Angleterre
Le système éducatif – Principaux indicateursPrésentation du système éducatifEn Angleterre, c’est le gouvernement qui détient la compétence et la responsabilité de l’offre éducative globale, y compris la mise au point des politiques nationales et l’organisation et la direction du système éducatif. L’éducation est gérée par deux ministères : le ministère des Enfants, des Écoles et des Familles (Department for Children, Schools and Families) et le ministère du Travail, de l’Innovation et des Compétences (Department for Business, Innovation and Skills). Au niveau local, c’est aux autorités locales (local authorities) que revient la responsabilité d’appliquer les politiques éducatives publiques dans les établissements publics. L’instruction est obligatoire à temps complet pour tous les enfants âgés de 5 à 16 ans (inclus). Les élèves peuvent ensuite choisir de poursuivre leurs études secondaires pendant encore deux ans (6th form), la plupart de temps pour préparer le A level (mais il existe d’autres formations et diplômes, comme le GNVQ ou le baccalauréat international). Depuis la Loi sur l’Éducation et les Compétences de 2008 (Education and Skills Act), l’âge de fin de la scolarité obligatoire a été porté à 18 ans. La période de scolarité obligatoire est actuellement divisée en quatre grands cycles (Key Stages). Le premier cycle (KS1) concerne les élèves de 5 à 7 ans ; le deuxième cycle (KS2) les élèves de 7 à 11 ans ; le troisième cycle (KS3) les élèves de 11 à 14 ans ; et enfin le quatrième cycle (KS4) les élèves de 14 à 16 ans. En 2003, le gouvernement a publié un document cadre intitulé Every Child Matters Green Paper. Il proposait une série de mesures pour réformer et améliorer la situation des jeunes, et a fixé cinq objectifs prioritaires pour les jeunes (être en bonne santé ; être en sécurité ; s’amuser et se réaliser ; contribuer ; disposer d’un bien-être économique). Ce Livre vert a été le fondement de la Loi (Children Act) de 2004, dont l’objectif principal était de rationnaliser les services pour la jeunesse, de mieux les centrer sur les besoins des enfants, des jeunes et des familles. Un cadre national intitulé Every Child Matters: Change for Children a ainsi été défini, à charge pour chaque autorité locale de le décliner afin de construire les services nécessaires. Finalement, en 2007, le Children Plan a été publié. Il expose la vision à long terme du gouvernement pour améliorer les établissements scolaires et proposer aux familles, d’ici à 2020, des services coordonnés. Les éléments clés du plan consistent notamment à faire de l’école le centre d’une communauté, et de s’assurer que les liens entre les parents, les écoles, les services de santé et les autres services destinés aux jeunes servent effectivement à éliminer les obstacles à l’apprentissage, la santé et au bonheur de chaque enfant. Un autre élément clé de la vision du gouvernement est le programme « Construire des écoles pour l’avenir » (Building Schools for the Future) qui prévoit que chaque établissement secondaire public en Angleterre – environ 3 500 au total – soit reconstruit, rénové, et équipé en technologies de l’information et de la communication. Lancé par le Department for Education & Skills en février 2004, Building Schools for the Future est le plus grand et le plus ambitieux projet de ce type dans le monde entier. Il va transformer l’éducation pour quelque 3,3 millions d’élèves âgés de 11 à 19 ans. L’ampleur de Building Schools for the Future permet aux autorités locales de passer de plans de sauproudrage ou de racommodage à une politique de financement plus globale permettant par exemple des dépenses de conception, d’équipement, de gestion des bâtiments. En moyenne ce plan correspond à un budget de 2,5 à 3 milliards de livres d’investissements par an. En outre, dans la mesure où le gouvernement envisage de diversifier le secteur éducatif, des propositions pour de nouvelles formes d’établissements scolaires, les Trust School, ont vu le jour en octobre 2005. Ces établissements disposent d’une plus grande marge d’indépendance et de liberté : ce sont des écoles autonomes, financées par les autorités locales, mais également soutenues par des fonds associatifs mis en place par des universités, des entreprises, des groupes de parents ou des organisations bénévoles. Depuis la promulgation en 2007 de la loi de 2006 relative aux Trust Schools, tous les établissements scolaires sont désormais autorisés à déposer une demande pour devenir une Trust School. Si leur demande est acceptée, ces établissements continuent de recevoir le même financement que les établissements qui ne dépendent que des autorités locales, mais l’association qui a déposé la demande devient propriétaire des terrains et des bâtiments de l’école, ainsi que du recrutement et du management des personnels. Les Trust Schools, comme les autres écoles en Angleterre, doivent se conformer aux exigences des programmes nationaux (National Curriculum). Nb : Le changement récent de majorité laisse augurer des changements dans les politiques éducatives de Grande Bretagne. Parmi les premiers changements opérés depuis l’arrivée au pouvoir de ce gouvernement, la suppression des crédits du Becta qui va potentiellement conduire à une disparation du Becta et une réorganosation/redistribution des missions qui lui étaient confiées. - Équipement des établissements – Principaux indicateursAu cours des deux dernières décennies, d’importants investissements, provenant à la fois de budgets gouvernementaux et des budgets des établissements ont été dédiés à l’infrastructure TIC. Les fonds centraux ont été concentrés sur le haut-débit, les postes informatiques, les logiciels et certains équipements supplémentaires comme les tableaux blancs interactifs. D’une manière générale, les établissements anglais sont bien équipés pour tout ce qui est des des nouvelles technologies (y compris du point de vue des logiciels), et particulièrement bien pour ce qui est des TBI. En raison de leur relative indépendance, il est également possible de trouver des établissements exceptionnellement bien équipés, en raison du niveau des dépenses locales. Cela a également pu conduire à des dépenses importantes grâce à des initiatives locales en faveur des technologies mobiles, ou d’équipements spécifiques permettant d’accompagner le développement des programmes. L’Angleterre ne dispose pas de services gérés de manière centralisée comme l’Irlande du Nord, ou bien de développements centralisés comme le projet écossais GLOW. Pour autant tous les organismes gouvernementaux dans le domaine offrent un niveau élevé de services en ligne et de soutien aux écoles. En 2009, 51% des écoles primaires au Royaume-Uni indiquaient être bien équipées en ordinateurs de bureau (contre 32% en 2001). On estime à 57% la part des établissements secondaires à se considérer bien équipés (contre 33% environ en 2001). En ce qui concerne les ordinateurs portables, les établissements continuent à se sentir sous-équipés, avec seulement 34% des établissements primaires et 36% des établissements secondaires à se déclarer satisfaits de leur équipement. Un taux à comparer aux 58% d’établissements primaires et aux 48% d’établissements secondaires à se déclarer satisfait de leur accès à Internet et de leur connexion à haut-débit. 73% des établissements primaires et 64% des établissements secondaires offrent aux enseignants un bon accès aux équipements informatiques pour leurs besoins pédagogiques. 89% des établissements primaires offrent aux enseignants un bon accès à Internet (c’est 13% de plus qu’en 2006). Au sein des établissements d’enseignement secondaire, la croissance a été plus lente (79% contre 70% en 2006). En 2001, 30% des établissements d’enseignement primaire indiquaient que leurs élèves disposaient d’un bon accès à Internet. Ce taux est passé à 73% en 2006, avant de revenir à seulement 58% en 2009. Toujours en 2001, 41% des établissements d’enseignement secondaire indiquaient que leurs élèves disposaient d’un bon accès à Internet. Ce taux est passé à 73% en 2008 avant de revenir à 64% en 2009. L’équipement en tableaux blancs interactifs a beaucoup progressé ces dernières années : ainsi, alors qu’un quart des établissements d’enseignement primaire s’estimaient bien équipés en 2006, ils sont 77% en 2009. De la même manière, 18% seulement des établissements d’enseignements secondaires étaient satisfaits de leur équipement en TBI en 2005, contre 57% en 2009. Par ailleurs, 74% des foyers anglais disposent d’au moins un ordinateur, et un tiers de plus d’un ordinateur. - Politique en matière de TICE, investissements récents dans les TICEL’Angleterre a beaucoup investi dans les TICE au cours des deux dernières décennies. D’abord avec le National Grid for Learning, puis plus récemment avec le programme (Home Access) d’amélioration de l’accès aux technologies pour les foyers en difficulté. L’équipement technologique est le fruit de la combinaison d’investissements réalisés par les établissements eux-mêmes et de programmes initiés de manière centrale. Cependant, les programmes initiés par le gouvernement central, qui ont par le passé permis de financer d’importants projets de formation continue, d’équipement ou de création de contenus, ont considérablement diminué ces dernières années. L’Angleterre, comme l’Écosse et l’Irlande du Nord, dispose d’une relativement solide expérience en ce qui concerne les achats, le déploiement et les usages des technologies à des fins éducatives. Et il existe désormais une grande base d’information concernant l’application des TIC dans les établissements. L’un des développements les plus importants concernant la politique des TIC a été la création du Becta (British Educational Communications and Technology Agency), qui a été l’agence gouvernementale leader en matière de TICE. Le Becta a été créé en 1998 et était issu de l’ancien National Council for Educational Technology (NCET). Le Becta était un institut de droit privé à but non lucratif. Le Secrétariat d’État aux Enfants, Écoles et Familles (Secretary of State for Children, Schools and Families) lui confiait un mandat annuel, définissant les priorités et les résultats vers lesquels le Becta devait œuvrer au cours de l’année. De manière générale, le Becta disposait de deux rôles clés :
Nb : La suppression des crédits du Becta décidée par le nouveau gouvernement au pouvoir devrait conduire à sa disparation et une réorganosation/redistribution des missions qui lui étaient confiées. -Le leadership stratégique impulsé par le Becta
-Les interventions systémiques du Becta
C’est le Becta qui a été chargé de conduire le déploiement des TIC dans les 25 000 établissements d’enseignement anglais. Ce déploiement a nécessité de nombreuses actions, comme de larges processus d’achats de matériels ou de contenus, la mise en place de programmes de recherche quant à l’impact des TIC, l’accompagnement des établissements ainsi que la conception de contrats-type pour le développement d’une architecture nationale. L’un des cadres les plus récemment définis par le Becta est le Learning Platforms Services Framework, qui a établi une liste de founisseurs agréés dont l’offre en matière de VLE est considérée comme de bonne qualité. Ce cadre a été défini pour les années 2007 à 2009, et a donné lieu au choix de 10 fournisseurs choisis parmi 119 candidats :
L’objectif de ce processus est de soutenir la politique de déploiement des VLE dans tous les établissements. Un autre processus-cadre est actuellement en cours de définition, afin de faciliter la transition vers des solutions entièrement gérées. L’ampleur, la durée et la direction des investissements consentis par l’Angleterre dans le domaine des TIC ont encouragé le développement d’une industrie locale dynamique, particulièrement axée sur le développement des TIC dans l’éducation. |



