3 milliard de parts, 60,58% appartiennent à des institutions. Les dix premières concentrent 20,6% de l’entreprise.
Salariés – Fin octobre 2009, IBM comptait environ 399 400 employés répartis dans le monde entier. L’entreprise ne précise pas les services dans lesquels ils travaillent, mais affirme que 90% de ses employés occupent un rôle en contact avec la clientèle.
Aspects financiers – IBM a déclaré un chiffre d’affaires de 98,786 millions de $, 103,630 millions de $ et 95, 759 millions de $ pour les années 2007, 2008 et 2009. Son résultat net s’est élevé à 10,418 millions de $, 12,334 millions de $ et 13,425 millions de $ pour les trois mêmes années.
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Solution
Plateforme technologique – IBM étant une société internationale de technologie, elle propose toute une gamme de solutions, depuis les applications aux plateformes. Certaines de ses offres peuvent être hébergées en local ou bien « dans les nuages » ; certaines solutions peuvent être basées sur des outils open source, d’autres sur des outils propriétaires, d’autres encore sur un mix des deux. IBM propose même certaines solutions en intégrant des clients légers ou des serveurs virtuels.
L’offre de base d’IBM, le « K12 VLE space » est un environnement développé à partir de Moodle (Modular Object-oriented Dynamic Learning Environment). Moddle est un système de gestion de cours (ou un environnement virtuel d’apprentissage, ou encore un système de gestion d’apprentissage) gratuit et open source, utilisé par de nombreuses institutions dans le monde.
Moodle est développé en PHP, un langage de scripts généraliste. Il fonctionne dans n’importe quel environnement compatible avec PHP et offre une structure modulaire qui peut être améliorée via des plug-ins. Les utilisateurs peuvent d’ailleurs développer leurs propres plug-ins, mais il existe également de nombreux plug-ins développés par des fournisseurs, qui peuvent facilement être ajoutés à un système déjà déployé.
Dans le panorama des VLE, on peut considérer que l’offre d’IBM est plutôt basée sur une architecture que sur un produit. Elle est vendue sous la marque « Smarter Classroom ». Smarter Classroom est l’une des offres vendues sous le label « smarter » d’IBM et qui s’étendent pratiquement dans tous les secteurs d’activités couverts par IBM.
Interopérabilité – IBM assure l’interopérabilité de sa solution via son framework OPEN-ED, une extension du Schools Interoperability Framework (SIF) offrant des web services qui permettent l’intégration de la solution d’IBM dans des systèmes non SIF. Le framework d’IBM s’appuie également sur des outils d’intégration tels que Websphere, dont la version open source n’est pas propriétaire et fortement évolutive.
Un framework OPEN-ED peut s’intégrer sur n’importe quel type de base de données ou de plateforme, et fonctionner avec la plupart des applications, y compris les applications Java et .NET, afin de permettre la mise en place d’une « Learning Platform » collaborative et open source.
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Stratégie VLE
Qui sont leurs clients ? – IBM a divisé son marché cible en trois segments. La fourniture d’un VLE est l’un des éléments essentiels pour chacun de ces segments.
- L’enseignement supérieur, où IBM se concentre surtout sur les salles de classe, l’enseignement, l’administration, l’innovation et la recherche ;
- L’enseignement primaire et secondaire, où IBM se concentre surtout sur les salles de classe et l’enseignement, ainsi que l’administration ;
- Les instances gouvernementales liées à l’éducation (ministères, agences), où IBM se concentre sur la gestion des résultats des élèves, ainsi que sur l’administration.
Il faut noter que les deux derniers segments de marché sont de plus en plus souvent rassemblés, dans la mesure où il est fréquent de rencontrer des appels d’offres où la solution recherchée est supposée répondre aux besoins du système éducatif primaire et secondaire, aussi bien qu’à ceux des ministères.
Quel est leur business model ? – La stratégie de croissance d’IBM se concentre dans quatre domaines :
- Les marchés en croissance : En 2009, le pourcentage du chiffre d’affaires d’IBM en provenance des marchés en croissance (pays ayant un potentiel de croissance supérieur à la moyenne dans les dix prochaines années) a représenté 19% de son chiffre d’affaire et a augmenté plus rapidement de huit points que les principaux marchés.
- Les centres de données de nouvelle génération et « dans les nuages » : ces nouveaux modèles sont organisés autour de la fourniture de services informatiques adaptés aux besoins des clients.
- L’analyse de données : L’objectif est de permettre aux clients d’exploiter toute la valeur de leurs données. IBM a ainsi investi 10 milliards de dollars en acquérant 14 entreprises dans ce domaine d’expertise depuis 2005, créant ainsi sept centres d’analyses de données à travers le monde.
- Smarter Planet (Planète intelligente) : IBM pense que cette dernière initiative devrait lui permettre d’augmenter de 40% le nombre de marchés auxquels elle serait en mesure de répondre au cours des dix prochaines années. IBM fait ainsi valoir qu’elle a récemment signé avec plus de 300 clients à travers le monde, démontrant par là le potentiel de ses « smarter solutions » au sein des différents marchés et secteurs industriels.
Le business model d’IBM dans le secteur de l’éducation s’appuie sur les quatre piliers décrits et s’articule concrètement autour des offres Smarter Classroom et Smart Administration. Ces offres sont toutes les deux une combinaison de produits et de services mêlant des produits open source parmi les leaders du marché et des produits développés par IBM, liés entre eux grâce au modèle d’interopérabilité OPEN ED. Cette approche commerciale est portée sur le marché par la force de vente générale d’IBM, avec l’appui, quand c’est nécessaire, de partenaires locaux.
Comme nous l’avons déjà précisé, l’offre d’IBM pour l’enseignement scolaire ne repose pas sur un VLE spécifique, mais tend plutôt à se modulariser autour d’un VLE open source tel que Moodle (pour l’enseignement scolaire) ou Sakai (pour le supérieur). IBM apparaît ainsi comme un acteur essentiel de l’open source, que ce soit de manière générale, ou plus spécifiquement pour le secteur éducatif : il a fait partie des premiers contributeurs de la fondation Sakai, ainsi que de la fondation Kuala (système administratif open source pour l’enseignement supérieur).
Ces solutions open source sont complétées par des produits professionnels développés par IBM. C’est ainsi qu’il est possible d’utiliser par exemple Cognos, une solution de business intelligence et d’analyse de la performance, afin de fournir une plateforme intégrée permettant le pilotage de la performance dans un contexte éducatif.
Interopérabilité – L’interopérabilité, l’usage de standards ouverts et le développement de solutions open source constituent un axe important de l’approche stratégique d’IBM. C’est aussi cette approche qui permet à l’entreprise de proposer une vision cohérente de ses différents composants, en les intégrant grâce au modèle interopérable OPEN-ED.
Rayonnement international – IBM est une entreprise active dans 170 pays. Son programme caritatif préscolaire KidSmart est implanté dans plus de 60 pays : en dix ans, il a touché plus de deux millions d’enfants dans le monde entier, depuis les régions les plus isolées géographiquement parlant, jusqu’aux zones urbaines les plus défavorisées.
De la même façon, IBM finance également un programme appelé Corporate Service Corps (CSC), une initiative impliquant des projets menés dans des pays en développement confrontés à des enjeux sociétaux de grande envergure. Au cours des 18 premiers mois, le programme CSC a permis le déploiement de 500 salariés d’IBM venus de 47 pays différents pour s’atteler à des projets spécifiques organisés au Brésil, en Chine, en Égypte, en Inde, au Ghana, en Malaisie, au Nigéria, aux Philippines, en Roumanie, en Afrique du Sud, en Tanzanie, en Turquie et au Viêtnam. Un certain nombre de ces initiatives sont spécifiquement axées sur le marché émergent des VLE, et se sont donc attachées à fournir des solutions complètes à certains établissements
IBM devrait chercher à tirer parti des bonnes dispositions créées par l’intermédiaire de ce programme pour investir par la suite le marché des VLE. Il semble que la société ait déjà mis en place ses solutions en Australie, en Allemagne, en Irlande, en Suède et au Viêtnam.
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Eléments clés
IBM a montré qu’il était possible d’offrir une gamme de produits mêlant le meilleur de l’open source avec des compléments développés de manière propriétaire, et qu’une action de type caritatif pouvait s’avérer un puissant levier pour accéder à certains marchés internationaux. |