L’envers du décor
Dans la phase d’initiation de la généralisation des ENT en Collège et Lycée, une installation ou tout simplement une mise aux normes des équipements informatiques sont incontournables ! La généralisation des ENT ne peut se contenter du décor de façades d’usines traversé par Tintin au pays des Soviets !
Les responsables des services et les porteurs de projet ENT dans les collectivités (dans les Régions et dans les Départements respectivement responsables des équipements des Lycées et des collèges) en font souvent l’expérience. Une seule méthode pour répondre aux problématique techniques liées à la généralisation des ENT, du pragmatisme…
Le témoignage de Madame Lydie Charderon, en Région Auvergne, est riche d’enseignements.
Le câblage va de pair avec le rééquipement du site : on redéploie l’outil informatique existant dans l’établissement de façon à mettre un poste par salle, car en général le poste de saisie du prof n’a pas besoin d’être une bête de course. On en profite pour toiletter le parc informatique. Car avant cette opération ENT, on avait des plans transversaux de rééquipement tous les ans et on renouvelait par ¼ le parc informatique mais exclusivement celui des filières technologiques (du tertiaire et de l’industriel) et ils faisaient tourner les ordinateurs à l’intérieur de l’établissement.
Quand la généralisation des ENT sera achevée, on aura une bonne vision du parc informatique et on pourra chaque année renouveler ce qui doit l’être, à charge pour les chefs d’établissements de répartir les postes en fonction des besoins de chacun (sans que nous ayons à intervenir d’une manière impérative).
Que la plateforme fonctionne ou pas, on a donc doté les établissements de nouveau câblage, de réseaux solides, des serveurs performants avec beaucoup de réserves pour qu’ils puissent stocker chez eux (être indépendant de la plateforme ENT, tout établissement pouvant avoir tous ses dossiers en résidence chez lui et en reste maître pour ne pas dépendre de la mauvaise humeur ou de la défaillance de nos prestataires), serveurs actifs, réseaux en étoile bien dimensionnés, fibres optiques de qualité, etc.
Dans certains lycées, faire du câblage quand c’est une petite structure avec des bâtiments qui s’y prêtent bien, c’est assez facile mais dans certains gros lycées de l’Académie qui sont soit très ancien, certains sont mêmes classés, des structures très dispersées sur plusieurs milliers d’ha de terrain, cela devient beaucoup plus compliqué.
(…)
L’exemple de l’équipement des internats illustre parfaitement le degré de complexité que l’on peut rencontrer. Dans les externats, la mise en place d’un ENT doit permettre d’assurer une accessibilité aux élèves pour qu’ils puissent se connecter chez eux. Dans les internats, il faut pouvoir leur aménager une connexion sur place. Des salles ont donc été équipées à cet effet et disséminées sur l’ensemble des sites. Au départ, le Rectorat et l’Académie avaient imaginé installer en bout de lit des internes une connexion Internet. Deux établissements se sont équipés de la sorte, avant que l’on se rende compte que la nuit devait être davantage faite pour récupérer que pour chatter sans limites ! Il fallait donc une installation qui puisse être mieux contrôlée, que l’on puisse déconnecter facilement à certaines périodes de la journée, et plus encore de la nuit, mais d’imaginer aussi un système qui viendrait en soutien du travail des élèves. Ici la solution légère a été préférée à l’infrastructure lourde : une clé USB a été distribuée à chaque élève pour qu’il puisse importer leurs données sur les ordinateurs non connectés mais disponibles dans les salles de travail – travailler ce n’est pas passer sa vie sur Internet !
Lydie CHARDERON
Chef de service,
Direction de l’éducation et de l’enseignement supérieur
Région Auvergne
Les propos illustrent combien le niveau d’infrastructures numériques des établissements scolaires peut constituer, s’il est insuffisant, un frein dans la phase de généralisation.


Chargement