Le numérique éducatif international sur la voie du développement des usages – Retour sur le BETT 2011
En Grande-Bretagne, le marché des ENT et de l’e-education en général semble désormais se concentrer sur le développement des usages après avoir largement contribué à l’équipement des établissements. Cette tendance replace l’enseignant au cœur du dispositif pédagogique, tandis que les innovations matérielles se font un peu moins nombreuses que les années précédentes. De la même façon, les usages des ENT outre-Manche ne sont pas particulièrement différents de ce que l’on peut connaître en France.
Retour sur l’édition 2011 du BETT (British Educational Training and Technology), révélateur d’un marché de l’e-education britannique qui se cherche un second souffle.
Le plus gros salon de l’éducation du monde ?
Si vous ne connaissez pas le BETT, sachez simplement qu’il concentre plus de 750 exposants et qu’il a réuni plus de 30.000 visiteurs en 2010. Des chiffres très importants quand on sait que ce salon ne porte que sur les nouvelles technologies dans l’éducation.
Il s’agit de l’endroit idéal pour rencontrer les acteurs de ce secteur très actif en Grande Bretagne. Nous en avons profité pour en savoir plus sur les usages et l’avenir des TICE et en particulier concernant les ENT.
Un marché de l’équipement mature
C’est probablement la plus grande différence avec la France : en Grande Bretagne, 15 ans d’investissements continus ont permis un équipement massif des écoles en matériel informatique ou tableau blanc interactif (TBI).
Ray Barker, directeur du Besa (association des fournisseurs de ressources numériques dans l’éducation), nous rappelle que le financement a conduit à une très grande concurrence parmi les acteurs du marché. Et naturellement, cette concurrence s’est traduite par de l’innovation et des outils de plus en plus performants.
Quels sont les usages des nouvelles technologies dans l’éducation ?
En dehors du matériel informatique, les usages en classe se font essentiellement via les ENT. Pour autant, l’utilisation qui en est faite est assez similaire à ce que l’on connaît en France. Pour Ray Barker, cela se résume en 3 points :
- Administration
- Communication
- Ressources numériques
L’ENT reste un outil. Selon Chris Silverton, Elearning manager pour l’ENT Frog à l’école de Ninestiles à Birmingham, la façon d’enseigner n’est pas fondamentalement différente depuis l’arrivée des nouvelles technologies. C’est avant tout un outil qui concentre toutes les fonctionnalités et qui permet de conserver plus facilement l’attention des élèves.
A noter cependant que Frog se lance dans ce qu’ils appellent l’independent Learning. Chris Silverton : « Nous mettons à disposition des élèves des exercices sous forme de Quiz qui couvrent tout le programme. L’élève peut ainsi préparer ou réviser son cours de cette façon. L’enseignant apportera son aide pour expliquer à l’élève ce qu’il n’a pas compris ou pour l’aider à faire ce qu’il ne maîtrise pas».
Frog s’est ainsi lancé dans l’édition en interne de ressources pédagogiques pour aboutir à un méga manuel d’exercices directement accessibles depuis leur ENT. Cette double caquette intégrateur/éditeur est assez inédite.
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Jeux vidéos, tablettes numériques, portables : l’avenir de l’éducation ?
Beaucoup de choses ont été dites sur les jeux vidéos et l’impact qu’ils peuvent avoir sur l’éducation. Une conclusion ressort : ils captent l’attention des élèves mais ne sont pas suffisants en tant que tels.
Dr Koh Noi Keng, President Association of Commerce Educators à Singapour, rappelle qu’associer des contenus à des solutions techniques ne garantit pas une approche pédagogique. C’est l’enseignant qui permet la réappropriation. Au final, les leviers pédagogiques traditionnels fonctionnent comme auparavant.
Il en sera certainement de même avec l’avènement attendu du mobile dans l’éducation. Selon Ray Barker, l’avenir est au learn everywhere. Une tendance à confirmer cependant, car nous n’avons pas aperçu une seule tablette tactile au cours de notre visite…
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Crédits photo : Cap Digital



