Australie
Présentation du système éducatifLe gouvernement central australien et les États et Territoires australiens partagent la responsabilité de l’éducation, que ce soit sur le plan administratif ou financier. Les modalités exactes de ce partage de responsabilités dépendent du secteur éducatif et de certains aspects législatifs. Le gouvernement australien est responsable de l’accompagnement du secteur éducatif au travers de programmes réguliers, à la fois fondamentaux et plus spécialisés, du développement des politiques éducatives, de la mise en œuvre des recherches et des études nécessaires à la compréhension des grands enjeux éducatifs nationaux. Parmi les priorités du gournement australien, on compte l’amélioration de l’accès à l’éducation dès la petite enfance, la mise en cohérence du système éducatif à travers le pays, notamment en proposant un âge d’entrée dans la scolarité commun à tous, la mise en place d’examens communs dans les principales disciplines, un meilleure cohérence des programmes scolaires, et enfin la mise en place d’un système d’information unique permettant le transfert aisé des informations liées à chaque élève même si l’élève change d’État en cours de scolarité. Les États et Territoires australiens sont responsables de l’organisation, du financement et de la mise en œuvre effective de l’offre d’éducation. Chaque État ou Territoire dispose de son propre Département de l’éducation, en charge des établissements publics. Les autorités territoiriales sont également responsables du recensement des établissements privés, de leur inspection régulière, et d’une partie de leur financement. Chaque État et Territoire élabore sa propre politique éducative, et supervise de manière autonome l’organisation de l’enseignement scolaire, les parcours et programmes, la validation des enseignements, les examens et les diplômes. Programmes et examens sont encadrés par les « Objectifs nationaux pour une éducation au 21e siècle » (National Goals for Schooling in the Twenty-first Century), centrés sur les résultats des élèves, et qui fournissent donc un cadre pour évaluer la réussite des élèves au plan national. La communication et les échanges entre le gouvernement australien d’une part et les États et Territoires d’autre part, est assurée par le Conseil ministériel pour l’éducation, l’emploi, la formation et la jeunesse (Ministerial Council on Education, Employment, Training and Youth Affairs, MCEETYA). La politique du gouvernement australien est décrite dans le « Rapport des nouvelles orientations – L’économie australienne a besoin d’une révolution du système éducatif » (New Directions Paper – The Australian economy needs an education revolution). Ce rapport publié en janvier 2007 propose les réformes suivantes :
L’instruction est obligatoire en Australie pour tous les enfants âgés de 5 ans à 15 ou 17 ans, en fonction des États et de la date de naissance de l’enfant. Actuellement, plus des trois-quart des élèves continuent de fréquenter un établissement scolaire jusqu’au moins l’âge de 17 ans. Les établissements publics scolarisent environ les deux-tiers des élèves australiens, le troisième tiers fréquentant des établissements privés, religieux ou laïcs. Les gouvernements des États et Territoires australiens jouent un rôle important dans la qualité du secteur public éducatif. Des agences gouvernementales sont notamment responsables de la validation des diplômes et de l’accréditation d’éventuels fournisseurs. Le système scolaire australien comprend : l’enseignement préscolaire, préparatoire (pré-primaire), primaire, secondaire (niveaux collège et lycée). Le cursus dure généralement 13 ans, du cycle préparatoire (pré-primaire) au lycée. L’instruction est obligatoire jusqu’à l’âge de 15 ou 16 ans, en fonction de l’État ou du Territoire, chaque État ou Territoire disposant de sa propre organisation scolaire. Le Département de la Nouvelle-Galles du Sud par exemple constitue la plus grande organisation australienne en matière d’éducation, publique ou privée. Son budget annuel atteint 14,7 milliards de dollars, soit un quart du budget global de l’État. 741 000 élèves fréquentent plus de 2 200 établissements (écoles maternelles, primaires, secondaires et spécialisées), où travaillent plus de 50 000 enseignants à temps plein. - Équipement des établissements – Principaux indicateursDepuis plus de 10 ans, le gourvernment australien comme les États et Territoires ont considérablement investi dans des dépenses d’infrastructures technologiques pour l’éducation. L’offre restant cependant très inégale, il est difficile d’en donner une vision globale commune à l’ensemble du pays. Cependant, la dernière initiative majeure, « Éducation numérique, pour une révolution » (Digital Education Revolution, DER) devrait permettre une meilleure étude transversale des équipements australiens en matière de TIC. L’objectif de la DER est de distribuer 2,2 milliards de dollars en six ans afin de :
Les États et Territoires investissent également, à différents degrés, dans les TIC : technologies mobiles, technologies interactives, plateformes d’apprentissage, etc. Certains États comme celui de Victoria ont également investi dans des ordinateurs portables destinés aux enseignants. Certains de ces développements sont à l’avant-garde quand on les compare à d’autres développements internationaux. Il est prévu également d’équiper tous les établissements de tableaux blancs interactifs. Le gouvernement de la Nouvelle-Galles du Sud espère avoir équipé chaque établissement public d’au moins une classe connectée dédiée d’ici la fin de l’année (le projet a commencé en fin d’année dernière). Dans le Queensland le projet Smart Classroom initié en 2005 a permis la mise en place, dans tous les nouveaux établissements, d’un réseau en fibre optique, d’un réseau sans-fil rapide, et d’équipements tels que des tableaux blancs interactifs, des vidéoprojecteurs, des caméras et des postes téléphoniques VOIP. - Politique en matière de TICE, investissements récents dans les TICEAu cours de la dernière décennie, il a pu exister une certaine tension entre les politiques instaurées par le gouvernement central d’une part et les initiatives stratégiques particulières à certains États ou Territoires de l’autre. La politique centrale était menée par Education.au, une agence leader en TIC, fournissant de nombreux services en ligne à ses clients (enseignement secondaire, enseignement professionnel et formation). Fondée en 1996, Education.au est une entreprise d’état à but non lucratif, dirigée par un Conseil d’administration formé de membres du gouvernement australiens, d’acteurs de l’enseignement supérieur, de l’enseignement scolaire, de l’enseignement professionnel et de la formation. Education.au était notamment responsable d’offrir :
Le 1er mars 2010, Education.au et Curriculum Corporation ont fusionné pour donner naissance à Education Services Australia. L’objectif de cette nouvelle organisation est d’offrir des services d’enseignement et d’orientation pour répondre aux futurs besoins de tous les secteurs de l’éducation, en lien avec la mise en œuvre d’autres initiatives telles que National Curriculum et Digital Education Revolution. On peut aussi noter que la communauté de l’enseignement supérieur et de la recherche cherche à élaborer un protocole d’accès et d’authentification fédéré, notamment par le biais de la création de l’Australian Access Federation (AAF). L’AAF affirme ainsi : «… fournir un cadre et une infrastructure support destinés à faciliter les communications électroniques de confiance, ainsi que la collaboration au sein et entre les universités, que ce soit en Australie ou ailleurs. » Il est envisagé d’étendre l’approche préconisée par AAF au gouvernement central ainsi qu’à l’ensemble de la communauté éducative, y compris les écoles. Une autre initiative intéressante dans le cadre de ce rapport : le développement d’Ultranet dans l’État de Victoria. Le Département de l’éducation de l’État de Victoria expérimente actuellement une solution de classes virtuelles – un environnement d’apprentissage disponible en ligne et accessible depuis n’importe quel ordinateur, doté de nombreuses fonctions destinées à reproduire le rôle de la classe réelle. Ainsi, au lieu de se rendre physiquement dans une salle de classe, les élèves et leur professeur peuvent communiquer de manière asynchrone grâce au mail, à un forum ou des blogs, ou bien en temps réel et de manière synchrone grâce au téléphone, à l’audio ou à la vidéo-conférence. Le Département de l’éducation de l’État du Queensland développe actuellement un projet similaire appelé Learning Place – un environnement très complet de e-learning, accessible à tous les élèves et enseignants via un portail dédié disponible en permanence depuis n’importe quel appareil connecté. Le portail Learning Place fournit des ressources tels que images, sons, vidéos, cours. Il permet aussi l’organisation de chats ou de projets collaboratifs. UltraNet est vue comme une plateforme du XXIe siècle, en mesure de connecter les enseignants, les élèves et les parents de chacune des écoles publiques de l’État de Victoria. Les élèves auront ainsi accès à des activités d’apprentissage personnalisées, ainsi qu’à un dossier personnel consignant toutes leurs performances, d’année en année et d’école en école. Les enseignants pourront créer des plannings de cours personnalisés, collaborer en ligne avec d’autres enseignants, suivre les progrès de leurs élèves, et préparer ou faire passer leurs tests en ligne. UltraNet devrait permettre aux parents de disposer d’une information à jour à propos de leur enfant, y compris son emploi du temps, son éventuel absentéisme, ses travaux à effectuer, ou même les appréciations de ses enseignants et le suivi de ses progrès. UltraNet a été salué par le gouvernement central comme le projet qui devait révolutionner l’enseignement public. Après quatre années de débat et de développement, après un processus d’appel d’offre controversé et 77 millions de dollars payés par les contribuables, le projet vient d’être lancé (en mai 2010). Le développement de nouvelles pédagogies innovantes et l’utilisation de la technologie dans de nombreuses écoles en Australie a été accompagné de développements innovants menés par certaines entreprises australiennes. |
